28 mars 2019

Atelier d’écriture créative – Scène 2 (Qui a tué mon père/Des larmes sous la pluie)

Personnages :

Le père : Je suis un jeune retraité. Ma principale qualité est mon amour pour mes enfants et mon principal défaut est ma misogynie, mon intolérance et mon homophobie. Je me souviens énormément de la fois où mon fils effectuait avec ses camarades une chorégraphie où mon fils jouait la fille, et je me souviens de ma déception à ce moment-là. Je cherche et j’espère qu’un jour l’on m’accepte tel que je suis. Je n’ai pas eu d’éducation, j’ai dû quitter l’école tôt pour aller travailler. Je ne supporte pas les garçons ou les hommes qui se comportent comme des filles, ni qu’on puisse penser que mon fils est une mauviette.

Pérodin : Je suis autonome, motivé, mais mon défaut, c’est le retard. Chaque fois que je pars prendre mon bus, je le rate. Je me sens malchanceux, cela m’attriste et me rend parano, donc mon objectif, c’est de ne plus jamais rater mon bus. Je me drogue à l’héroïne, je délire souvent, je crois que quelqu’un, un programmeur, a programmé ma vie et que c’est à cause de lui que je rate toujours le bus, que ma femme m’a quitté et que je ne vois plus mon fils. Je veux le retrouver et le faire disparaître.

*****

La scène se passe dans le désert, dans un petit village entouré de dunes de sable, en pleine journée, l’après-midi, face à une tempête qui arrive. Pérodin debout sur une dune, l’air perdu. Le père le voit et décide d’aller voir cet homme qu’il ne reconnaît pas comme un habitant du village.

Le père – Bonjour, qu’est-ce que tu fais là ?

Pérodin (regarde droit devant lui) – Il m’a retrouvé.

Le père – Qui t’a retrouvé ?

Pérodin – Le programmeur…

Le père – Je ne connais personne de ce nom ici.

Pérodin (toujours le regard figé devant lui) – Je le cherchais quand je me suis perdu dans ce désert mais il m’a retrouvé avant…

Le père – Comment ça ?

Pérodin – Regarde.

Le père (se tourne et regarde dans la même direction que Pérodin) – Une tempête de sable… (Il réfléchit s’il doit aider le village ou calmer cet inconnu)

Pérodin (paniqué, il se ronge les doigts, fait les cent pas…) – C’est la fin ! Cette fois-ci, il donne le coup de grâce.

Le père – Non ! Ce n’est jamais la fin tant que l’on s’entraide.

Pérodin – J’ai déjà essayé de le tuer et ça continue !

Le père – J’ai pensé les mêmes choses que toi par le passé, me venger de ceux qui ont fait de ma pauvre vie d’ouvrier un enfer. Mais dans ce désert, mes pensées s’échappent face à l’immensité des dunes. La vie est agréable, car ici tout le monde s’entraide face aux tempêtes de sable gigantesques. Mais lorsque celles-ci sont absentes, il fait bon vivre au cœur de nos villages de sable. Ici plus de soucis, ni de préjugés, ici tout le monde est égal face aux géants de sable lorsque ces derniers décident de vous dérober à votre vie.

Pérodin (commence à ce calmer et arrête de marcher pour ce mettre face au père, tout en ce tenant malgré tout toujours la tête)  – Vous avez trouvé la paix malgré le programmeur ?

Le père – Oui, et tu pourrais rester parmi nous si tu le souhaites.

Pérodin – Je ne sais pas, il est toujours là…

Le père – Tu ne craindras rien ici, tu veux commencer une nouvelle vie loin de ce programmeur ? Alors, viens m’aider pour préparer le village. (Il prend une voix plus imposante pour provoquer un élan de courage et de motivation.)

Pérodin – J’espère que tu as raison…

Ils sortent.

 Scène écrite par Mohamed G. et Maxime, 609

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