mars 8th, 2018

Un voyage vers la Syrie : l’enquête géopolitique.

Le livre de Michele Rech, alias Zerocalcare, s’intitule Kobane Calling et est une bande-dessinée racontant les péripéties de son voyage en Syrie.

Kobane Calling est une BD qui raconte l’histoire des deux voyages du dessinateur dans la région du Kurdistan qui s’étend dans le sud-est de la Turquie, dans le nord-est de l’Irak, dans le nord-ouest de l’Iran et sur deux petites régions au nord-est et au nord-ouest de la Syrie. Il y rencontrera des membres du YPJ (Yekîneyên Parastina Jin: unité de protection de la femme) et des membres du PKK (Partiya Karkerên Kurdistan: Parti des Travailleur du Kurdistan.Au-delà de l’aspect militaire, Zerocalcare s’attache surtout à décrire avec beaucoup de sincérité, le combat des Kurdes de Syrie, dans la région du Rojava, où ils tentent, en plein chaos, d’instaurer une société fondée sur des principes d’égalité et de démocratie. Une société où les femmes, musulmanes ou non, conquièrent jours après jours de nouveaux droits. A travers ce conflit qui ne nous concerne pas, l’auteur parvient à créer une certaine réflexion du lecteur.

Ce que j’ai trouvé vraiment bien dans cette BD, c’est que l’auteur raconte seulement ce qu’il a vraiment vécu durant son voyage, à aucun moment il ne donne son avis sur la situation en essayant de faire partager son idéal par les autres, au contraire, il laisse le lecteur envisager sa propre opinion comme il le souhaite.

Ça faisait vraiment longtemps que je n’avais pas lu de BD mais celle-ci m’y a redonné goût, je vous la conseille vivement.

Amine, 606

mars 7th, 2018

L’armée au Moyen Orient

Zerocalcare est né en 1983. D’abord remarqué dans les milieux alternatifs des fanzines et de la petite édition grâce aux bandes dessinées, aux affiches de concert et aux pochettes de disque qu’il concevait pour des groupes punk, il s’est fait connaître du grand public par le biais de son blog. Son premier roman graphique, La Prophétie du tatou, est paru en 2014. Zerocalcare est à ce jour l’auteur de bande dessinée le plus populaire d’Italie. Salué par la critique et les lecteurs, Kobane Calling s’est vendu à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires.

Dans Kobane Calling,on a d’abord l’impression d’embarquer aux côtés de la délégation italienne qui part d’abord pour Mehser en Turquie village sur la frontière Syrienne à un kilomètre de la ville martyre de Kobané. Là vivent peu d’habitants permanents mais des Kurdes venus soutenir Kobané ainsi que des familles ou amis de combattants et quelques délégations étrangères de solidarité. Puis est raconté le côté humanitaire du voyage avec la préparation des colis alimentaires destinés aux camps des réfugiés.

Au Rojava, le dessinateur découvre un camp de réfugiés autogéré dont le chef est une femme comme le maire du dernier village dans lequel ils ont dormi.

Leur deuxième périple débute à l’aéroport d’Istanbul, où passer du matériel pour Kobané s’avère on ne peut plus délicat puis l’Irak en bus pour finir à Kobané après le départ de Daech.

Aller en Syrie à deux pas de Daech pour en faire un récit, voilà qui ne manquait pas de courage et d’intérêt pour le lecteur ! Le tout pèse quand même 250 pages.  L’auteur a décidé qu’une partie des recettes de la vente de cet ouvrage serait reversé à des actions en solidarité avec le peuple Kurde.

Nathan, 606

mars 6th, 2018

Une situation ambiguë à Kobane

Le livre de Michele Rech, alias Zerocalcare, s’intitule Kobane Calling et est une bande-dessinée racontant les péripéties de son auteur dans son voyage en Syrie.

Commençons par la partie documentaire pure : l’auteur part en Turquie à la frontière syrienne. Il est à deux kilomètres de Kobane, ville qui tente de survivre et de résister à Daech. La situation semble compromise. De retour à Rome, Zerocalcare ressent le besoin de repartir. Non pas pour étudier les conséquences de Daech, mais parce qu’il a entendu parler du régime qu’essaient de mettre en place les habitants de Kobane : multiculturel, participatif, égalitaire et non-misogyne. Attiré par cette utopie, il veut se rendre compte par lui-même de la véracité des dires. C’est parti pour un nouveau voyage semé d’embûches!

Ce qui fait la réussite de  Kobane calling  (et qui aurait pu le plomber aussi), c’est qu’on sent que l’auteur n’est pas du tout préparé à réaliser un ouvrage pareil. Cette maladresse de l’auteur se transforme en force dans le sens où il dédramatise l’ouvrage. S’il sait être grave quand il le faut, le fait qu’il centre parfois le récit sur ses problèmes d’occidentaux (les lentilles au petit déjeuner, l’incapacité de déféquer…) donne au lecteur l’occasion de respirer. Même si les mécanismes utilisés sont classiques et déjà vus, Zerocalcare rythme parfaitement sa narration pour garder le lecteur en haleine et ne jamais l’ennuyer. L’humour fait mouche quasiment tout le temps, l’auteur utilisant des blagues à répétitions.

Difficile de ne pas être sensible au récit de l’italien. Car au-delà des horreurs de Daech sur le terrain, des rencontres improbables, c’est tout un message de tolérance qui est porté. Zerocalcare se retrouve au milieu de gens qui prônent la tolérance et qui souhaitent mettre en place des sociétés égalitaires. Mais au-delà des discours, ils se battent, seuls, contre tout le monde.
Au niveau du dessin, Zerocalcare a un trait dynamique, qu’on sent influencé dans le manga, tant dans les personnages que dans les découpages. Rehaussé de gris, il est très agréable et expressif, parfaitement adapté au sujet. Les décors nous plongent pleinement dans l’ambiance. Une belle réussite.

Cet ouvrage est une vraie pépite, dont les petites imperfections en font le charme. C’est finalement la naïveté assumée cité ci-dessus qui fait le sel de l’ouvrage. Car sans les respirations apportées par l’auteur, Kobane calling aurait vite pu être indigeste ou déprimant. Je vous conseille vivement de le lire !

Bonne Lecture !

Ridwan, 606

mars 6th, 2018

L’appel du Rojava

C’est une BD originale sur un sujet que l’on entend souvent aux infos: les luttes entre Daesch, la Turquie, les Kurdes… auxquelles nous ne finissons par ne plus rien comprendre. L’auteur de la BD est Michele Rech plus connu sous le nom de Zerocalcare né à Rebbibia dans un quartier populaire de Rome.

Envoyé par le journal italien l’«Internationale», le dessinateur part en Syrie, à Kobané, à la rencontre de l’armée des femmes kurdes, en lutte contre l’avancée de l’Etat islamique. A partir de ce voyage, il livre un reportage qui s’efforce de retranscrire la complexité et les contradictions de cette guerre tout un gardant un ton drôle et touchant.

L’auteur relate ce qui se passe, ce qu’il voit, ce qu’il entend parfois même ce qu’il pense…

Il part une première fois pour la région en 2014, au plus fort de la bataille de Kobané : Daesh a avancé dans le nord de la Syrie et contrôle presque entièrement le canton de Kobané. Seule demeure une poche de résistance dans la ville même. Les Kurdes doivent en plus faire face, sur leurs arrières, à l’hostilité du régime turc qui empêche le ravitaillement et complique considérablement l’arrivée de renforts. Au pire moment, les Kurdes ne tiennent plus qu’une fine bande de terre près de la frontière et quelques immeubles… Les États-Unis et la coalition internationale changent alors de stratégie : ils commencent à bombarder activement les positions de Daesh. Les Kurdes saisissent leur chance et la bataille de Kobané se renverse. La ville est libérée. Zerocalcare vit une partie des combats depuis un petit village kurde de Turquie ; il rencontre des soldats blessés et des civils kurdes qui ont fui devant Daesh. La nouvelle de la victoire lui arrive en Italie – il en est bouleversé. Le sort du Rojava, le Kurdistan syrien, est devenu pour lui quelque chose de personnel.

Il y a tout dans ce roman graphique. La dénonciation des raccourcis des médias qui présentent les gentilles femmes kurdes de Kobané et les méchants terroristes du PKK (juste pour ne pas se fâcher avec la Turquie). Mais également nos images d’occidentaux et ce que nous plaquons sur une situation qui nous semble bien lointaine. Le tour de force de Zerocalcare c’est d’arriver à raconter ce voyage avec un humour qui force le respect. Certain des personnages sont croqués sous la forme d’animaux. Sa mère prend par exemple les traits de dame Gertrude, vous savez, la grosse poule dame d’honneur de la belle Marianne dans le Robin de bois de Disney ; Un tatou comme dans sa BD précédente l’accompagne toujours, comme une présence rassurante. Et puis l’auteur fait des comparaisons avec ce qu’il connaît car la guerre pour lui comme pour nous ce n’est que dans les films ou dans les livres. Mais quand il fait des raccourcis, il les assume, et il les souligne même avec toujours cette pointe d’humour qui est sa marque de fabrique.

Kobané Calling est une bonne introduction à la révolution du Rojava, en plus d’apporter de la fraîcheur dans le genre du reportage de guerre dessiné. Il faut toutefois se garder de prendre le récit de Zerocalcare pour autre chose qu’un récit : au milieu d’un monde et d’une guerre complexes, l’auteur-dessinateur ne peut pas saisir toutes les nuances de la réalité. La lecture d’autres ouvrages sur le Rojava est obligatoire pour se faire une idée plus juste de la révolution du Rojava.

Adel, 606

mars 4th, 2018

Un point de vue humain sur le conflit syrien

 Zerocalcare, de son vrai nom Michèle Rech, est un auteur de bande dessinée italien, né le 12 décembre 1983 à Arezzo en Italie.  

Auteur de BD italien, il est parti en reportage au Kurdistan, côté turc, puis en Irak, en Syrie, à Kobane juste après sa libération notamment. Avec humour et naïveté, il raconte.

 « Tu entends Ratatata, c’est Daech. Tu entends Toum toum toum, c’est nous.

- Et Sboum ? – Sboum, ça dépend. Feu et Sboum, c’est les Américains, Sboum tout seul, c’est Daech. »

Au-delà de l’aspect militaire, Zerocalcare s’attache surtout à décrire avec beaucoup de sincérité, le combat des Kurdes de Syrie, dans la région du Rojava, où ils tentent, en plein chaos, d’instaurer une société fondée sur des principes d’égalité et de démocratie. Une société où les femmes, musulmanes ou non, conquièrent jours après jours de nouveaux droits.

Dans Kobane calling qui est un témoignage poignant de Zerocalcare, l’auteur réussit à apporter de l’humain dans un conflit syrien, qui nous apparaît trop souvent lointain et désincarné.

  Cette bande dessinée est très humaine et émouvante car l’auteur ne cherche pas à « démontrer » quelque chose, il se contente juste de raconter son vécu et de laisser le lecteur réfléchir comme il le souhaite. C’est un livre qui rend joyeux et qui fait rire et apporte un éclairage passionnant sur l’actualité et la nature humaine. Pourquoi s’en priver? Ce témoignage fort et poignant a le mérite de nous éclairer sur les réalités de la guerre actuelle en Syrie, et de nous présenter une autre vision que celle, forcément biaisée et simplifiée, des médias occidentaux auxquels on est habitué, ainsi que de nous donner des points de vue et de nous livrer des messages différents de ceux délivrés habituellement par nos responsables politiques.

 Cet ouvrage au final remarquable, remplit parfaitement son rôle de donner une autre vision de la guerre en Syrie, sans concession ni parti pris et pour cela je vous le conseille vivement.

Ganiatou , 606

mars 2nd, 2018

La face cachée de l’Orient

Zerocalcare ou plutôt Michele Rech est un auteur de BD Italien, né en le 12 décembre 1983 et qui a vécu à Rebibbia, un quartier populaire de la zone Est de Rome et qui abrite une prison et un mammouth. Il a obtenu deux fois d’affilée le prix XL en 2012 et 2013 et le prix Michelluzi 3 fois dont un pour la BD Kobane Calling.Mammuth_by_Zerocalcare_01

 

Kobane Calling est une BD qui raconte l’histoire des deux voyages du dessinateur dans la région du Kurdistan qui s’étend dans le sud-est de la Turquie, dans le nord-est de l’Irak, dans le nord-ouest de l’Iran et sur deux petites régions au nord-est et au nord-ouest de la Syrie. Il y rencontrera des membres du YPJ (Yekîneyên Parastina Jin: unité de protection de la femme) et des membres du PKK (Partiya Karkerên Kurdistan: Parti des Travailleur du Kurdistan).

Son premier voyage se déroule à Mesher, un petit village en Turquie a un kilomètre du front avec Daech puis dans un camp de réfugiés où il découvrira leur mode de vie et leur organisation et où l’on verra que les femmes ont une place importante dans leur20180226_114941-1[1] société et ne sont pas persécutées  comme dans les préjugés des médias.

Lors de son second voyage, Zérocalcare ira a Kobané et rencontrera des membres du YPJ avec qui il fera le voyage du Canton de Cizre à Kobané  où il rencontrera les résistants  à Daech et l’horreur de cette guerre. Il ira aussi dans les montagnes de Quandil pour rencontrer les Membres du PKK qui sont considérés comme des terroristes par l’état Turc alors que ce sont les seuls avec les YPG et YPJ à vraiment se battre contre Daech.

Ils feront la rencontre de Hevàl Cuma le second fondateur du PKK après le président Öcalan; et le dessinateur ira passer quelques jours dans les Montagnes Quandil avec un groupe de femme du PKK. On apprend que certaines ont rejoint le PKK car elles étaient maltraitées.

Tout d’abord, j’ai aimé ce livre car le récit est bien fait, les dessins sont simples mais jolis et les décors et arrières-plans sont très bien faits. De plus, les vignettes en noir nous décrivent très bien l’horreur de cette guerre.

p153                                        p47                                        p194

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L’auteur nous fait aussi parvenir ses pensées au moment de l’histoire et fait aussi de l’uchronie pour cela il utilise souvent des caricatures ou des personnifications et il faut avoir les références pour comprendre.

exemple de caricature:

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exemple d’uchronie:

p88                                          p127

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Cette BD est aussi pleine d’humour il arrive à nous faire rire avec certaines de ses peurs ( comme les lentilles au petit déjeuner) ou avec son addiction au chaï (« une sorte de thé ») mais aussi de certaines choses vraies et parfois pas des plus plaisantes qu’il caricature en simplifiant la réalité de sortes à ce qu’elle fasse rire.

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1-p136 sa peur de savoir s’ ils vont avoir des lentilles pour le petit déjeuner

2-p156 son addiction au chaï

3-p29 caricature de comment ils  propagent leur terreur

 

Et ce n’est pas tout, en plus de toutes ces qualités de BD, cette oeuvre parle du rôle des femmes au Kurdistan et montre qu’elles ne sont pas obligées de porter un voile ou de rester au foyer mais elles peuvent aussi se révolter, faire la guerre ou même diriger un groupe ou un pays. Elles sont aussi autoritaires et respectées et elles occupent un place importante dans la résistance contre Daech.

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1-p36 quand Newroz lui parle de leur révolution

2-p38 compare les action des femmes et celles des politiciens

Cette BD nous montre aussi ce que l’État Turc essaye de cacher et elles nous apprend la vérité des choses sur la situation du Kurdistan et non l’image des médias qui instrumentalisent le moindre mort et qui montrent le contraire des choses sans rentrer dans les détail et ne parlent principalement que des conflits.

p248 image des actions de ceux qui vivent la guerre20180226_144013[1]

 

 

Pour finir j’ai beaucoup aimé cette BD et je vous la recommande, les dessins sont biens faits, l’histoire est intéressante grâce aux  thèmes abordés et en plus elle est humoristique, ce qui nous permet d’être captivés malgré les longs dialogues qui sont souvent ennuyeux dans des BD. Si vous voulez savoir ce qui se passe au Kurdistan et avoir un petit moment de détente et de rire, je vous la conseille fortement.

 

p.s.: désolé pour les images coupeés; si vous voulez les voir mieux il vous suffit de les sélectionner.

 

 

 

Pablo, 606

février 7th, 2018

Kobane Calling, la vraie vie en Orient

kobane callingcouverture Kobanne Calling

Planche et première de couverture de Kobane Calling

Kobane Calling est un livre écrit par l’italien Michele Rech connu par le nom de Zerocalcare, ce surnom est né après une inscription sur un blog , il s’inspira d’une publicité  pour un produit anti-calcaire. Cet auteur est né le 12 décembre 1983. Il a vécu à Rebbibia,un quartier du Ponte Mammolo à Rome connu pour sa prison et pour les graffiti.

Ces dernières années, Zerocalcare a diverti beaucoup de gens grâce à son style narratif frais et immédiat, basé sur les petits problèmes de la vie quotidienne.

Ce livre parle des deux voyages qui ont conduit l’auteur à la frontière entre la Turquie et la Syrie. Un premier voyage vers la ville de Mehser puis un autre voyage à Erbil où il trouvera le YPJ (Les Unités de protection de la femme qui furent mis en place en 2013 pour combattre Daesh) et le PKK (Le Parti des travailleurs du Kurdistan).

J’ai aimé ce livre car l’auteur perçoit que ce qui se passe dans ces zones est un événement historique et social très important et en même temps on ne voit pas dans les médias nationaux et traditionnels une couverture adéquate de cet événement. Les médias sont plutôt concentrés sur la représentation des conflits armés sans être capable d’approfondir.

J’aime fortement ce livre aussi parce que c’est un témoignage très personnel du narrateur qui est l’auteur du livre car il est allé lui même dans ces endroits sans savoir, comme nous, la vérité de ces affrontements. Il explique tout ces conflits avec humour et avec un style de dessin plutôt caricatural. 

L’auteur parle aussi du rôle de la femme, on voit qu’en Italie, l’image de la femme du Moyen-Orient est reduit au rôle de mère, couverte par le voile, et sans aucun droit, mais grâce à son témoignage on voit que la femme a eu une grande émancipation et avec le mouvement YPJ, elle pouvait physiquement rivaliser avec l’homme, se révélant égale en force.

Je conseille ce livre à tout le monde, à tous les gens qui veulent voir ce qui passe dans les pays d’orient. Personnellement je ne lis pas trop car les livres ça m’ennuie mais quand j’ai commencé cette BD, je me suis plus arrêté de le lire.

Aimane, 606

janvier 25th, 2018

Voyage dans le Kurdistan, entre la Turquie et Daesh

Kobane Calling  est une bande dessinée, écrite et illustrée par Zerocalcare, un écrivain italien né le 12 Décembre 1983. Il est l’auteur de bande dessinée le plus populaire en Italie en ce moment. Avec « Kobane Calling » il a déjà remporté le prix Micheluzzi (prix donné aux auteurs de bandes dessinées lors du comicon de Naples, le nom du prix vient de l’auteur italien Attilio Micheluzzi) pour la meilleure histoire courte en 2016.

couverture Kobanne Calling

Kobane Calling, le livre ayant reçue le Micheluzzi et qui fait partie de notre sélection cette année
La bande dessinée a été écrite et illustrée à partir des notes prises par l’auteur lors de ses voyages dans la région du Kurdistan. Il s’agit d’un pays non reconnu par l’ONU chevauchant le Sud-Est de la Turquie, le Nord-Est de la Syrie, le Nord de l’Irak et l’Ouest de l’Iran.

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Région du Kurdistan.

Là-bas, Zérocalcare rencontre des membres de la YPJ (Yekîneyên Parastina Jin: Unités de protection de la femme) et des membres du PKK (Partiya Karkerên Kurdistan) Ce Parti des travailleurs du Kurdistan est mouvement d’indépendance du Kurdistan en Turquie inscrit sur la liste internationale des organisations terroristes sur demande du gouvernement Turc et considéré par de nombreux pays comme la Turquie, l’Australie, le Canada, les États-Unis, la Nouvelle-Zélande, l’Union Européenne et le Royaume-Unis comme une organisation terroriste.

La bande dessinée raconte donc ses deux voyages au Kurdistan. Son premier voyage  était un voyage humanitaire dans le village de Mehser puis dans un camps de réfugiés.

Pour son deuxième voyage il est parti à Erbil, dans les montagnes de Quandil, à Qamichli et à Kobane. C’est lors de son deuxième voyage qu’il rencontre des personnes des YPJ et du PKK.

La narration est interrompue parfois pour montrer des éléments antérieurs aux voyages, pour donner des informations pour ne pas être perdu, pour dire ce qui se passe dans sa tête au même moment ou critiquer la vision que les médias et les politiciens donnent du Kurdistan, de la religion, ou de la place des hommes et des femmes. Dans la narration, il va faire intervenir son quartier représenté par un mammouth qui va lui poser une question: « Tu déménagerais au Rojava ou pas? »

J’ai aimé cette bande dessinée pour plusieurs raisons. La première raison est que cette oeuvre donne une autre vision de la femme dans ces pays que ce que les médias nous montrent. Par exemple aux pages 36-37, l’auteur discute avec une des responsables du camp de réfugiés où ils sont. Elle lui explique que dans les camps de réfugiés au Kurdistan il y a des maisons des femmes qui permettent d’aider les femmes qui subissent des violences conjugales.

Cet ouvrage montre aussi ce que l’état Turc veut cacher comme aux pages 105-106 où Zérocalcare recueille le témoignage d’un Turc arrêté pour activisme politique et battu à mort puis jeté dans une fosse où ils jetaient les dissidents politiques. L’auteur montre également par les témoignages la répression que fait subir l’état Turc, aux pages 192 à 197 : leur accompagnatrice explique la torture qu’elle a vécue en Turquie lorsqu’elle s’est faite arrêter lors de manifestations.

La bande dessinée a des passages qui sont comiques et qui contrastent avec le fond du voyage.

A la page 15 par exemle, il met en petit sa réaction extérieure d’impassibilité face à ses parents qui ne s’inquiètent pas de son voyage et sa réaction intérieure énervée.
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Illustration tirée de la page 15

Ou à la page 104 où il y a la personne Turque qui lui demande s’il veut de la crème de lentille quand il se réveille et où l’auteur à illustré ce qu’il en pensait.
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Illustration tirée de la page 104

Pour finir, on peut dire que l’auteur dans cette BD veut condamner les préjugés que les personnes ont sur la religion musulmane. Cette oeuvre est là pour donner un nouveau regard sur les organisations du Kurdistan et leur combat.

Il montre l’hypocrisie des politiques européens qui félicitent certains groupes et en condamnent d’autres en fonction de ce qui les arrange.

 Anton, 606

janvier 19th, 2018

Kobane Calling : Iriez vous vivre au Rojava ?

A cette question, la majorité des français répondrait sans doute « Euh … c’est où ? », et les connaisseurs « Non, sans façon », et c’est pourtant la question que se pose Zerocalcare tout le long de son récit . Ce qui se passe là bas est bien réel et tout récent . Un livre plein d’aventures et découvertes politique mais aussi culturelles .

Kobane calling à été publié en 2016 par un jeune italien, Zerocalcare. Il a écrit , ou plutôt dessiné cette histoire comme un journal qu’il a tenu tout au long de ses voyages .

Greffé à un groupe de militants aux ambitions humanitaires, Zerocalcare se rend dans le Rojava (le Kurdistan syrien), une zone autonome contrôlée par les milices kurdes et assiégée par l’Etat islamique. Dans cette bande de quelques kilomètres carrés, des hommes et des femmes tentent de fonder une société basée sur des principes d’égalité et de démocratie où sont expérimentées la cohabitation ethnique et religieuse et l’émancipation des femmes. Une véritable utopie dans cette région du globe plombée par les conflits.

Kobane Calling est pour moi le livre qui mérite ce prix littéraire car il est passeur de vérités, des vérités sur lesquelles on ferme souvent les yeux aujourd’hui.

L’auteur Zerocalcare est vraiment courageux de partir à l’improviste comme ça dans un pays aussi dangereux , malgré la peur au ventre qu’il vit tous les jours, il garde son sang froid et nous dessine ces scènes assez incroyables et hors du commun .

Il faut savoir que c’est une bande dessinée et moi qui appréhendais un peu de lire une longue bande dessinée comme celle-là , je n’ai pas du tout était déçue, je voulais même connaître la suite des événements et si la situation de Kobané s’était améliorée aujourd’hui.

On n’est jamais certain d’avoir bien compris ce qui se passe dans les conflits de la Turquie, de la Syrie et de l’Irak. Encore moins ce qu’y fait l’Etat islamique, le PKK et les YPG mais en lisant cette BD j’ai mieux compris, tout est bien expliqué et je tiens à insister sur le fait que ce que racontent les médias n’a rien avoir avec la façon dont l’auteur nous raconte la situation, il a une manière d’expliquer les choses bien à lui et très simple .

Tout au long des ses voyages et de son récit, l’auteur aborde des thèmes très intéressants je trouve puisqu’il remet en question par exemple la place des femmes en démocratie et même dans la religion . Nous qui écoutons les médias disant par exemple que la femme est soumise dans certaine religion est bien la cette même religion met les femmes en valeur c’est à dire que dans Kobane Calling , il y a beaucoup d’apparition de femmes qui sont à un bon rang  dans la politique  ou encore dans la guerre, oui il y a beaucoup de combattantes, beaucoup de femmes qui se battent pour la liberté, pour l’égalité . Je n’avais jamais entendu cela dans les médias pour tout vous dire …

J’aime beaucoup l’image de la femme dans cette bande dessinée . Au-delà de l’aspect militaire, Zerocalcare – alias Michele Rech – s’attache en effet surtout à décrire, avec beaucoup de sincérité, le combat des Kurdes de Syrie, dans la région du Rojava, où ils tentent, en plein chaos, d’instaurer une société fondée sur des principes d’égalité et de démocratie. Une société où les femmes, musulmanes ou non, conquièrent jour après jour de nouveaux droits .

Ce petit voyage au cœur de la guerre, au cœur des conflits , au plus proche de Daech nous transporte et nous met face à des réalités étrangères , mais aussi face à des préjugés de notre propre société .

Salma 606