février 21st, 2018

Gabacho : Une histoire d’amour sur fond de baston.

Nous allons suivre les galères d’un jeune garçon, Liborio, qui se heurte au racisme.
Aura Xilonen est née au Mexique en 1995. Après une enfance marquée par la mort de son père et des mois d’exil forcé en Allemagne,chez sa tante,elle passe beaucoup de temps chez ses grands-parents, s’inspirant de leur langage imagé et de leurs expressions populaires. Elle a seulement dix-neuf ans lorsqu’elle reçoit le prestigieux prix Mauricio Achar pour son premier roman, Gabacho. Aura Xilonen étudie actuellement le cinéma à la Benemérita Universidad Autónoma de Puebla.
À travers le personnage Liborio, Aura Xilonen va s’inspirer des personnes qu’elle a rencontrées. Ce n’est pas une autobiographie proprement dite mais le roman est inspiré de la vie et de la famille d’Aura Xilonen. Le grand père de l’auteur s’appelle Liborio comme le personnage principal de ce roman.  Ce roman se passe à notre époque et évoque la vie des migrants mexicains qui sont prêts à tout pour rentrer aux Etats-Unis. D’ailleurs, le grand père de l’auteur avait essayé lui aussi de traverser la frontière.
Liborio n’a rien à perdre et peur de rien. Enfant des rues, il a fui son pays natal le Mexique et il a risqué sa vie en traversant la frontière pour commencer une nouvelle vie en Amérique. Cela sera pour lui une deuxième naissance. Il est le narrateur du roman, il raconte ses galères de jeune clandestin. Il va rencontrer des gens parfois bienveillants et d’autres qui veulent sa peau. Dans la ville du sud des États-Unis où il s’est réfugié, il trouve un petit boulot dans une librairie hispanique, il lit tout ce qui lui tombe sous la main, fantasme sur la jolie voisine (Aireen) et ne craint pas la bagarre……

Je trouve très intéressant ce roman car l’histoire  commence par un combat et s’achève par un combat d’un autre style. Dans le premier combat, Liborio n’a que ses poings pour se battre. Il réagit comme un animal, psychologiquement il fonctionne avec son instinct. Trois personnages vont être très importants pour lui :

-      Pépé : qui va lui sauver la vie deux fois.

-      Le Boss : qui va lui permettre de découvrir la lecture et les mots même s’il est parfois difficile avec Liborio.

-      Et surtout Aireen : c’est un personnage aérien, qui passe dans la vie de Liborio comme un souffle de vent et qui moralement va sauver Liborio : « Mon cœur s’évaporait par tous les pores de ma peau ». Il est tellement amoureux d’elle, qu’il ne peut vivre qu’avec elle jusqu’à son dernier souffle. Liborio donne beaucoup d’amour à cette fille et Aireen lui donne aussi beaucoup d’amour : « L’amour, je crois que ça peut s’admirer comme une œuvre d’art ». C’est grâce à Aireen que Liborio va aller vers l’écriture et va exprimer tous ses sentiments et écrire des lettres pour elle. Elle va amener Liborio à prendre conscience, à réfléchir sur sa vie passée et future. J’ai adoré aussi un autre passage de ce livre : « Ce que l’amour ne tue pas, le désamour le détruit, vérité de Dieu » !
Grâce à ces trois personnages, Liborio va créer des liens affectifs. Il va se construire. Il va canaliser sa colère, s’entrainer, apprendre une technique de boxe et ainsi le roman se termine sur un combat beaucoup plus digne.
J’ai apprécié la manière dont Aura Xilonen a construit ce roman. Elle a inséré des parties du journal intime de Liborio au passé dans un récit principal au présent. Les événements que vit Liborio lui font penser à des choses vécues dans son passé et ainsi le passé va être inséré au cours de l’histoire pour tisser le roman: la fuite de chez la journaliste, pied-nus dans la nuit lui rappelle la course poursuite avec les watchmans dans le désert. J’ai aimé cette construction et j’ai adoré l’idée que ces insertions soient des lettres pour Aireen. Les lettres et le récit au présent sont écrits avec deux typographies différentes.
J’ai trouvé l’écriture très intéressante: l’auteur a employé des mots qui surprennent : « bluesesques, jazzesques, soulesques, arabesques, thermopylo-jupitériennes….. ». L’auteur a imaginé un langage propre à Liborio. Liborio absorbe tout, il prend tous les mots des livres hispaniques et il les mélange avec les mots de la rue. Il mélange des mots anglais avec des mots espagnol comme Aireen, cela donne un spanglish : « Je crois qu’on va devenir de good friends, tous les deux, you know ». Grâce à cette écriture les personnages sont vivants et réels. Les dialogues ont beaucoup d’humour. J’ai trouvé l’écriture drôle, j’ai trouvé intéréssant que Liborio garde sa culture en parlant spanglish. Je note au passage que le travail du traducteur est excellent, Julia Chardavoire a très bien traduit l’univers littéraire d’Aura Xilonen.
Donc j’ai bien aimé ce livre, cependant, je ne suis pas complétement enthousiaste car j’ai trouvé les mots d’argots difficiles et la fréquence des mots grossiers un peu trop lourde : « connard ! »,  « trou de balle, fils de pute », « qu’ils aillent se faire foutre », « bordel de merde », « fuck you, son of a bitch, illegal beaner »…………….

Ce livre est néanmoins intéressant et mérite un prix ! L’histoire de ce jeune garçon m’a beaucoup touchée : « Je suis ma propre maison, un point c’est tout. Et la ceinture, c’est le seul truc que j’enlève jamais », « le soleil, c’est lui qui donne la vie mais il peut la prendre aussi »  à travers ces citations je ressens la peine des pauvres  migrants qui vivent une vie vraiment très difficile, douloureuse et triste ! Les personnages sont attachants de ce livre, je pense encore à Naomi, au grand-père d’Aireen: « un homme ça doit toujours garder sa dignité, je veux dire, sa verticalité, jusqu’au dernier instant de sa vie», à Pépé:« le soleil, c’est lui qui donne la vie mais il peut la prendre aussi » et à tous ses migrants qui risquent leur vie.

Je fais le lien avec le livre de Gaël Faye Petit pays  où Gabriel tout comme Liborio, va grandir grâce à la découverte de la lecture! La formation cinématographique d’Aura Xilonen, transparait dans son roman: les dialogues, les flashback, le fait que les personnages principaux apparaissent dés les premières pages du livre (Aireen, le boss, le directeur de la pension).

Ce livre ferait un film passionnant!

Florence, 606

février 11th, 2018

Le Führer de retour !

 Ce livre a été un grand succès en Allemagne. Timur VERMES va nous raconter la vie de Hitler dans les temps modernes, tout en restant à la fois dans le sérieux mais aussi avec de la comédie.

Je veux parler d’Il est de retour .

De mère allemande et de père juif hongrois réfugié en Allemagne en 1956 , Timur VERMES est né à Nurembreg en 1967. Après des études d’histoire et de sciences politiques, il devient journaliste et contribue à de nombreux journaux et magazines.

Il est de retour met donc en scène l’arrivée d’Hitler en 2011 précisément, soixante six ans après sa mort. Hitler se réveille après tout ce temps dans un terrain vague et va se rendre compte que tout a changé . Il n’y a plus rien comme avant: plus de nazis, les étrangers sont partout, une femme est au pouvoir et le pire pour lui: plus personne ne fait de salut nazi !

Hitler part donc avec la volonté de remettre les choses dans « le droit chemin ». Mais pour cela il a besoin d’aide, il a besoin que tout le monde l’entende . Et bien sûr, il va y arriver ! Au début grâce à youtube , puis par les médias il se fait rapidement connaitre et finit donc par passer à la télé mais tout le monde pense bien évidement que c’est juste un acteur qui joue le rôle d’Hitler car personne ne se doute bien sûr que c’est le vrai Hitler, celui de la seconde guerre mondiale, le Führer !
Tout au long du livre, Hitler fait des discours parlant de certains événements de la guerre, détournant bien souvent le sujet initial de discussion à son avantage et il arrive aussi et surtout à manipuler en quelque sorte les autres personnages grâces à ce procédé.

Ce qui est assez impressionnant, c’est que cela amène même certains personnages à dire que certains événements affreux advenus durant la guerre ne seraient finalement pas si mauvais et affreux .
J’ai d’ailleurs beaucoup aimé ce livre pour cette raison ainsi que pour d’autres.  Ce livre montre très bien comment l’esprit peut être manipulé .

Mais Il est de retour ne montre-t’il que cela? Non, il est aussi assez marrant de voir Hitler perdu dans cette époque qui n’est pas la sienne.

Je pense que ce livre est un bon choix de lecture. Timur Vernes l’a très bien écrit bien que cela soit son premier livre.

Je pense donc que j’aurais voté pour lui s’il était arrivé en tête du trio final pour toutes ces raisons.

Léa,  606

février 11th, 2018

La critique du jour

L’ordre du jour est un roman historique écrit par Eric Vuillard qui raconte l’histoire de Berlin après l’élection d’Hitler en 1933 jusqu’à l’invasion de l’ Autriche. 
Cette critique n’est sûrement pas utile du fait que je n’ai lu que très peu de pages mais sous la pression professorale, je m’exécute tel un soldat portant un brassard rouge…

Bien que ce roman soit primé du prix Goncourt je l’ai trouvé fade et long.

Cet ennui est dû au niveau de langue utilisé, or moi qui ne suis pas un grand lecteur loin de là, je n’ai pas l’habitude et cette façon d’écrire était trop difficile pour moi.

Dès l’incipit  « Le soleil est un astre froid. Son cœur, des épines de glace. Sa lumière sans pardon. » est une formulation fumeuse pour parler du soleil d’hiver. Ce style poétique m’a ennuyé, réfléchir sans cesse sur le sens caché des figures de styles en tout genre ne me passionne pas . Il y en a tellement que cela en devient écœurant…

De plus, sans des connaissances solides sur l’Allemagne dans les années 30, il est difficile de comprendre les sous-entendus historiques. Comme par exemple dans ce passage qui parle de l’incendie du Reichtag le 28 Février 1933 «  palais du président de l’Assemblée ; mais bientôt, il n’y aura plus d’Assemblée, il n’y aura plus de président, et, dans quelques années, il n’y aura même plus de Parlement, seulement un amas de décombres fumants. »

Pour conclure je n’ai pas apprécié ce roman mais je le conseille pour tout amateur d’Histoire bon lecteur.

A bon entendeur…

Pierre,  606

février 11th, 2018

GABACHO, une histoire pas comme les autres…

Gabacho, tel est le titre du livre critiqué aujourd’hui.

Ce titre comportant un mot d’origine latine nous interpelle, il nous fait penser à du Gaspacho ou Carpaccio… cela nous incite à le découvrir, à l’avaler. De plus, la première et quatrième  de couverture de couleur jaune  nous captive, nous donne envie de révéler ce qui se cache sous celles-ci.

Il est écrit par une jeune femme qui a à présent 22 ans,  provenant du Mexique, appelée Aura Xilonen. Gabacho est son premier roman et il sort du commun, ce n’est pas un livre comme les autres… Mais tout d’abord centrons nous sur cette jeune artiste.

Née au Mexique en 1995 Aura Xilonen a eu une enfance marquée par le décès de son père et de nombreux mois d’exil en Allemagne, par la suite elle passe ses journées chez ses grands-parents. Leur langage imagé et leurs expressions obsolètes la marque. A ses dix-neuf ans seulement elle écrit cette œuvre grâce à laquelle elle gagne le prodigieux prix Mauricio Achar. Aujourd’hui Gabacho a déjà été traduit en huit langues. De nos jours, Aura Xilonen étudie à la Benemérita Universidad Autónoma de Puebla le cinéma.

L’Histoire parle donc d’un jeune garçon, appelé Liborio, provenant des quartiers chauds du Mexique. Misérable, il décide d’aller à la recherche du Americain Dream en traversant la frontière entre son pays d’origine et la terre où tout est possible, tout en risquant sa vie. Liborio narre sa propre histoire, nous raconte ce qu’il vit, ce qu’il sent, partage tout avec nous. Ceci nous rapproche beaucoup du personnage.

En arrivant donc aux Etats-Unis sans rien de plus que son t-shirt, short et caleçon trempés, car il traverse la frontière à la nage, il est en recherche de travail, d’un petit boulot qui lui permette d’avoir un plat face à lui au moins trois fois par jour. Il est finalement embauché dans une librairie hispanique qui le nourrit, le blanchit et héberge. Le garçon a un don pour la bagarre et interpelle de nombreuses personnes grâce à des vidéos postées sur YouTube. Ce talent est accompagné d’un caractère fort, c’est un garçon qui ne jette jamais l’éponge, qui n’a rien à perdre et n’a peur de rien !

En plus de toutes les querelles, le jeune Liborio tombe follement amoureux d’une jeune fille, dont vous découvrirez le nom avec lui à travers les pages. Cette histoire donc de lutte et d’amour est écrite dans un registre très familier ce qui nous met en complicité avec le narrateur, surtout pour nous jeunes lecteurs. L’auteur arrive donc à nous présenter un personnage attachant qui mène une dure vie mais qui nous montre que tout est possible. De plus, ce langage de rue permet d’avoir des passages très humoristiques. L’histoire est également composée de retours en arrière qui nous clarifient des passages et nous racontent un peu plus de sa vie, ceci nous approche encore beaucoup de Liborio.

J’ai beaucoup aimé ce livre, il est donc différent des autres avec de l’action dès de début jusqu’à la fin. Il reflète aussi une réalité de notre monde avec tous les immigrés et problèmes de la vie quotidienne de certaines personnes tout en racontant une incroyable histoire.

Gabacho présente une grande leçon de vie: c’est que même quand on pense qu’on est au bout, que tout est fini et qu’il n’y a plus de sortie, tout est possible, si on le veut on peut, si on se donne les moyens on peut, si on travaille dur on peut… Il faut y croire et persévérer.

J’espère que cette critique vous donnera envie de lire Gabacho et si c’est le cas, que vous prendrez plaisir à le faire.

Bonne lecture !

Eric, 606

 

février 11th, 2018

L’ordre du jour, les ficelles de l’histoire

L’ordre du jour est un roman d’Éric Vuillard.

Éric Vuillard est né le 4 mai 1968 à Lyon. Il est écrivain, cinéaste et scénariste.

L’ordre du jour a été publié pour sa version originelle le 29 avril 2017. Ce livre a reçu le prix Goncourt 2017 (créé en 1892 par testament d’ Edmond de Goncourt et officiellement fondé en 1902).

Le livre a pour sujet les dessous de l’histoire, de l’ascension du parti nazi au pouvoir en Allemagne jusqu’à l’Anschluss.

Le début du livre décrit une journée à l’apparence normale mais après il parle d’une réunion de personnes influentes qui viennent au Reichstag. Ces personnes, ce sont des industriels de l’Allemagne. Goering, le président du Reichstag les reçoit pour la visite du nouveau chancelier, lorsqu’il arrive les industriels sont étonnés. Il n’était pas comme ils l’imaginaient. Il leur parle de son plan pour empêcher le parti communiste de venir au pouvoir ainsi que de sa planification industrielle. Lorsqu’il se retire, Hjalmar Schacht le ministre de l’économie leur dit « Et maintenant messieurs, à la caisse ! », car le parti n’avait plus d’argent pour faire les campagnes législatives. Ils acceptèrent de financer la campagne nazie…

Ce livre est long dans ses descriptions (certains chapitre sont à 70% de la description) mais il m’a plu. Il montre les ficelles de l’histoire, beaucoup de choses que l’on n’apprend pas dans les études obligatoires.

Ce roman demande ainsi beaucoup de connaissances solides, en lettres, en histoire et en géographie. Cet ouvrage  propose une réflexion sur la politique et ce qui est autour, comme les financements.  Cette lecture m’a plu par son style d’écriture et sa description qui m’ont permis de visualiser l’environnement et de m’immerger intégralement dans l’atmosphère de l’époque.

Les références historiques y sont pour beaucoup dans mon accroche, je suis féru d’histoire et connaître les ficelles du passé est une passion pour moi.

Anton, 606

février 11th, 2018

Menbrane: une vie et une peau artificielles

Membrane est un livre écrit par Chi Ta-Wei, qui est enseignant de littérature et écrivain Taïwanais. Il écrit des nouvelles et fait des traductions. Membrane est un roman de science-fiction queer écrit en 1996 et il a été traduit en 2015 pour présenter son roman en France.

L’histoire de Membrane se déroule en l’an 2100 où le soleil devenu trop dangereux pour la vie sur terre a cause de la couche d’ozone détruite par la pollution de l’homme. Elle laisse passer les rayons de soleil meurtriers, obligeant toute forme de vie à se réfugier sous l’eau. C’est dans ce monde que vit Momo une esthéticienne réputée de 30 ans qui habite seule et ne sort pratiquement jamais. Pour ses 30 ans, sa mère vient lui rendre visite alors qu’elle n’a pas vu sa fille depuis 20 ans. Cette dernière a eu une maladie dangereuse qui coûte cher à soigner et  elle a dû passer un long séjour à l’hôpital.

Le monde dans lequel se déroule le récit est très original et des plus surprenants; d’autant plus que l’auteur nous le décrit bien, il nous parle avec précision  et détaille de fond en comble et grâce à cela, il nous permet d’ imaginer l’histoire et ce monde monde futuriste. Ce dernier serait pour moi des plus absurdes sans détails alors qu’il n’est que complexe.

De plus, le rapport des androïdes avec les hommes est très intéressant ainsi que les technologies futuristes assez originales comme le scanner ou la M-skin. La description est très bien faite et détaillée, ce qui nous permet de ne pas se lasser même avec une description de plusieurs lignes.

Ce livre m’a beaucoup plu.

L’histoire est très intéressante, surprenante et plein de suspense. L’auteur grâce a son talent arrive à nous faire nous poser tout genre de question sur les personnages et leurs relations avec les autres: qui  est Momo? pourquoi rencontre-t-elle sa mère après seulement 20 ans? quelle est sa maladie et comment a-t’elle été soignée?; qui est Andy? etc…

Le récit de l’enfance de Momo est passionnant, on voit ses pensées, ses sentiments de jalousie et de haine envers sa mère, comment elle se sent dans sa peau et ses réactions.

Ce livre m’a même donné envie de le faire connaitre et de le partager. Il est court,  un peu compliqué à comprendre mais vraiment bien. Il nous permet de réfléchir sur comment pourrait devenir le monde dans le futur et sur  notre rapport avec les technologies très sophistiquées des androïdes qui sont presque humains mais considérés comme de simples robots servant à travailler ou comme frigo à organes pour les greffes.

Je vous conseille de le lire, c’est une bonne expérience même si c’est un style particulier que tout le monde n’aimera peut être pas.

Pour ceux qui aiment la SF, le suspense et le mystère je vous le conseille vivement; et je souhaite une bonne lecture pour ceux qui ne l’ont pas encore lu!

Pablo, 606

février 7th, 2018

Une vie contrôlée par le travail

Au bal des actifs, Demain le travail, le livre dont je vais parler maintenant, est un recueil de nouvelles publié en 2017. Il rassemble les écrits de 12 auteurs.

J’ai bien aimé ce livre pour plusieurs raisons. Tout d’abord le format nouvelles est assez intéressant, il permet une lecture rapide et sélective en fonction des titres qui nous tentent ou pas. Il suffit juste d’avoir de la chance et de tomber sur les meilleures.

Ensuite, l’exploration d’un futur alternatif dans le monde du travail, de l’informatique et de la robotique a été très bien réussi : les nouvelles font principalement l’apologie du travail sauf Serf-Made-Man  d’Alain Damasio dans laquelle la plupart des métiers sont automatisés en grande partie et où le gouvernement prône l’oisiveté.

Certaines nouvelles ressemblent beaucoup aux livres ou films de sciences fiction qui sont populaires en ce moment. Par exemple dans Vertigeo d’Emmanuel Delporte (qui est sans conteste ma préférée) on peut remarquer des similitudes avec le Labyrinthe ou Divergente : un groupe de personnes, une élite, oeuvre à la préservation du monde en exploitant d’autres individus ; ou encore la nouvelle de Berrouka qui met en scène un personnage qui se met à douter du système parfait mais strict qui gouverne la vie de tous après une rencontre avec une femme se rapproche grandement du roman 1984 de G.Orwell.

De plus, dans 2 nouvelles (Alive de Ketty Steward et CoÊve de Norbert Merjagnan) certains personnages sont très attachés à l’image qu’ils renvoient aux autres, ils sont même notés et ont des avantages s’ils ont une bonne note.

Enfin, ce recueil est passionnant de part les réflexions qu’il suscite, notamment des questions sur la précarité de l’emploi. Dans les deux premières nouvelles, les protagonistes vivent au jour le jour sans savoir s’ ils gagneront de l’argent demain ; le désir d’améliorer notre condition en étant mieux noté,comme dit précédemment, peut mener à faire des choses impardonnables par exemple ne pas tenir compte de ses sentiments ou dénoncer ses amis ou voisins pour des choses sans importance.

Une dernière question intéressante est la place de la technologie dans nos vies future : finira-t-elle par remplacer les humains dans le travail ? ou même pire, les robots ne pourront-ils pas nous surpasser en intelligence et en savoir faire ? ou encore auront-ils toujours besoin de nous ?

Le seul point que je peux reprocher à ce livre est le choix de l’ordre des nouvelles. En effet, j’ai trouvé les deux dernières particulièrement ennuyeuses. Le parapluie de Goncourt  de Léo Henry est en fait la réécriture et la correction par plusieurs auteurs d’une seule et même nouvelle et, bien que le cheminement des pensées d’un auteur et les modifications qu’un texte peut subir avant sa publication soit une source de curiosité, j’ai trouvé ce concept sans intérêt après les autres nouvelles qui étaient passionnantes.

De même pour Parfums d’une mouffette de David Calvo qui raconte, par correspondance épistolaire, l’histoire d’un auteur qui voudrait faire participer sa nouvelle à un recueil mais qui doit remplir une procédure longue et fastidieuse pour se faire refuser la participation à la fin. Je ne vois pas vraiment le rapport avec le thème du recueil et c’est dommage.

La troisième nouvelle que je n’ai pas aimé est celle de L.L.Kloetzer , La Fabrique des cercueils que j’ai trouvé trop complexe et où je n’ai pas pu m’attacher aux personnages : l’intrigue allait trop vite et, comme cela arrive parfois dans les histoire de SF, l’univers est trop éloigné du nôtre, ce qui entrave l’entrée dans l’histoire.

Malgré ça, je garde un souvenir positif de ce livre. J’en ai aimé plus de 75%, ce qui je trouve est un bon chiffre.

Si je devais n’en conseiller que quelques unes pour des lecteurs ne voulant pas perdre de temps, je dirai Pâles males de Catherine Dufour, Nous vivons tous dans un monde meilleur de Karim Berrouka, Vertigeo d’Emmanuel Delporte évidemment, Alive de Ketty Steward et Le profil de Li Cam qui sont celles qui m’ont qui m’ont vraiment conquises.

Charlotte, 606

février 7th, 2018

Into the Forest of Nell

Jean Hegland est née en 1956 dans l’État de Washington. Après avoir accumulé les petits boulots, elle devient professeur en Californie. À vingt-cinq ans, elle se plonge dans l’écriture, influencée par ses auteurs favoris, William Shakespeare, Alice Munro et Marilynne Robinson.

Son premier roman Dans la forêt paraît en 1996 et rencontre un succès éblouissant. Elle vit aujourd’hui au cœur des forêts de Californie du Nord et partage son temps entre l’apiculture et l’écriture.

Portrait de la romancière

 Il existe une adaptation en film de ce livre,Into the Forest avec Ellen Page et Evan Rachel Wood dans les rôles principaux, ce film est sorti en Mai 2017 sur Netflix. 

Ce livre raconte l’histoire de deux jeune filles qui  se nomment Nell et Eva 17 et 18 ans.  Elles vivent dans leur maison familiale depuis qu’elles sont nées, cette demeure est située dans la forêt.  Elles sont isolées du monde.

Un jour la civilisation s’effondre et  leurs parents disparaissent, elles restent seules sans aucune aide.  Bien décidées à survivre elles s’éloignent de plus en plus de leur côté humain.  Confrontées à la nécessité de survivre, elles vont devoir se battre face à l’inconnu et faire confiance à la forêt qui reste immobile autour d’elles.

Il leur reste quand même un côté humain comme leur passion de la danse et de la lecture.

Ce livre n’est pas à mon goût car l’histoire commence vraiment après une cinquantaine de page de lecture, le rythme est assez lent et ça ne donne pas envie de lire. Le début du roman est basé essentiellement sur des histoire passées avant la disparition de leurs parents comme par exemple le jour de Noël en famille.

En revanche, quand  commence la vraie aventure des adolescentes on s’enfonce profondément dans l’histoire américaine de survie, un roman réaliste et saisissant sur la fin de notre civilisation de consommation où l’essence, l’électricité viennent à manquer.

 

                          Nathan 606

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

février 7th, 2018

La face cachée de la Coupe du Monde 78

Très souvent, les Etats se sont servis d’événements publics pour dissimuler des actes répréhensibles.  On observe ces comportements depuis l’Antiquité, où les empereurs utilisaient les jeux du cirque pour s’attirer la bienveillance du peuple, et ainsi, éviter une quelconque révolte.

C’est ce type de comportement qui est décrit dans La peine capitale, écrit en 2016 par Santiago Roncagliolo. L’auteur est né en 1975 au Pérou, pays dans lequel il a situé son histoire qui se passe durant l’été 1978. Or, il se trouve que cette date correspond à la 11ème Coupe du Monde de foot, qui a eu lieu en Argentine, pays frontalier du Pérou, compétition pendant laquelle le Pérou se qualifie en demi finale avant de s’incliner face à l’Argentine.

Ce roman mêle affaires politiques, matches de foot et enquête policière. Il raconte l’histoire de Felix Chacaltana Saldivar, jeune homme d’une trentaine d’années, travaillant comme assistant archiviste au Palais de Justice, personnage quelque peu maniaque. Il vit avec sa mère et fréquente Cecilia depuis quelques mois. Au début de l’histoire, son seul ami, Joaquin Calvo, est retrouvé mort, assassiné. La suite du récit est centrée sur les recherches de Chacaltana, visant à découvrir qui est le meurtrier de son ami.

Dès le début de l’histoire, le lecteur est plongé dans une ambiance pleine de suspense : un homme transporte un colis qu’on devine être un enfant, il a peur et, poursuivi, se met à fuir dans les rues de Lima avant de se faire tuer. Plus tard, on découvrira que c’est Joaquin. Tout au long du récit, l’auteur nous tient en haleine en ajoutant de nouvelles pistes et preuves dans l’enquête de Felix.

Le ton du livre est à la fois comique avec le décalage des personnages comme la mère de Chacaltana, très croyante, qui pense que tout est pêché : des élections présidentielles au simple baiser entre son fils et Cecilia. D’ailleurs, leur relation amoureuse est aussi un peu ridicule, donc comique, à cause du comportement de Felix qui, en pensant respecter sa copine, n’ose aucun geste, ce qui la fait douter de ses sentiments.

L’atmosphère du roman est à la fois sombre et dérangeante car ce qui paraît n’être qu’un simple règlement de compte devient une affaire de trafic international d’enfants.

En plus d’avoir une trame intéressante, ce livre est instructif historiquement parlant : on voit la première élection présidentielle au Pérou qui n’avait pas connu cela depuis un certain temps et toute les répressions que cela a entraîné. En effet, une campagne de lutte antiguérilla nommée Opération Condor, consistait en l’alliance de 5 pays d’Amérique latine, sous dictature, qui se coordonnaient pour arrêter les opposants, le plus souvent communistes ou républicains, alors même qu’ils passaient les frontières pour se réfugier ailleurs. Les dirigeants profitaient de l’euphorie des matches de foot pour procéder à ces arrestations en toute discrétion… Au moins 377 personnes ont été victimes d’enlèvement, tortures et assassinats à cause de cette opération.

Opération Condor :http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMEve?codeEve=795 

J’ai bien aimé ce livre et je le conseille à ceux qui aiment les romans policier !

Charlotte, 606

 

février 7th, 2018

Une guerre déchirant un pays et une enfance

Petit pays est une une fiction autobiographique de l’auteur Gaël Faye, aujourd’hui auteur-compositeur-interprète et slameur . Il écrit d’ailleurs et poste une musique du même titre en 2012

https://www.youtube.com/watch?v=XTF2pwr8lYk

Ce livre a obtenu le prix du roman lycéen en 2016 et est le lauréat du prix littéraire de notre lycée, en cette année 2017/2018.

Parlons maintenant du contenu: c’est l’histoire de Gabriel, un jeune garçon d’une dizaine d’années. Il vit tout d’abord avec ses parents, Michel d’origine française et Yvonne d’origine Rwandaise et sa petite sœur Ana. L’histoire se déroule en 1993 au Burundi. Plus tard les parents se séparent, les deux enfants restent alors dans la grande maison tranquille de leur père, ensuite tout s’accélère, le 1er juin a lieu les premières élections présidentielles au Burundi, et le  21 octobre 1993 un coup d’état est déclaré avec  l’assassinat  du président ce qui déclenche un guerre civile opposant les Hutu et les Tutsi ( différences ethniques) ce qui place Gabriel dans une situation délicate entre  ses amis prêts à tout pour défendre leur quartier, et lui avec son amour pour la lecture,  son pacifisme et ses problèmes familiaux.

C’est un livre à deux facettes, je m’explique: d’un côté nous avons la vie tendre et paisible de Gabriel et l’insouciance de l’enfance qui s’amenuise au fil du récit et de l’autre, on a la guerre, la violence et le déchirement interne d’un pays qui a l’inverse s’amplifie avec le temps.

Ce livre est dur, tout d’abord car l’histoire parle d’un acte barbare ayant existé avec cette guerre civile extrêmement violente et le fait que l’histoire soit racontée et vécue par un enfant amplifie encore plus ce sentiment.

Dans ce roman j’ai apprécié la simplicité de lecture, n’étant pas grand lecteur, j’ai pu le lire rapidement tout en appréciant et en comprenant toutes les nuances du livre, je n’ai pas trouvé vraiment de point négatif à cet ouvrage, ce qui pour moi le place en première position de notre sélection et le vote de mes camarades a confirmé mes sentiments.

Charlie, 606