mars 7th, 2018

Le foot complice de méfaits ?

Dans cette œuvre de Santiago Roncagliolo intitulée La Peine Capitale, nous suivons le quotidien d’un jeune homme, Félix Chacaltana Salvidar qui mène une vie plutôt paisible, malgré le fait que sa mère a encore tout pouvoir sur lui .
Assistant-archiviste au palais de justice de Lima (Pérou) il ne fait rien d’autre que d’être curieux , tout simplement, cependant, cette curiosité l’entraîne dans une situation très délicate .
Félix n’apprécie pas le foot tant que ça contrairement au reste des citoyens du Pérou et au reste du monde…

A travers son itinéraire dans ce livre, Félix découvrira à quel point la justice est « pourrie » surtout pendant cette coupe du monde, comme par exemple son supérieur, qui à l’air limite de n’avoir rien à faire de la « justice » , tellement que l’on croirait avoir affaire à un imbécile complet, l’idiot de service qui est là pour soit-disant apprendre la vie et le métier à Félix, alors que lui même ne sait pas ce qu’il fait. Tout le long du livre, on le verra au lieu de faire son « travail »  inciter notre héros (ou anti-héros , vous comprendrez ! ) à lâcher le boulot pour se focaliser sur sa petite amie , ou encore sur le foot malgré le fait que Félix, lui, insiste pour travailler …

« La peine capitale » est un livre qui se lit très facilement, les transitions sont très bien enchaînées les moments « footeux » sont très bien rendus.

Malgré certains moments un peu « mous » et lents , on apprend à comprendre le protagoniste, et on comprend ce qu’il ressent, ce qu’il vit . On aimerait parfois être à sa place, pas parce qu’on l’envie mais plutôt parce qu’on voudrait faire le contraire de ce qu’il fait, tellement c’est simple, irrationnel, erroné … Ou au contraire, on ne voudrait pas être a sa place dans certaines situations que l’on a déjà vécues et que l’on ne veut pas revivre ou dont on a pas envie de faire l’expérience.  Justement, ce qui est très bien avec ce livre, c’est que l’auteur a su mettre en lien des choses de la vie quotidienne et des choses que l’on ne vit pas très souvent, voire pas du tout et les transitions entre elles sont parfaitement bien enchaînées .

Durant cette coupe du monde de 70 , Félix  devra  apprendre à vivre avec cette justice corrompue, il devra vivre à travers tous ces mensonges, cette violence, cette injustice  pour pouvoir lutter contre.

René, 606

février 7th, 2018

La face cachée de la Coupe du Monde 78

Très souvent, les Etats se sont servis d’événements publics pour dissimuler des actes répréhensibles.  On observe ces comportements depuis l’Antiquité, où les empereurs utilisaient les jeux du cirque pour s’attirer la bienveillance du peuple, et ainsi, éviter une quelconque révolte.

C’est ce type de comportement qui est décrit dans La peine capitale, écrit en 2016 par Santiago Roncagliolo. L’auteur est né en 1975 au Pérou, pays dans lequel il a situé son histoire qui se passe durant l’été 1978. Or, il se trouve que cette date correspond à la 11ème Coupe du Monde de foot, qui a eu lieu en Argentine, pays frontalier du Pérou, compétition pendant laquelle le Pérou se qualifie en demi finale avant de s’incliner face à l’Argentine.

Ce roman mêle affaires politiques, matches de foot et enquête policière. Il raconte l’histoire de Felix Chacaltana Saldivar, jeune homme d’une trentaine d’années, travaillant comme assistant archiviste au Palais de Justice, personnage quelque peu maniaque. Il vit avec sa mère et fréquente Cecilia depuis quelques mois. Au début de l’histoire, son seul ami, Joaquin Calvo, est retrouvé mort, assassiné. La suite du récit est centrée sur les recherches de Chacaltana, visant à découvrir qui est le meurtrier de son ami.

Dès le début de l’histoire, le lecteur est plongé dans une ambiance pleine de suspense : un homme transporte un colis qu’on devine être un enfant, il a peur et, poursuivi, se met à fuir dans les rues de Lima avant de se faire tuer. Plus tard, on découvrira que c’est Joaquin. Tout au long du récit, l’auteur nous tient en haleine en ajoutant de nouvelles pistes et preuves dans l’enquête de Felix.

Le ton du livre est à la fois comique avec le décalage des personnages comme la mère de Chacaltana, très croyante, qui pense que tout est pêché : des élections présidentielles au simple baiser entre son fils et Cecilia. D’ailleurs, leur relation amoureuse est aussi un peu ridicule, donc comique, à cause du comportement de Felix qui, en pensant respecter sa copine, n’ose aucun geste, ce qui la fait douter de ses sentiments.

L’atmosphère du roman est à la fois sombre et dérangeante car ce qui paraît n’être qu’un simple règlement de compte devient une affaire de trafic international d’enfants.

En plus d’avoir une trame intéressante, ce livre est instructif historiquement parlant : on voit la première élection présidentielle au Pérou qui n’avait pas connu cela depuis un certain temps et toute les répressions que cela a entraîné. En effet, une campagne de lutte antiguérilla nommée Opération Condor, consistait en l’alliance de 5 pays d’Amérique latine, sous dictature, qui se coordonnaient pour arrêter les opposants, le plus souvent communistes ou républicains, alors même qu’ils passaient les frontières pour se réfugier ailleurs. Les dirigeants profitaient de l’euphorie des matches de foot pour procéder à ces arrestations en toute discrétion… Au moins 377 personnes ont été victimes d’enlèvement, tortures et assassinats à cause de cette opération.

Opération Condor :http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMEve?codeEve=795 

J’ai bien aimé ce livre et je le conseille à ceux qui aiment les romans policier !

Charlotte, 606

 

janvier 28th, 2018

La peine capitale, Santiago Roncagliolo

Suivez votre intuition : elle vous mènera dans la bonne voie ! 

Santiago Roncagliolo est un jeune auteur né à Lima (Pérou) en 1975. La peine capitale est le quatrième livre de cet auteur, il a déjà été récompensé pour son premier roman : Avril rouge parut en 2008.

L’histoire débute au Pérou en 1978, en plein mondial de football. Santiago nous fait vivre le suspens au rythme du mondial (chaque chapitre porte le nom d’un match de football). Félix Chacaltana, le personnage principal, est assistant archiviste au palais de justice de Lima. La tournure de l’histoire changera lorsqu’il trouve un papier qu’il ne sait pas où classer. On suit également l’histoire d’amour ,semée d’embûches, avec Cécilia et sa relation compliquée avec sa mère. Tout au long du roman, Félix évolue.  En effet le héros qui est au départ un simple assistant archiviste finira par résoudre la fameuse enquête qu’il mène. 

Moi qui n’aime pas lire d’habitude, j’ai trouvé ce livre fabuleux ! C’est un livre brillant et passionnant qui est facile et rapide à lire. L’humour est omniprésent et est même plus important que l’enquête que mène Chacaltana. Ce livre dénonce aussi les dictatures d’Amérique Latine des années 70 avec la « célèbre » opération Condor. Cette opération est une campagne d’assassinat et de lutte anti-terrorisme dirigée par les dictatures d’Amérique Latine. Chacaltana nous fait part de ses ressentis et sentiments envers cette funèbre opération. Par exemple, plus on avance dans le livre plus on ressent la peur qui grandit chez Félix. Surtout lorsque ce dernier va dans une prison secrète où des subversifs et subversives sont emprisonnés, il verra que des femmes enceintes sont en cellule dans de médiocres conditions.  

Pour conclure, je trouve ce livre très intéressant ! Je le conseille à tout le monde , le suspens qui monte d’un cran tout au long de l’histoire, nous donne envie de dévorer le livre le plus rapidement possible afin de connaitre le meurtrier de Joaquín, le meilleur ami de Félix.

Baanusan, 603.