21 janvier 2015

30 ans au Liban

Le jour où Nina Simone a cessé de chanter

De Darina Al-Joundi et Mohamed Kacimi

Cette autobiographie écrite d’après le récit de Darina à Mohamed en 2008, mis en scène et joué par Darina seule en scène est d’une absolue sincérité. C’est le récit d’une femme émancipée de tous les codes moraux, religieux et conventionnels dans un Liban où il est difficile pour les femmes de s’affranchir du joug des hommes.

L’histoire se déroule sur 30 ans dont 20 ans durant la guerre.

La narratrice livre sans tabous et dans une totale impudeur, bouleversante de sincérité, son itinéraire sensuel, sexuel, ses addictions. Il y a des images, des odeurs, un langage cru, rude sous l’œil de son père, militant acharné de l’athéisme dans un pays aux 18 confessions. Sang, alcool, drogue, jubilation, larmes et sperme se mêlent dans ce long parcours initiatique relayé tout au long du livre par la guerre qui a opposé chrétiens, syriens, palestiniens et israéliens au Liban. Hors religion, hors nationalité (elle reste longtemps sans papier) au  décours de deux  mariages catastrophiques, de nuits de débauche, de passage à tabac et d’un internement en psychiatrie, repoussant toutes les limites du corps et de l’esprit, elle se construit peu à peu sa propre identité de femme libre dans un pays étranglé par le carcan de la domination des hommes et des religions.

Raphael 601

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