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26 février 2017

Celui qui voit tout et que l’on ne voit plus

Dans ce roman, plutôt autobiographique, Gauz raconte comment Ossiri, étudiant ivoirien sans papiers est devenu vigile à Paris dans les années 90. On y voit également la vie des immigrés africains et les difficultés de leurs communautés. Tout au long du livre, le vigile nous fait vivre ses réflexions sur les clients, la société de consommation, le travail de vigile et son évolution au fil des années.

Ossiri le vigile, diplômé et professeur de sciences en Côte d’Ivoire est arrivé en France sans papiers et a fait plusieurs petits métiers. Il nous fait vivre des scènes de la vie ordinaire dans les grands magasins (Camaiëu et Séphora), durant toutes ces heures à rester debout, à traquer les vols et à être invisible pour les clients.

Au fil des pages, nous découvrons un enchainement de saynètes analysées au travers de l’œil du vigile. Debout pour être payé, le vigile ne fait pas que regarder, il pense et réfléchit. Ce livre montre aussi le regard des immigrés sur la France.Debout payé nous montre le métier du vigile, celui qui reste debout pour gagner son salaire, toute la journée ou toute la nuit, celui qui ne doit pas tomber de fatigue ou d’ennui, celui qu’on ne voit plus dès qu’on est dans le rayon. Alors, lui, le vigile que fait-il tout au long de sa garde ? Il nous observe, nous scrute, nous analyse et passe ses journées à penser mais aussi à réfléchir.
  « Debout-payé » raconte l’épopée d’Ossiri (et de Kassoum) et les choses qu’il a vues et entendues font dire à l’auteur- qui a travaillé dans des grands magasins des Champs Elysées et de la Bastille- que : « Si elle se libérait aujourd’hui, la Bastille libèrerait des milliers de prisonniers de la consommation. »
Tout commence par le recrutement… et tout de suite on se rend compte que c’est un job exclusivement réservé aux noirs : « les noirs sont costauds, les noirs sont grands, les noirs sont forts, les noirs sont obéissants, les noirs font peur. » Ainsi, dans la longue file d’hommes noirs qui ont monté les escaliers ce matin là, tous deviendront vigiles avec un minimum de formation, aucune expérience exigée et peu d’exigence au regard des papiers. C’est le moyen le plus simple d’avoir un CDI.

Au fil des pages et des saynètes décrites nous pouvons passer un bon moment où l’auteur nous livre des portraits, des situations avec humour, parfois un peu caustique.
« Les jeunes de banlieue à qui l’on donne le titre abusif et arbitraire de racailles viennent se parfumer systématiquement au rayon Hugo Boss, ou avec One Million de Paco Rabanne », une bouteille en forme de lingot d’or. Il y a du rêve dans la symbolique et de la symbolique dans le rêve. »

Les anecdotes se succèdent : le cache cache avec la voleuse, l’adolescente handicapée qui vient acheter des vêtements avec son père (avec une analyse de leurs comportement d’une grande sensibilité), le portrait des vendeuses, et enfin la fin de la journée, « quand s’arrête la musique ».
Il y a aussi les sigles et mots inventés par le vigile : les « FBBB » qui sont les Femmes Bétés à Bébés Blancs ces nounous qui gardent les enfants blancs. Il y a aussi une « scène de maquillage sous cloche » qui présente une « femme intégralement et intégristement voilée ».
Il y a aussi la « dilution pigmentaire » « Plus on s’éloigne de Paris, plus la peau des vigiles éclaircit vers le beurre. En Province, loin, loin dans la France profonde, il parait qu’il y a même des endroits où il y a des vigiles blancs ».

Dans ce livre, tout le monde en prend pour son grade et on voit l’envers du décor à travers le vigile d’une façon ironique et humoristique.
Tout cela est une belle revanche pour celui qui fait partie du décor : « Il est habillé dans une veste noire, une chemise blanche et une cravate noire. Dans cet environnement froid et dépouillé, il est comme un élément d’un décor au design aux lignes épurées, façon Bauhaus ».

Tout au long du livre, il y a aussi l’amitié d’Ossiri et de Kassoum, la vie des immigrés, les références à l’histoire (jusqu’aux attentats du 11 Septembre) au fil des années. Ossiri disait souvent à Kassoum « Laisse le travail des vautours aux vautours » quand celui-ci était tenté de voler quelques proies faciles en rentrant le soir. Et Kassoum écoutait son ami. Ossiri lui disait aussi qu’en France, qu’il était riche et meilleur du simple fait qu’il avait voyagé. « Il lui faisait voir la vie sous un autre regard que celui de l’immigré sans papiers en permanence apeuré à l’idée d’un contrôle inopiné de police ». Et « Ossiri fit promettre à Kassoum que dès le premier jour où il aurait ses papiers, il arrêterait de faire les « debout-payés ». Puis un jour, Ossiri sortit et ne revint jamais.
Durant tout ce livre qui se lit avec plaisir et très facilement, il y a une fausse légèreté et une causticité exempte de toute méchanceté qui donnent un récit agréable à lire. Sous l’ironie, on sent une grande sensibilité.
Debout-payé est un bon roman que j’ai aimé lire.
Valentin Lacoste 602

26 février 2017

Morwena fée ou pas fée ?

Morwenna est un roman éponyme de fantasy écrit par Jo Walton et publié en 2010. Il est écrit sous la forme d’un journal intime. Ce roman a reçu trois prix, le prix Nebula du meilleur roman en 2011, le prix Hugo du meilleur roman en 2012 et le prix British Fantasy du meilleur roman en 2012.  Jo Walton est née à Aberdare au Pays de Galles le premier décembre 1964. C’est une écrivaine de science fiction et de fantasy qui a publié son premier roman en 2000. Cette auteure a écrit un peu moins d’une dizaine de livres.

Le roman raconte les aventures et la vie de Morwenna Phelps, une adolescente qui a été envoyée  dans l’école privée d’Arlinghurst par son père sur le conseil de ses tantes. Morwenna a eu un terrible accident qui l’a handicapée d’une jambe à vie et a tué sa sœur jumelle Morganna. Cette  jeune fille cherche le courage de continuer à vivre dans les livres, de préférence de fantasy et de science fiction, qu’elle lit par dizaine.

Dans le récit, Morwenna lit et cite énormément d’auteurs connus et moins connus dont les plus récurrents sont Tolkien et Platon. Je trouve que toutes ces références à des livres sont intéressantes car  elles permettent de découvrir des livres ignorés du grand public. On voit dans le livre qu’à l’école elle passe des heures à la bibliothèque de son collège à lire pendant que les autres filles font du sport; ce qu’elle ne peut plus faire à cause de son handicap. Elle passe sa semaine à attendre le samedi pour aller dans la bibliothèque et la librairie, qui se situent dans la ville à côté de son école. Elle y commande une dizaine de livres par semaine. Les autres filles de son école la considèrent comme une fille très intelligente mais qui est bizarre, voire  « démoniaque » ce qui fait que même ses amis sont obligés de prendre de la distance avec elle.

Morwenna croit à l’existence des fées et  en voit même si a certains moments on ne sait plus si elle y croit vraiment ou si elle à une très grande imagination. Elle nous décrit sa mère comme une sorcière et dit qu’elle à peur d’elle. D’ailleurs, celle-ci lui envoie des photos d’elle et de sa sœur où le visage de Morwenna est brûlé! Ceci crée une vraie intrigue car on ne sait pas ce qui s’est passé pendant l’accident de voiture et pourquoi Morwenna a dû partir de chez elle pour aller vivre chez son père. Cela donne envie de continuer de lire le roman bien qu’il n’y ait pas beaucoup d’action.

Dans le roman, il y a très peu d’éléments fantastiques et le personnage principal ne vit pas une aventure fantastique ce qui rend ce roman original. On peut quand même classer ce livre dans le genre de la fantasy car Morwena nous parle beaucoup de fées et nous dit que sa mère pratique la sorcellerie.

En conclusion, je peux dire que j’ai bien aimé ce livre malgré qu’il y ait peu d’action. Je recommande ce livre à tout type de lecteur même au personnes qui n’aiment pas le fantastique car il y a très peu de surnaturel dans ce livre.

Mathieu Rieutord 602

 

26 février 2017

Payé grâce au cliché

« Rester debout toutes la journée, répéter cet ennuyeux exploit de l’ennui ». Un sacré programme n’est pas? Pourtant c’est le quotidien pas si facile des vigiles…

Debout payé  est écrit par Armand Patrick né à Abidjan, en Côte d’Ivoire? en 1971. Armand Patrick alias Gauz est un écrivain engagé, dans ce roman il dénonce la société de consommation avec beaucoup d’humour et pourtant de sérieux « Acheter des habits comme si c’étaient des denrées périssables »… Il retrace aussi le parcours d’ émigrants africains qui pour s’en sortir n’ont pas d’autre choix que de « faire » vigile! Ossiri est l’un d’eux.

Le théorème du noir : Le noir est vigile car  » le noir est costaud, le noir est grand, le noir est obéissant et il fait peur… » Présentation originale et éotalement décousue de l’histoire, composée essentiellement de clichés comme vous pouvez le voir ci-dessus. Une Écriture libre pour un lecture libre. Gauz mélange de très courts paragraphes évoluant selon la pensée du vigile, avec aussi des paragraphes longs. On peut donc apprécier pleinement la lecture, faire une pause puis reprendre le livre sans perdre le fil. Les passages plus longs quant à eux retracent l’évolution de  la société (des 30 Glorieuses à nos jours) à travers  plusieurs générations de vigiles immigrés : André et Angela l’ancienne génération, Ferdinand la seconde et enfin Ossiri et Kassoum la dernière. On y découvre les bouleversement de la société et l’on voit que certains problèmes ne datent pas d’hier….

Ce livre m’ a vraiment plu, il est très enrichissant et  tout à la fois humoristique. Ce livre changera votre vision des vigiles ! Ne passez pas à côté!

Vincens Fabien 602

26 février 2017

L’univers des immigrés debout-payés

« Debout-payé : Désigne l’ensemble des métiers ou il faut rester debout pour gagner sa pitance » Gauz.

Debout-Payé  est un roman écrit par Gauz en 2014. C’est avec humour et finesse que l’auteur va nous raconter à travers différents personnages, le quotidien des immigrés africains en France, et leurs conditions de vie dans notre société. 

Ossiri, l’un de ses personnages, arrive en France en 1990. A cette époque, vigile était le métier en vue des immigrés clandestins venus d’Afrique. Il faut dire que les employeurs de ces vigiles noirs n’étaient pas très regardants quant aux papiers de leurs employés. Car à l’époque, et encore maintenant, la grande majorité des vigiles à Paris sont noirs. Parce que : « Les noirs sont costauds, les noirs sont forts, les noirs sont obéissants, les noirs font peur. Impossible de ne pas penser à ce ramassis de clichés du bon sauvage qui sommeillent de façon atavique à la fois dans chacun des blancs chargés du recrutement et dans chacun des noirs venus exploiter ces clichés en sa faveur. »

Debout-Payé permet surtout à l’auteur de faire passer différents messages à nous, lecteurs. Ce roman est en quelques sortes engagé. Gauz, de son vrai nom ’Armand Patrick Gbaka-Brédé, s’inspire de sa propre histoire pour dénoncer certains faits. Les clichés en premiers. La citation ci-dessus les illustre bien. En effet, pourquoi une certaine population devrait être sujette à un certain type de métier ? Existe-t-il des métiers réservés aux noirs ? Existe-t-il des métiers réservés au blancs ? C’est malheureusement ce qui se passe dans la société des années 90, et encore de nos jours. On le constate clairement dans le livre. Les recruteurs ou employeurs sont blancs et les employés pour le métier de vigile sont noirs. Gauz cherche également à montrer à ses lecteurs dans quelles conditions de vie doivent vivre les immigrés en France, ainsi que l’importance au yeux de l’État des fameux papiers. Gauz se demande: pourquoi un homme ou une femme qui travaille et vit en France aurait-il besoin de papiers et pourquoi s’ils n’en ont pas, devraient-ils être « reconduit à la frontière » ?

J’ai bien aimé ce livre. Gauz nous emmène dans un univers peu connu malgré tout. Celui des vigiles. Il est vrai que la plupart de gens, lorsqu’ils rentrent dans un magasin ou une boutique, ne font pas attention aux vigiles qui y travaillent. Ils sont pourtant bien là ! Je trouve ce sujet, qui nous touche à la fois de près et de loin, intéressant. Vous ne verrez plus les vigiles comme avant après avoir lu ce livre ! S’immiscer dans leur quotidien est plutôt inédit et surprenant ! Pour cela, je conseille de lire ce livre ! Le sujet de l’immigration dans notre pays est aussi intéressant à étudier de cette façon.  Il s’agit de ce qui se passe dans notre pays, et je trouve important de savoir dans quelle situation un partie de notre société évolue. Ce récit sous forme de journal nous le décrit parfaitement.

J’ai trouvé le personnage d’Ossiri attachant, par son histoire mais aussi son côté à la fois calme et mystérieux. La détermination dont il fait preuve est fascinante.

Pourtant je dois avouer qu’au début, ce livre ne m’attirait pas spécialement. Le sujet qu’il traitait, le première de couverture et le titre ne me disaient rien. C’est plutôt une agréable surprise pour ma part. J’ai notamment bien aimé le format sur lequel était écrit ce livre. L’idée de coupures entre récits sur la vie des personnages et petites anecdote sur les clients que les vigiles rencontrent lors de leur travail est plutôt sympathique, je trouve. Cela m’a permis de pouvoir faire une pause dans le récit car je décroche facilement d’habitude, mais aussi de pouvoir m’amuser en quelques sorte en lisant ces petites anecdotes qui nous concernent, nous, clients.

Je recommande ce livre aux personnes qui souhaitent une lecture facile et agréable! L’histoire attachante de ses personnages, les sujets de la vie des immigrés africains en France, ainsi que celle des vigiles, sont assez intéressantes et méritent d’être lus.

Julie, 602

26 février 2017

Dernière gorgée …

Les guerres de Tchétchénie ont fait des ravages, notamment dans les rangs russes comme on peut le remarquer dans le roman de Andreï Guelassimov, La Soif. Guelassimov est un romancier russe né le 7 octobre 1966 à Irkoutsk et il est aussi un auteur engagé. Il est passé par plusieurs fonction avant de s’engager réellement dans la littérature, pour ensuite publier son livre le plus célèbre La Soif. Il ne gagna aucun prix avec ce livre malgré son succès jusqu’à que Dimitri Tiourine reprenne son livre pour en faire un film. Dès la sortie du film, Guelassimov remporta le prix du meilleur scénario lors de la 21ème édition du Festival du cinéma russe à Honfleur.

Dans son livre, l’auteur  évoque plus particulièrement la première guerre de Tchétchénie qui a commencé en 1994 pour se terminer deux ans plus tard. Elle a opposé les forces armées Russes  face aux victorieux Tchétchènes qui voulaient garder leur indépendance. Le premier président de la Russie, Boris Eltsine, avait besoin d’une fulgurante victoire de sa grande armée pour montrer au grand public que la Russie était encore une superpuissance. Lors de son attaque surprise, le président russe s’est vite rendu compte que la tâche était plus compliquée que prévu. Comme a dit un commandant russe:  » Il est impossible de vaincre un peuple. Cela n’existe pas dans l’histoire du monde ».

Kostia personnage principal de l’histoire revient de son service militaire de Tchétchénie. Il a subi un accident avec trois autres soldats, dans leur véhicule. Malheureusement,Kostia se retrouve défiguré et brûlé au niveau du visage, ce qui va effrayer les gens et en particulier les enfants. Il se met alors à boire de la vodka, comme tout russe qui se respecte, pour essayer d’oublier. Kostia boit autant que le vieil homme qui lui a enseigné le dessin lorsqu’il était plus jeune.

Voilà que son passé traumatisant ressurgit lorsque ses anciens camarades de combat viennent le chercher pour retrouver leur camarade disparu depuis qu’il a tardé à sortir du char. Cette dernière aventure va le changer pour de bon.

Ce roman d’aventure court et intense vous  ne lâche pas jusqu’à la dernière page du livre. L’histoire est racontée par Kostia  à la première personne. Ce jeune homme ne s’apitoie pas sur son sort qui l’a infligé d’une gueule cassée. Bien au contraire, Kostia est fier, il se contente plutôt de boire toute la journée, de dessiner et d’envoyer au diable le reste du monde. Sauf sa famille même s’il a eu une dure enfance,sauf ses camarades avec qui il était à la guerre, et sauf  bien sûr sa charmante voisine qui lui demande de faire peur à son fils pour qu’il obéisse enfin. Bien que Kostia ait un fort caractère ou qu’il soit maladroit,bourru, paumé, solitaire, il reste au fond de lui une homme très gentil.

J’ai apprécié l’absence de jugements politique et d’opinion. Du fait que l’auteur aborde d’une autre façon une guerre, l’histoire devient plus intéressante. Comparé à L’Art de Voler d’Antonio Altarriba que j’ai pu lire, l’auteur ici raconte l’aventure de son personnage sans s’attarder sur tous les événements de la guerre. Alors que dans l’Art de Voler il raconte aussi l’histoire d’un homme pendant la guerre mais la détaille beaucoup plus. Ce qui peut être instructif mais aussi plus ennuyeux. Guelassimov dénonce quand même la guerre mais sans employer grands mots.

La soif est une magnifique leçon de vie et d’espoir. Malgré des complications durant son enfance et ses années en tant que soldat. Kostia grandit, devient un vrai homme. Il se découvre même un talent, le dessin.C’est par la suite qui comprend enfin ce que voulait lui dire son vieux  professeur quand il lui demandait de regarder par la fenêtre. Il observait, jusqu’à se rendre compte que le plus important n’était pas ce qu’on voyait extérieurement mais surtout intérieurement. La Soif ne parle pas uniquement de la Russie mais aussi de l’art et de son pouvoir de guérison.

La note d’espoir qui termine le récit donne confiance en l’avenir de Kostia. C’est bien cette satisfaction qu’on ressent lorsqu’on tourne  la dernière page.

C’est un excellent livre, on ne peut que l’aimer. Je vous le conseille vivement.

 

Alexis CLERC 602

26 février 2017

Un lien ancien dans l’espace comme dans le temps

La batârde d’Istanbul est un roman publié en 2006 par Elif Shafak,  une auteure turque qui a pour habitude de souvent mélanger les cultures orientales et occidentales dans ses écrits.

Dans La batârde d’Istanbul l’auteur nous conte parallèlement l’histoire de deux personnages féminins.

Asya, est une jeune turque qui effectue ses études à Istanbul et qui vit avec sa mère, Zéliha, et ses tantes dans une maison où elles ne sont qu’entre femmes. Ces dernières renferment des secrets.

Amy, de son vrai nom Armanoush est également une jeune fille mais d’origine arménienne vivant en Arizona aux États-Unis. C’est une descendante des arméniens qui ont fui les violences des turcs au moment du génocide. Depuis le divorce de ses parents Amy partage sa vie avec sa mère et son beau-père en Arizona. Un jour, cette dernière désirant retourner dans sa ville d’origine, Istanbul, décide en opposition à l’avis de ses parents de rallier la capitale turque. Sur place elle est accueillie  par la famille de son beau père qui se trouve être celle d’Asya.

A partir de ce moment on va découvrir au fil du livre, page après page les nombreux liens qui rapprochent les deux filles et qui vont révéler un épisode supplémentaire de l’histoire familiale…

J’ai apprécié la lecture ce livre car il nous fait découvrir les cultures arméniennes et turques qui sont plutôt attachées à leurs valeurs et leurs traditions par opposition à la culture occidentale qui elle est davantage tournée vers le progrès et le futur.

J’ai également aimé ce livre car il est engagé. En effet, il dénonce le génocide arménien qui n’a toujours pas été reconnu par l’état turc; ce dernier va jusqu’à poursuivre en justice ceux qui osent en parler! Elif Shafak en a personnellement été victime…

Donc je conseille ce livre car il permet de découvrir les cultures turques et arméniennes et surtout de nous informer sur l’histoire du génocide arménien.

Sergi 602

18 février 2017

Une journée à ne pas oublier

La Seine était rouge est un roman écrit par Leïla Sebbar en 1999. A travers cet ouvrage, certes court mais très explicite, Leïla Sebbar nous dévoile  un  massacre commis par la police française sur des manifestants algériens durant la guerre d’Algérie, le 17 Octobre 1961, à Paris. Pour dénoncer ce sujet tabou encore aujourd’hui et  l’horreur de cette terrible journée, l’auteure a choisi de raconter l’histoire d’ Amel qui cherche à tout prix à découvrir ce qu’ont vécu ses parents lors de cette période sombre et ce qu’ils lui cachent. Cette jeune fille aura tout le long l’aide précieuse de Louis et de son film documentaire qui permettra de recouper les informations sur ces événements historiques.

Raconter cette histoire est en fin de compte naturel pour Leïla Sebbar. En effet, cette femme est née à Aflou (Algérie) en 1941 et  a passé ses études et la suite de sa vie à Paris  juste après ces événements (1962)  encore bien présents dans les esprits de la communauté algérienne vivant à Paris.

J’ai trouvé ce roman très instructif puisqu’il m’a fait découvrir un moment de l’histoire française dont je ne connaissais pas l’existence et c’est cet aspect du livre qui m’a tenu en haleine jusqu’à la fin.  En effet, avant de savoir la vérité, Amel va devoir être patiente  et ce dialogue dès le début du livre nous le fait comprendre :  » “Tout, non, mais ce qui fait mal, oui. Voilà, je voulais pas te dire que le malheur existe, et tu m’obliges…” “Mais je le sais, tu m’apprends rien. On le voit tous les jours à la télé, on le lit, je le lis dans les livres…” “Dans les livres, à la télé… C’est pas pareil ce que je te dirai un jour, au jour dit, et ta mère aussi.” « . Ensuite l’auteur a retranscrit avec une forte sensibilité ce qu’ont traversé ces familles algériennes vivant depuis ces événements jusqu’à aujourd’hui à Paris. Pour cela elle est passée par de nombreux témoignages en tête à tête, vidéos ou encore photographiques et c’est vraiment lors de ces moments que le récit était le plus intéressant et émouvant. La romancière a donc réussi a raconter l’histoire d’Amel qui cherche à connaître une vérité tout en dénonçant un sujet tabou.

En revanche, la lecture de ce récit est à mon goût assez compliqué et je n’ai pas pris du plaisir à le lire. Je pense que ce style littéraire n’est pas forcément adapté à tous les adolescents. Tout d’abord, on se mélange facilement dans les nombreux dialogues, les personnages peuvent par exemple prendre la parole plusieurs fois sur une ligne.   De plus elle aurait peut-être pu plus développer et moins condenser son écriture pour être par moment plus claire.

Pour terminer, je dirais que ce roman se rapproche d’un documentaire  avec ses nombreux témoignages afin d’avancer sur une enquête. Cet aspect ainsi que les dialogues rendent la lecture compliquée et le livre difficile à finir. je ne conseille donc pas forcément ce livre à tous les jeunes mais surtout aux lecteurs assidus et chevronnés.

Mathieu R. 602

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

18 février 2017

Le silence du passé

Amel a seize ans. Elle entend parfois sa mère et sa grand-mère discuter de choses graves dans une langue, l’arabe, qu’elle comprend mal. Quand elle pose des questions, les femmes se dérobent. Avec Omer, journaliste algérien réfugié, et grâce au film documentaire de Louis, fils d’une Française ayant adopté la cause algérienne, elle cherche à comprendre. Amel cherche à découvrir ce que sa mère et sa grand-mère lui cachent aidée de Louis le cinéaste par qui le témoignage arrive, et enfin Omer, réfugié politique, qui dépasse le cadre de l’événement pour évoquer l’histoire algérienne actuelle.

  Amel entend sa mère et sa grand-mère parler en arabe à voix basse. Elle ne comprend pas ce qu’elles disent et quand elle pose des questions personne ne lui répond. Sa grand-mère lui dit simplement : « plus tard…. Un jour tu sauras… »
La première phrase du livre résume bien la situation d’Amel : « Sa mère ne lui a rien dit ni la mère de sa mère ». Si elle n’avait pas rencontré Louis et Omer, elle n’aurait jamais rien su. Amel veut savoir. Elle cherche… Tout au long du livre les chapitres alternent les recherches d’Amel aidée d’Omer et de Louis et des témoignages de cette époque qui sont dans le film de Louis. Louis, son ami a fait un film sur les évènements d’Octobre 1961. Elle l’a vu et même regardé plusieurs fois et elle cherche à tout savoir sur ce qui s’est passé. Elle cherche avec Omer, qui est journaliste, elle ne demande rien à sa famille puisque c’est le secret.
Les témoignages montrent l’horreur et la violence des évènements.
Tout au long du livre, morceaux par morceau, Amel reconstruit l’histoire, découvre l’histoire.

Je n’ai pas aimé ce livre que j’ai trouvé difficile à lire et même long malgré le faible nombre de pages… En revanche, j’ai appris beaucoup de choses sur cette époque et sur ces faits historiques que je ne connaissais pas.
Valentin Lacoste 602

18 février 2017

Grand maître…de l’ennui

Grand Maître (faux roman policier) a été écrit par Jim Harrison en 2012. Il est comme son nom l’indique un faux roman policier. Vous ne trouverez donc pas un polar avec un suspense intense mais plutôt une enquête mise au second plan pour laisser place à Sunderson, un personnage à découvrir.  Sunderson est alors âgé de 65 ans et est sur le point de prendre sa retraite mais une dernière affaire lui tient à cœur. C’est d’incarcérer le gourou d’une secte surnommé « Grand Maître ».

Jim Harrison est un grand auteur de poésie et de romans américain. Il est né en 1937 au Michigan et mort en 2016 en Arizona. Il a parcouru de long en large l’Amérique, il est âgé et j’ai eu l’impression qu’il a voulu nous faire découvrir ce qu’est son existence à l’heure actuelle, à travers son Amérique.

Je n’ai pas du tout aimé ce livre. Tout d’abord l’histoire ne m’a pas emballé, je m’attendais malgré le titre à avoir plus d’éléments d’enquête, de suspense, comme dans un roman policier. Au contraire, le héros passe son temps à boire, manger et surtout observer avec perversité sa voisine de 16 ans. De ce fait, j’ai trouvé l’écriture trop souvent vulgaire et rébarbative sur ce point. Cela m’a particulièrement rendu la lecture peu agréable et lassante.

En revanche, le seul point que j’ai trouvé intéressant, c’est ce combat que semble mener Sunderson contre la vieillesse. Il semble déprimé et au bout de sa vie comme le montre la citation suivante : « le vrai problème n’était pas le Grand Maître, mais le monde, et la seule vraie solution consistait à se flanquer une balle dans la tête. ».

Pour finir, je dirai que ce livre est ennuyeux, je ne l’ai même pas terminé. L’auteur répète les mêmes idées tout le temps (drogue, perversité, alcool…) et cela devient très vite lassant. L’enquête passe donc au second plan, c’est dommage!

Mathieu R 602

18 février 2017

Animiste ?

L’Homme-Tigre, mystérieux titre d’un roman à la couverture sobre et au résumé intriguant…

L’histoire se situe dans un décor exotique pour nous, puisque son auteur est indonésien et se nomme Eka Kurniawan. Décors aussi beau que cruel car il expose les tristes conditions de vie de nombreuses familles indonésiennes à travers le foyer qui a vu naître Margio, le personnage principal.

C’est un mariage arrangé qui a réuni les parents de Margio. Un fait courant en Indonésie qui provient des coutumes ancestrales. De ce fait, les relations entre les géniteurs du garçon ont toujours été houleuses et pleines de haine:un père tyrannique incompris et insatisfait; une mère qu’il a toujours vu renfermée et triste, violentée et le cœur desséché. Voila le décor d’une enfance plutôt traumatisée, qui a dû faire face aux colères et coups de l’un et aux folies de l’autre. Un niveau de vie plutôt pauvre, qui se justifie avec le travail de coiffeur de rue de Komar Bin Syueb et les habitations insalubres dans lesquelles ils ont toujours vécu. C’est-à-dire un ancien entrepôt par exemple, aux murs de bambou qui laissent souffler le vent et la pluie sur ses propriétaires…

« [...] avec le changement de saison, les cloisons se remirent à osciller, par vagues tempétueuses. Le revêtement de chaux s’écailla et tomba par petits morceaux sur le sol [...]. »

« Nuraeni avait dû mettre des cuvettes et des bassines au milieu de sa maison pour ne pas voir son sol se transformer en bauge où trempent les buffles. »

Au milieu de ce décor, l’histoire commence par un fait assez étrange et inexpliqué, le meurtre sauvage d’un habitant du village, Anwar Sadat par son voisin. Margio, calme et sans histoire va nous être présenté de plus en plus précisément dans ce récit. Notamment, sa relation avec un personnage étrange. « Un tigre, blanc comme un cygne, cruel comme un chien féroce. » Un tigre, avec qui il entretient une étroite relation et qui aurait pris possession de son corps lors du meurtre d’Anwar Sadat.   »Ce n’est pas moi, il y a un tigre dans mon corps. » Un animal qui représente peut-être la colère sauvage du personnage, et qui nous montre les croyances animistes de ce pays, qui se transmettent de générations en générations comme cet animal.

« Mameh vit une phase rouge sombre, recouverte d’une sorte de pelage, avec des yeux jaunâtres étincelants, et elle entendit une voix grogner qui résonnait en écho, avant qu’une ombre blanche ne danse dans ses yeux. »

Cet extrait nous montre les impressions de Mameh, la petite sœur de Margio lorsque celui-ci essaye de contenir le tigre habitant son corps.

Des liaisons plus ou moins conventionnelles, une façon très différente de vivre et une narration qui passe par la bouche de chaque personnage,une intrigue parfaitement maîtrisée qui s’éclaire au fil des chapitres, et qui n’est que totalement dévoilée dans les dernières phrases de cet intéressant roman.

 Ce livre m’a un peu envoûté, même si l’histoire n’est pas très joyeuse et assez étrange à premier abord, elle n’est cependant pas désagréable.

Raphaëlle, 602