28 mars 2019

Atelier écriture créative – Scène 3 (Des larmes sous la pluie)

Personnages :

Bruna : Je suis un androïde de combat exerçant le métier de détective privé. J’ai été créée pour avoir des réflexes extraordinaires. Je suis alcoolique et vis dans la tristesse et le deuil. Tous mes souvenirs sont artificiels, aucun ne m’appartient. La colère m’habite : j’arrive pourtant, la plupart du temps, à garder mon sang-froid. Je n’aspire qu’à vivre une vie normale, à vivre plus de dix ans, contrairement aux autres androïdes de ce monde.

Pérodin : Je suis autonome, motivé, mais mon défaut, c’est le retard. Chaque fois que je pars prendre mon bus, je le rate. Je me sens malchanceux, cela m’attriste et me rend parano, donc mon objectif, c’est de ne plus jamais rater mon bus. Je me drogue à l’héroïne, je délire souvent, je crois que quelqu’un, un programmeur, a programmé ma vie et que c’est à cause de lui que je rate toujours le bus, que ma femme m’a quitté et que je ne vois plus mon fils. Je veux le retrouver et le faire disparaître.

*****

C’est la nuit, l’hiver, il fait -5°. La scène se passe dans une cave sombre, poussiéreuse, avec des lumières qui clignotent. Un vendeur d’armes au fond de la pièce, il est grand, musclé et fait peur. Bruna, devant l’entrée, réfléchit avant d’aborder le vendeur.

Bruna (en aparté) – Ce froid risque d’engourdir mes réflexes. Je ferais mieux d’être prudente si je tiens tant que ça à faire affaire à lui. Il n’y a pas d’issue de secours, apparemment, la diplomatie me sera donc utile. De toute façon, ce sera vite fait.

Bruna Husky entre donc d’un pas décidé dans la cave et va se mettre à la hauteur du vendeur. L’échange sera rapide : le vendeur glisse l’arme dans sa main alors que l’androïde paye en espèces. Pérodin entre.

Vendeur – Salut ! T’en es où avec tes recherches, Pérodin ?

Pérodin – Ça n’a pas beaucoup avancé… J’aurais besoin d’aide. J’ai recherché plus d’indices sur Internet, mais je n’ai pas eu plus d’infos sur les androïdes.

Bruna – Tu fais des recherches sur des androïdes ?!

Pérodin – Oui, pourquoi ? (Il se rend compte de la nature androïde de Bruna.) T’es le programmeur ?

Bruna (surprise) – De qui s’agit-il?

Pérodin – Bah… le programmeur, celui qui a programmé ma vie.

Bruna – Attends… t’es un humain, mais, t’as été… programmé ? Comment est-ce possible ?

Pérodin – Justement, je ne sais pas ce qu’il m’arrive… (Il se rappelle.) Ainsi, la comédie aux arrêts des autobus, ce jeu de cache-cache avec l’amour, la fuite de Karine, tout cela était programmé par quelqu’un qui s’arrogeait le droit de disposer de ma vie.

Bruna (en aparté) – Hmm… Je vois. Il croit être dirigé par un certain « programmeur ».

Pérodin – Je voudrais bien que tu m’aides à le trouver. Vu que, toi aussi, t’es programmée.

Bruna – (en aparté) Dans ce cas, j’ai intérêt à l’aider… Ça me rappelle cette citation, d’un artiste extraterrestre : « C’est ce que je fais qui m’apprend ce que je cherche ». Si on trouve ce programmeur, je pourrais lui demander où j’ai été construite. (À Pérodin) Après tout, pourquoi pas ?

Pérodin – Ouais, mais comment on pourrait faire ? (Il se tourne vers le vendeur) T’as trouvé des nouvelles infos ?

Vendeur – T’as de la chance, puisque j’ai un ami qui travaille dans un bureau cyber informatique à Rome. Vous voulez le voir ? Ce serait une bonne piste pour vous.

Bruna, à Pérodin – On pourrait commencer par là, qu’en penses-tu ?

Pérodin – Par contre, il faut qu’on prenne deux ou trois heures d’avance… Je ne veux vraiment pas louper le train car je vais encore le regretter.

Bruna – A l’aventure !

Ils sortent de la cave, en discutant de la marche à suivre.

Scène écrite par Emad et Mohamed G. 609

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