24 mars 2017

1961, une manifestation pacifique pour l’indépendance de l’Algérie à Paris

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« France-Observateur », 18 octobre 1961 – Source : rebellyon.info

Après avoir lu La Seine était rouge, on a voulu s’informer plus précisément sur cet événement historique qui s’est déroulé en France en 1961 et qui témoigne des relations qu’entretennaient la France avec l’Algérie à l’époque.

A la fin des années 50 en France, une importante communauté d’Algérien penche majoritairement en faveur de l’indépendance de l’Algérie. Celle-ci est fermement structurée par le Front de Libération Nationale (FLN), une organisation nationaliste insurrectionnelle qui, en 1958, a décidé d’élargir la lutte armée anti-coloniale en France métropolitaine, jusque dans la capitale.

Pendant l’été 1961, la guerre d’Algérie entre dans une phase critique, celle des négociations entre le gouvernement Français et le gouvernement provisoire de la République Algérienne (GPRA) pour négocier la prochaine indépendance de l’Algérie. Celles-ci provoquent des conflits dans chaque camp. A la fin du mois d’Août 1961, le FLN reprend plus intensément ses attaques contre les policiers, tuant 22 policiers, amplifiant la frustration de ces derniers qui désapprouvent  l’« indulgence » de la justice à l’égard des FLN.

Puis le 5 octobre, Maurice Papon, le préfet de police de Paris, demande aux travailleurs algériens de ne plus circuler la nuit à Paris et autorise l’interpellation des personnes de confession mulsumane de jour comme de nuit.

Cependant, pour protester contre ce couvre-feu discriminatoire, la FLN appelle les Algériens de la région parisienne à manifester pacifiquement, (dont des femmes et des enfants), le 17 octobre, à 20h30, sur les Champs-Élysées. Ils préparent, en secret, la manifestation visant au boycott du couvre-feu nouvellement appliqué aux seuls Nord-Africains. Le FLN, qui y voit un moyen d’affirmer sa représentativité, y appelle tous les Algériens, hommes, femmes et enfants, et interdit pour cet évènement le port d’armes.

Cependant, les défilés nocturnes sur les grandes artères de la capitale donnent lieu à des affrontements au cours desquels des policiers français font feu. La brutalité de la sanction des autorités, qui se poursuit au-delà de la nuit du 17 octobre dans l’enceinte des centres d’internement, fait plusieurs centaines de blessés et un nombre de morts qui reste indéterminé, à cause des disparitions de nombreuses archives, sur les quelques 20000 manifestants. Le préfet de police de Paris de l’époque, Maurice Papon, ayant reçu carte blanche des plus hautes autorités, dont de Gaulle, pour lancer, avec près de sept milles policiers, une répression sanglante.

Lors de cette manifestation, il y a eu près de 11 730 arrestations, et peut-être beaucoup plus que les 200 morts, noyés ou exécutés, annoncés officiellement dont plusieurs dizaines de personnes « noyées par balle » dans la Seine devenue rouge ce jour là.

Manifestation 17 Octobre 1961 à Paris publié dans « Humanité Quotidien » -

Source : Overblog.com

A la suite de cet événement, une nouvelle manifestation a eu lieu à Paris le 8 février 1962. Les socialistes manifestent contre la guerre d’Algérie mais cela se termine encore une fois par l’intervention de la police et la mort tragique de sept manifestants au métro Charonne. Enfin, c’est suite à la manifestation du 19 mars 1962 à Evian que sera annoncé le cessez le feu et proclamé l’indépendance de l’Algérie (3 juillet 1962).

Dans ce roman, Leila Sebbar, nous décrit cette manifestation (en 1961 à Paris). Elle présente dans ce livre comment les Algériens ont vécu ce moment tragique, mais également comment ils ont réagi suite à cet événement. Nous avons donc découvert dans ce roman l’histoire de cette manifestation à travers le regard des victimes Algériennes,  qui nous livrent leurs témoignages et nous interpellent sur cette tragédie.

Sources : wikipédia & rebellyon.info & l’obs

La guerre d’Algérie – E.Bakhtadzé. Hoëbeke, 2007. & Atlas de la guerre d’Algérie. G.Pervillé. Ed Autrement, 2003.

Océane  & Rebecca, 604

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