février 7th, 2018

Une vie contrôlée par le travail

Au bal des actifs, Demain le travail, le livre dont je vais parler maintenant, est un recueil de nouvelles publié en 2017. Il rassemble les écrits de 12 auteurs.

J’ai bien aimé ce livre pour plusieurs raisons. Tout d’abord le format nouvelles est assez intéressant, il permet une lecture rapide et sélective en fonction des titres qui nous tentent ou pas. Il suffit juste d’avoir de la chance et de tomber sur les meilleures.

Ensuite, l’exploration d’un futur alternatif dans le monde du travail, de l’informatique et de la robotique a été très bien réussi : les nouvelles font principalement l’apologie du travail sauf Serf-Made-Man  d’Alain Damasio dans laquelle la plupart des métiers sont automatisés en grande partie et où le gouvernement prône l’oisiveté.

Certaines nouvelles ressemblent beaucoup aux livres ou films de sciences fiction qui sont populaires en ce moment. Par exemple dans Vertigeo d’Emmanuel Delporte (qui est sans conteste ma préférée) on peut remarquer des similitudes avec le Labyrinthe ou Divergente : un groupe de personnes, une élite, oeuvre à la préservation du monde en exploitant d’autres individus ; ou encore la nouvelle de Berrouka qui met en scène un personnage qui se met à douter du système parfait mais strict qui gouverne la vie de tous après une rencontre avec une femme se rapproche grandement du roman 1984 de G.Orwell.

De plus, dans 2 nouvelles (Alive de Ketty Steward et CoÊve de Norbert Merjagnan) certains personnages sont très attachés à l’image qu’ils renvoient aux autres, ils sont même notés et ont des avantages s’ils ont une bonne note.

Enfin, ce recueil est passionnant de part les réflexions qu’il suscite, notamment des questions sur la précarité de l’emploi. Dans les deux premières nouvelles, les protagonistes vivent au jour le jour sans savoir s’ ils gagneront de l’argent demain ; le désir d’améliorer notre condition en étant mieux noté,comme dit précédemment, peut mener à faire des choses impardonnables par exemple ne pas tenir compte de ses sentiments ou dénoncer ses amis ou voisins pour des choses sans importance.

Une dernière question intéressante est la place de la technologie dans nos vies future : finira-t-elle par remplacer les humains dans le travail ? ou même pire, les robots ne pourront-ils pas nous surpasser en intelligence et en savoir faire ? ou encore auront-ils toujours besoin de nous ?

Le seul point que je peux reprocher à ce livre est le choix de l’ordre des nouvelles. En effet, j’ai trouvé les deux dernières particulièrement ennuyeuses. Le parapluie de Goncourt  de Léo Henry est en fait la réécriture et la correction par plusieurs auteurs d’une seule et même nouvelle et, bien que le cheminement des pensées d’un auteur et les modifications qu’un texte peut subir avant sa publication soit une source de curiosité, j’ai trouvé ce concept sans intérêt après les autres nouvelles qui étaient passionnantes.

De même pour Parfums d’une mouffette de David Calvo qui raconte, par correspondance épistolaire, l’histoire d’un auteur qui voudrait faire participer sa nouvelle à un recueil mais qui doit remplir une procédure longue et fastidieuse pour se faire refuser la participation à la fin. Je ne vois pas vraiment le rapport avec le thème du recueil et c’est dommage.

La troisième nouvelle que je n’ai pas aimé est celle de L.L.Kloetzer , La Fabrique des cercueils que j’ai trouvé trop complexe et où je n’ai pas pu m’attacher aux personnages : l’intrigue allait trop vite et, comme cela arrive parfois dans les histoire de SF, l’univers est trop éloigné du nôtre, ce qui entrave l’entrée dans l’histoire.

Malgré ça, je garde un souvenir positif de ce livre. J’en ai aimé plus de 75%, ce qui je trouve est un bon chiffre.

Si je devais n’en conseiller que quelques unes pour des lecteurs ne voulant pas perdre de temps, je dirai Pâles males de Catherine Dufour, Nous vivons tous dans un monde meilleur de Karim Berrouka, Vertigeo d’Emmanuel Delporte évidemment, Alive de Ketty Steward et Le profil de Li Cam qui sont celles qui m’ont qui m’ont vraiment conquises.

Charlotte, 606

février 4th, 2018

Nourrir la réflexion sur le recueil « Au bal des actifs »…