mai 21st, 2020

Le Déboussolement de l’exil

Les déplacés est un  recueil de témoignages d’écrivains qui ont été, à un moment de leur vie, des réfugiés.

Vingt écrivains originaires du monde entier : Vietnamien, Afghan, Chilien, Iranien, Ukrainien, Éthiopien… racontent le traumatisme de l’exil.

Leurs vies ont parfois été reconstruites mais avec le dénominateur commun de la douleur. Immigrer par obligation (fuir la guerre, la crise économique, autres problèmes…). Leurs combats ont été réussis, mais jamais sans laisser de cicatrice durable…

Viet Thanh Nguyen, né le 13 Mars 1971 à Buon Ma Thuot au Vietnam, est un écrivain Américain auteur de Roman Policier.

Il a coordonné plusieurs récits et a invité des écrivains du monde entier à participer à ce recueil publié le 14 février 2019.

Viet Thanh Nguyen est enseignant à l’université de Californie du Sud. En 2016, il sort son premier roman, Le Sympathisant (The Sympathizer). Pour lequel il obtient deux prix : il est le gagnant du prix Edgar-Allan-Poe du meilleur premier Roman et le prix Pulitzer de la fiction. En France, il obtient le prix du meilleur Livre étranger 2017.

Lui aussi est un réfugié et un personnage d’une des nouvelles. A ses 4 ans, quand l’armée nord-vietnamienne s’empare de son village natal, il dû fuir la ville avec sa mère, son grand frère et son père en direction de l’ambassade américain et ils ont laissé derrière eux sa grande sœur adoptive.

L’auteur raconte dans le prologue du livre les souvenirs dont il se rappelle : l’éloignement de sa mère pendant une période donnée, les soirées d’Halloween, le cambriolage à mains armées subi par ses parents. Notamment ce qu’il ressentait à son jeune age, car selon la définition des Nations unies aujourd’hui, il n’est plus un réfugié.

Il garde précieusement ses souvenirs fragmentaires de cette époque, comme si cette époque là était ce qui a fait de lui l’homme qu’il est devenu aujourd’hui.

A la fin du prologue, il cite aussi d’autres déplacés qui sont détenus dans des camps où les conditions de vie sont parfois inhumaines. Les migrants sans droit de passage sont de ce fait considérés comme des criminels et les camps ressemblent plus à des prisons. Il présente aussi les dix-neuf écrivains comme lui, des déplacés, certains, grâce a leurs émigration trouvent leur identité. 

Ce livre m’a beaucoup inspiré. Dés le début, il m’a intéressé car l’auteur sait comment nous faire ressentir la joie et la tristesse des moments racontés. J’ai beaucoup apprécié toutes les histoires proposées ainsi que les personnages et notamment leur courage.

J’ai trouvé cette oeuvre merveilleuse, car l’auteur défend une cause noble que beaucoup n’oseront même pas aborder. Il nous invite à écouter la souffrance de tous ces écrivains et ces réfugiés du monde entier qui sont hantés par les souvenirs de leur propre passé et par ceux de leur famille. Etre «déplacé» n’est pas seulement aller d’un pays à l’autre, c’est de la perte ( de sa famille, de sa patrie, de son identité et de soi..), de la peur, et un déboussolement que seuls ceux qui ont vécu l’expérience comprennent.

Le souhait de Viet Thanh Nguyen est d’entendre ces gens que personne n’écoute, de faire résonner leurs voix dans le monde entier et que tous soient considérés comme égaux par rapport aux citoyens de leur pays d’accueil et je suis du même avis.

Kamila/609