janvier 30th, 2018

La musique dans le roman « Lola Bensky »

janvier 14th, 2018

Quelques longueurs, un peu de rock star : voilà Lola Bensky

Lola Bensky est un roman autobiographique de Lily Brett, qui se présente également comme une exofiction, par la présence de personnages historiques. Elle nous présente sa jeunesse de journaliste australienne, d’origine allemande, qui  interviewe pour un journal de rock, des stars en devenir,Jimi Hendrix,Mick Jagger, Mama Cass.

Il s’agit d’une rétrospective : l’auteure, aujourd’hui âgée d’une soixantaine d’années, décrit son existence avec beaucoup de distance, entre la jeune fille qu’elle était et son état actuel.

Il y a donc deux temps, qui confère un aspect inégal à l’histoire : sa jeunesse, jusqu’à ses trente ans,puis  sa vie adulte, une fois mariée et devenue écrivaine indépendante. Cette dernière partie nous entraîne dans  la dépression de l’auteur, ses regrets, et se concentre seulement sur elle. Seulement dans la dernière scène, nous revoyons Mick Jagger, lors d’une soirée mondaine.

Cette oeuvre aborde de nombreux thèmes tels l’obésité, les conséquences néfastes de la célébrité, la condition des femmes dans les années soixante, ainsi qu’un épanouissement personnel parfois limité par un passé trop lourd ou une pression trop importante des fans. Lola, toute en rondeurs, est complexée, même lorsqu’elle parvient plus tard à maigrir. Ce refus d’acceptation de soi, qui a toujours été présent dans sa sphère familiale, est sans aucun doute marqué par sa douloureuse ascendance de déportés, l’empêchant d’aspirer à un avenir totalement heureux. Sa mère estime qu’elle n’aurait pas du survivre, étant donné que presque toute sa famille a été exterminée. Cette confiance en elle est aussi entachée par des comportements de rock star assez désobligeants : l’un d’eux la mettra mal à l’aise en profitant de la libération sexuelle de l’époque. Lola éprouve naturellement une certaine pudeur à cet égard, se demandant même si elle n’est pas en retard par rapport à sa génération. La liberté d’être, au moins en apparence, est de mise, mais comment peut-elle se sentir concernée quand on sait qu’elle a le sentiment d’être prisonnière de son passé ?

Ce roman soulève donc d’intéressantes thématiques,dans un univers rock bienvenu. Néanmoins, j’ai été déçue par des anecdotes en partie tronquées ainsi qu’un recentrage à mon goût trop prononcé sur le personnage éponyme, Lola, en fin de récit.

Ysanne