mars 12th, 2020

J’ai toujours eu le sentiment…

Dialogue 1

- J’ai toujours eu le sentiment d’être différent.

- Différent ? De qui ? De moi, des autres gens ? Dis-moi, elle est où ta différence ?

- Ma différence est que je ne vois pas la vie de la même façon que les gens. Je suis unique, et toi ?

- C’est-à-dire ? Dis m’en plus. Qu’est-ce que te fait dire que ta vision de la vie est différente des autres ?

- Là où certains voient du réconfort, je perçois de la peur, quand quelqu’un sourit, je le voir parfois pleurer, tu comprends mieux ?

- Je comprends que je trouve ça bizarre. Ou peut-être pas. Peut-être que tu vois ce que les gens ressentent réellement et qu’ils cachent. Ou alors, je ne sais pas, peut-être juste que tu ressens tout à l’envers.

- Je ne sais pas. C’est pour ça que je me sens différent, unique, je ne sais pas comprendre les autres, je ne comprends que moi.

- En ayant ce sentiment, tu le qualifies comme une qualité ou un défaut ?

- J’en sais rien. Je m’en moque de le qualifier de qualité ou de défaut ! Tout ce que je sais, c’est que je me comprends moi et personne d’autre.

- C’est sûr que dans ces conditions, ce n’est pas facile de vivre en société. Tu sais quoi ? Tu devrais aller vivre tout seul, très loin de tout et des autres, comme ça, tu ne rencontres plus personne et hop ! plus de soucis.

Dialogue 2

- J’ai toujours eu le sentiment d’être différent.

- Venant de toi, ça ne m’étonne pas. Malgré tout, différent ne veut pas toujours dire inférieur, n’est-ce pas ?

- Non, bien sûr. Différent, ça veut juste dire « pas pareil », mais ce n’est pas plus facile à vivre pour autant. Et crois-moi, en ce moment, je le vis mal. Plus que mal.

- Et pourquoi te sentir mal ? Être différent est une sensation unique car tu ne te sens pas obligé de faire comme les autres, tu es libre de ta vie, y a pas de meilleure sensation que la liberté.

- Je me sens mal car j’ai le sentiment que les gens qui m’entourent me regarde comme si je n’étais pas humain ou comme si j’étais étranger.

- Tu es humain, si les gens te regardent, dis-toi que c’est car tu es resplendissant, car tu l’es. Tu es un être humain comme moi, comme eux, tu es comme nous tous.

- Tu me trouves resplendissant ? Alors, c’est que ce que je sens à l’intérieur est différent de ce que je montre à l’extérieur ? Tu vois, encore la différence !

Dialogue 3

- J’ai toujours eu le sentiment d’être différent.

- Pourquoi as-tu cette impression ?

- Je ne sais pas, je ne me sens pas comme tout le monde. Dès mon plus jeune âge, j’étais différent : les autres enfants jouaient aux toupies tandis que je restais assis au coin d’un arbre, attendant que le temps passe.

- Est-ce que cela te rendait malheureux ? Tu aurais préféré jouer aux toupies toi aussi ?

- Oui, je voulais, pour me faire des amis, avoir la même passion qu’eux, la partager avec eux. Toi, tu aurais fait quoi à ma place ?

- Si j’avais été à ta place, je t’aurais conseillé d’y aller. Fais-toi des amis, ne reste pas seul. N’aie pas peur, c’est en faisant ça que tu te sens différent des autres.

- C’est facile de parler après la guerre. Seulement, plus on est jeune, plus on juge vite, seul un menteur me contredirait. J’ai voulu y aller et je me suis heurté à la brulure gelante d’un simple non et à la douleur cinglante de me faire qualifier de différent.

- Tu veux dire que tu as essayé d’aller vers les autres enfants et qu’ils t’ont rejeté, mais pourquoi ?

- Peut-être parce que je m’y suis pris trop tard ou que, tout simplement, ma façon de vivre était différente que donc, on n’était pas compatible. Peut-être, hein, qui sait ?

- Il n’est jamais trop tard. Continue d’aller vers les autres. Donne du tien. Tu pourras trouver quelqu’un qui te correspondra.

Dialogue 4

- C’est tout ce que je désire. Je ne demande rien d’autre. Qu’on m’indique la sortie.

- Je ne peux plus rester là.

- Comment puis-je sortir d’ici ?

- À quelle heure sortir ? D’ailleurs, quelle heure est-il ? Je ne sais pas, je ne sais plus.

- L’heure ? Qui se soucie de l’heure ? Il faut sortir d’ici, arrêter de tourner en rond comme des rats dans une cage et sortir. Maintenant.

- Oui. Mais où sommes-nous ? Comment allons-nous sortir ? (en criant) Comment ?

- Sortir où ? Calme-toi. Ne t’énerve pas, on va trouver une solution. Qu’est-ce qui ne va pas ?

- Je n’en peux juste plus. Je vais vriller d’ici peu. On doit sortir. Je dois sortir. De n’importe quelle manière que ce soit.

- Nous sommes dans une sphère sans porte ni fenêtre, sans aucune ouverture, sans rien pour nous indiquer où nous sommes, quand nous sommes, et même qui nous sommes. On ne peut pas sortir. On ne peut pas !

- Bon, on se calme, sinon on ne va rien pouvoir faire. Cherchons ensemble, on va réussir, tu verras.

Collectif, 609

mars 12th, 2020

L’homme, la femme et l’enfant

Une femme est seule sur scène.

Aurore – Seigneur, moi ce que je veux, c’est que vous m’aidiez, je ne peux plus vivre ainsi, je suis triste, je suis malheureuse. J’aimerais avoir, un jour, le rôle d’une maman. Je voudrais vivre comme la plupart des femmes sur Terre. La vie ne m’a pas fourni cette chance. Pendant ma jeunesse, j’ai subi des expérimentations et j’ai appris que j’étais devenue stérile. On m’a enlevée quelque chose qui était très important pour moi et depuis ce jour-là, je ne me sens plus dans la peau d’une femme. J’ai l’impression d’être une personne hors du commun.

Un homme et une fillette de 6 ans entre sur scène.

Logan (à Aurore) – J’ai reçu un appel de secours de mutants, je me suis précipité pour faire demi-tour, ils avaient besoin de moi. Quand je suis arrivé, il était trop tard, notre maison était en feu. On a tout perdu. J’avais les larmes aux yeux, mais surtout, j’étais très en colère. J’étais prêt à tout détruire, mais j’ai entendu un enfant qui pleurait. Elle était sale, avec des brûlures sur son bras. Je l’ai prise avec moi, je savais déjà ce que j’allais faite : t’amener la petite. Je sais que tu as besoin de quelqu’un, tu as passé beaucoup de temps seule, je sais que ton plus grand rêve est de pouvoir élever une fille.

La petite – J’étais encore dans la cachette où les mutants étaient avant d’être découverts. Mes parents m’ont laissée là car ils allaient être tués par l’État. Moi, ce que je voulais, c’était qu’on me sorte de là. J’étais seule, je ne mangeais pas, j’avais froid, j’avais peur donc je ne dormais pas, je priais pour qu’on vienne m’aider. (À Logan) Logan, tu peux aller aider mes parents, je ne peux pas rester seule, je suis trop petite.

Logan – Ne t’inquiète pas petite, je vais faire tout mon possible, mais je ne peux rien te promettre. Pendant ce temps, madame Aurore prendra soin de toi.

Aurore – Si Logan ne retrouve pas tes parents, sache que je serai là. Je pourrai t’élever comme si j’étais ta mère, je te considérerai comme ma fille, car jamais je n’ai eu cette chance. Je t’aimerai comme ma fille. (À Logan) Merci Logan, je ne sais pas comment te remercier autrement. Si tu peux retrouver ses parents, pendant ce temps-là, j’hébergerai la petite fille, je m’occuperai d’elle. Si tu ne retrouves pas ses parents, je la garderai, je vais prendre soin d’elle comme elle était ma fille, mon enfant.

 Jeremy, Ronald, Wassim, 609

mars 12th, 2020

Moi, ce que je veux…

Voix 1 – Moi ce que je veux, c’est que tout le monde soit à égalité (hommes, femmes, enfants… jeunes ou vieux… étrangers ou pas… pauvres ou riches… noirs ou blancs…)

Moi ce que je veux, c’est que tout le monde regarde tout le monde de la même manière, ni avec pitié, ni avec haine… mais comme si on était tous frères et sœurs.

Oui ! Moi ce que je veux, c’est que le monde change et que la paix règne, que chaque pays existant ait le même développement, les mêmes moyens, que chacun aide l’autre sans rien attendre en retour…

Oui, j’ai été confronté à du racisme, oui j’ai été maltraité, et oui ça m’est arrivé de me sentir étranger dans mon propre pays avant de le quitter, mais j’essaie de trouver malgré tout ma place ! Après avoir tout laissé tomber et décidé de prendre un nouveau départ, je n’ai pas forcément le choix. Ça m’arrive de reculer de deux pas en arrière et d’autres fois d’avancer.

Je voudrais que les gens arrêtent de regarder les étrangers tous de la même manière, de savoir le bon du mauvais. Après tout, on est tous des humains et on a tous des sentiments.

Voix 2 – Moi ce que je veux, c’est la liberté dans le monde du travail et éradiquer les persécutions permanentes dès que l’on franchit l’entrée d’une entreprise. J’aimerais que les dirigeants de Foxconn subissent ce que leurs employés ont enduré tout le long de leur misérable vie, qu’ils sachent ce que cela peut produire à l’intérieur. Je ne veux pas seulement qu’ils subissent ça, mais je voudrais aussi la fermeture de Foxconn ainsi que des autres usines dans le même genre, afin de mettre un terme à tout cela.

Ce que je veux réellement, c’est la paix et faire parvenir ce message au monde entier pour que tout le monde comprenne ce que nous avons subi et pour rendre hommage à ceux qui ont quitté ce monde par leur faute. J’aimerais que tout le monde ouvre les yeux pour voir la vérité en face.

Mais ça ce n’est que mon ressenti, peut-être que personne ne le saura et que personne n’en tiendra compte finalement.

Voix 1 – La plupart du temps, je me cache en pleine lumière. Même pas né, mes parents sont rentrés en Afghanistan pour rester à côté de mon grand-père malade. À ma naissance, c’était lui qui avait choisi mon prénom. D’après la tradition familiale, c’est la grossesse de ma mère qui l’a maintenu en vie. L’un de mes plus grands regrets est de n’avoir aucun souvenir de lui, mes parents me rappelaient souvent l’immense affection qu’il me portait.

Peu après ma naissance, l’Afghanistan a sombré dans le chaos. C’étaient les premiers temps de l’occupation soviétique, une période marquée par des raids sur la population civile et le saccage de villes entières. Kaboul, ma ville natale, était à l’épicentre du conflit.

Les deux branches de ma famille étaient amoureuses de leur pays, avec une forte tendance à défendre leurs opinions. Ma mère était la fille d’un prisonnier politique, ainsi que plusieurs de ses oncles. Il a été difficile pour mes parents de quitter leur pays, leur ville, et comme vous le devinez, ils ne l’ont pas quitté…

Après que j’ai eu onze ans, on m’a embarqué dans un avion pour l’étranger. Étant orphelin, j’ai été déplacé de famille en famille et de pays en pays. Difficilement, j’ai fait des études, j’ai appris pas mal de langues. J’ai longtemps espéré trouver un lieu qui me convienne, un travail honorable, une famille qui m’aime comme ma vraie famille le faisait. Finalement, j’ai atteint cet endroit…

Voix 2 – Après avoir quitté ma ville natale pour m’installer à Shenzhen afin d’y vivre une meilleure vie, je me suis rendu compte, après avoir mis les pieds à Foxcon, que ma vie aller virer au cauchemar. Dès qu’on avait mis un pied dans l’atelier, il n’y avait plus qu’à se soumettre. Les horaires nuit et jour n’étaient pas facile à suivre, ici on se tient droit avec les mains en sursaut. On doit être ponctuel et réactif à la fois. Je me suis vu tomber de sommeil debout. Avant d’arriver, j’avais toujours en tête que ce travail était fait pour moi et que mes conditions allaient s’améliorer. Le travail à la chaine m’a fait penser et dire le contraire. Je m’imaginais travailler dans des bureaux plutôt qu’être aligné comme des mots sur une page. Je me disais que ça allait tôt ou tard s’arrêter, que l’on m’ouvrirait la porte ailleurs, mais au final, ça n’a jamais rien donné.

Voix 1 et 2 – Je m’appelle Xuam Hemon. J’ai souffert. Longtemps, j’ai souffert. Mais j’ai toujours gardé une lueur d’espoir.

Voix off – de la liberté, de l’amour, de la paix…

Voix 1 et 2 – après avoir quitté mon pays, j’ai tout de suite sur que j’étais intérieurement détruit. Une fois arrivé à Shenzhen, je me suis imaginé vivre une meilleure vie, dans de bonnes conditions, pour qu’au final, ce rêve soit achevé par le travail à la chaine.

Je veux jeter encore un coup d’œil à l’océan, voir l’immensité de ma demi-vie de larmes,

Je veux escalader encore une montage, pour essayer de faire revenir l’âme que j’ai perdue,

Je veux effleurer encore une fois le ciel, sentir l’infinie délicatesse de ce bleu,

Puisque tout cela m’est impossible, je vais devoir quitter ce monde.

 

Kamila et Brandon, 609

mars 12th, 2020

L’homme sable

L’homme sable quitte les USA pour recommencer une vie. Il se heurte à la sécurité anti mutants à la frontière canadienne.

L’homme sable se réveille sur une chaise dans une salle d’interrogatoire.

Le policier – Tu es enfin réveillé ? Tu as tenté de passer la frontière et tu t’es fait prendre. J’ai plein de questions pour toi : primo, pourquoi veux-tu te rendre au Canada ?

L’homme sable – Je veux juste une vie tranquille, tout recommencer et ne plus être étiqueté comme bon ou mauvais, je veux qu’on me voie comme un humain.

Le policier – Comme un humain, tu dis ? Ah ! c’est beau les rêves. Tu es un mutant, tu n’es plus un humain.

L’homme sable (haussant le ton) – Je n’ai pas demandé à muter ! Je voulais juste vivre paisiblement dans une maison en banlieue de New York, fonder une famille et être heureux.

Le policier(il donne un coup de pied à la chaise, manquant de faire basculer l’homme sable) – Il va se calmer, l’animal ? Au cas où t’ais pas remarqué, t’es pas en position de force ici, donc rappelle-toi ta place et ferme-la tant que je ne t’interroge pas, compris ?

L’homme sable (d’une voix calme) – Oui.

Le policier – J’aime mieux ça. Bon, qu’est-ce que t’a fait de mal pour vouloir quitter le pays ?

L’homme sable– J’ai volé, tué. Je suis un criminel et je le sais, mais j’ai aussi sauvé, aidé autrui. Ça ne fait pas de moi un héros, certes, mais ça aide à compenser la balance.

Le policier – Tu es en train de me dire que tu es un criminel et tu veux qu’on te laisse passer ? Pour qui tu te prends ?

L’homme sable – Je suis l’homme sable. Je vis par et pour moi-même. Je fais ce qui me plait quand ça me plait, même quand la société le considère comme quelque chose de mal.

Le rideau se ferme tandis que l’homme sable se saisit de sa chaise et va pour frapper le policier.

Lucas, 609

mars 28th, 2019

Atelier écriture créative – Scène 4 (Nouvelles d’Haïti, la Fille du train)

Personnages :

Lobo : Je suis un jeune garçon, intelligent, mais têtu. Je me souviens que je m’étais perdu dans une forêt, mais je ne stressais pas. Mon objectif était de retrouver ma famille. Il a 4 ans, c’est un petit garçon fasciné par les sectes religieuses de son pays, il a été en contact avec ces gens et a été envouté. Depuis, il a un comportement parfois bizarre, il peut se comporter comme un adulte, très sage, très sérieux. Mais surtout, il fait du bien à tout le monde, rien qu’en étant avec lui, en lui touchant la main, en parlant avec lui, chacun se sent plus heureux.

Rachel : Je suis une jeune fille brune aux yeux marron. Je suis curieuse et la curiosité est une qualité pour moi. La timidité est un de mes plus gros défauts. Je me souviens d’un couple que je voyais à travers la vitre du train. Je les considérais comme parfaits. Je suis triste car je ne croise plus ce couple et mon objectif est de les retrouver. Elle est alcoolique, divorcée et au chômage. Son mari l’a trompée et a eu un enfant avec sa nouvelle femme, il l’a quittée parce qu’elle buvait, elle est devenue alcoolique parce qu’elle désirait plus que tout un enfant et ne peut pas en avoir. Le couple qu’elle voyait par la fenêtre du train lui semblait être le couple idéal, celui qu’elle aurait voulu avoir.

La scène se passe sur une place de supermarché, somme toute banale. Elle est assez vaste, il fait jour. L’atmosphère est calme. Le petit garçon court vers le supermarché et fait tomber les courses d’une jeune fille.

Lobo – Oh ! Pardon ! J’ai pas fait exprès !

Rachel – Ne t’en fais pas, je vais ramasser, mais que fais-tu seul ici ?

Lobo – Mon papa m’a envoyé lui acheter des bières.

Rachel – Tu as quel âge ?

Lobo – Quatre ans.

Rachel – Mais la caissière ne te laissera jamais repartir avec des bières ! Prend plutôt celles-là, je n’en ai pas besoin. C’est irresponsable de ma part de donner des bières à un enfant de quatre ans, mais tu m’as l’air spécial.

Lobo – Pourquoi t’as des bières ?Mon papa m’a dit que la bière, c’est pour les gens costauds !

Rachel – Les bières me permettent d’oublier mes problèmes d’adultes et mon malheur.

Lobo – Ah bon, mais lesquels ?

Rachel – Ah bè, on m’a interdit de faire des bébés.

Lobo – Oh non !Vous êtes stérile, c’est si triste, c’est si rare et ça doit tomber sur vous.Quelle malchance, ça vient d’où ?

Rachel – Eh bien !Je ne m’attendais pas à un tel langage.On m’a dit que ça provenait de mes gènes.

Lobo – Ah oui !C’est des allèles de vos gènes sexuels X et Y qui ont été défectueux à votre naissance et qui ne vous permettent pas de procréer.

Rachel – Waouh ! Tu m’impressionnes !Eh bien, tu l’as mieux expliqué que moi.

Lobo – Bon c’est pas tout, mais je dois rentrer à la maison, moi !

Rachel – Veux-tu que je te ramène ?

Lobo – Mon papa m’a dit de me méfier des inconnus, désolé.

Rachel – Tu as bien raison, fais bien attention sur le retour.

Lobo – D’accord.Pas de soucis, au revoir !

Rachel – Au revoir, petit !

Ils s’éloignent l’un de l’autre, puis Lobo pense à quelque chose, fait demi-tour et appelle Rachel.

Lobo – Oh, je viens de penser à quelque chose ! Vous travaillez ?

Rachel – Hélas non, je n’ai pas de travail.

Lobo – Mon papa cherche une nounou pour me garder, ça pourrait vous intéresser ?

Rachel – Oui, ce serait avec plaisir !

Lobo – Tenez,c’est le numéro de téléphone de mon papa, appelez-le ce soir !

Rachel – Ok, pas de souci, au revoir cette fois !

Lobo – Oui ! Au revoir, bonne soirée !

Il sort.

Rachel (en aparté) – Quel petit garçon enthousiaste, j’ai eu l’impression de parler à un adulte et sa présence m’a comme soulagée je me suis sentie apaisée, c’est comme si une aura autour de lui rendait tout beau et heureux, j’en ai oublié mes problèmes.

Scène écrite par Mohamed L. et Hugo, 609

mars 28th, 2019

Atelier écriture créative – Scène 3 (Des larmes sous la pluie)

Personnages :

Bruna : Je suis un androïde de combat exerçant le métier de détective privé. J’ai été créée pour avoir des réflexes extraordinaires. Je suis alcoolique et vis dans la tristesse et le deuil. Tous mes souvenirs sont artificiels, aucun ne m’appartient. La colère m’habite : j’arrive pourtant, la plupart du temps, à garder mon sang-froid. Je n’aspire qu’à vivre une vie normale, à vivre plus de dix ans, contrairement aux autres androïdes de ce monde.

Pérodin : Je suis autonome, motivé, mais mon défaut, c’est le retard. Chaque fois que je pars prendre mon bus, je le rate. Je me sens malchanceux, cela m’attriste et me rend parano, donc mon objectif, c’est de ne plus jamais rater mon bus. Je me drogue à l’héroïne, je délire souvent, je crois que quelqu’un, un programmeur, a programmé ma vie et que c’est à cause de lui que je rate toujours le bus, que ma femme m’a quitté et que je ne vois plus mon fils. Je veux le retrouver et le faire disparaître.

*****

C’est la nuit, l’hiver, il fait -5°. La scène se passe dans une cave sombre, poussiéreuse, avec des lumières qui clignotent. Un vendeur d’armes au fond de la pièce, il est grand, musclé et fait peur. Bruna, devant l’entrée, réfléchit avant d’aborder le vendeur.

Bruna (en aparté) – Ce froid risque d’engourdir mes réflexes. Je ferais mieux d’être prudente si je tiens tant que ça à faire affaire à lui. Il n’y a pas d’issue de secours, apparemment, la diplomatie me sera donc utile. De toute façon, ce sera vite fait.

Bruna Husky entre donc d’un pas décidé dans la cave et va se mettre à la hauteur du vendeur. L’échange sera rapide : le vendeur glisse l’arme dans sa main alors que l’androïde paye en espèces. Pérodin entre.

Vendeur – Salut ! T’en es où avec tes recherches, Pérodin ?

Pérodin – Ça n’a pas beaucoup avancé… J’aurais besoin d’aide. J’ai recherché plus d’indices sur Internet, mais je n’ai pas eu plus d’infos sur les androïdes.

Bruna – Tu fais des recherches sur des androïdes ?!

Pérodin – Oui, pourquoi ? (Il se rend compte de la nature androïde de Bruna.) T’es le programmeur ?

Bruna (surprise) – De qui s’agit-il?

Pérodin – Bah… le programmeur, celui qui a programmé ma vie.

Bruna – Attends… t’es un humain, mais, t’as été… programmé ? Comment est-ce possible ?

Pérodin – Justement, je ne sais pas ce qu’il m’arrive… (Il se rappelle.) Ainsi, la comédie aux arrêts des autobus, ce jeu de cache-cache avec l’amour, la fuite de Karine, tout cela était programmé par quelqu’un qui s’arrogeait le droit de disposer de ma vie.

Bruna (en aparté) – Hmm… Je vois. Il croit être dirigé par un certain « programmeur ».

Pérodin – Je voudrais bien que tu m’aides à le trouver. Vu que, toi aussi, t’es programmée.

Bruna – (en aparté) Dans ce cas, j’ai intérêt à l’aider… Ça me rappelle cette citation, d’un artiste extraterrestre : « C’est ce que je fais qui m’apprend ce que je cherche ». Si on trouve ce programmeur, je pourrais lui demander où j’ai été construite. (À Pérodin) Après tout, pourquoi pas ?

Pérodin – Ouais, mais comment on pourrait faire ? (Il se tourne vers le vendeur) T’as trouvé des nouvelles infos ?

Vendeur – T’as de la chance, puisque j’ai un ami qui travaille dans un bureau cyber informatique à Rome. Vous voulez le voir ? Ce serait une bonne piste pour vous.

Bruna, à Pérodin – On pourrait commencer par là, qu’en penses-tu ?

Pérodin – Par contre, il faut qu’on prenne deux ou trois heures d’avance… Je ne veux vraiment pas louper le train car je vais encore le regretter.

Bruna – A l’aventure !

Ils sortent de la cave, en discutant de la marche à suivre.

Scène écrite par Emad et Mohamed G. 609

mars 28th, 2019

Atelier d’écriture créative – Scène 2 (Qui a tué mon père/Des larmes sous la pluie)

Personnages :

Le père : Je suis un jeune retraité. Ma principale qualité est mon amour pour mes enfants et mon principal défaut est ma misogynie, mon intolérance et mon homophobie. Je me souviens énormément de la fois où mon fils effectuait avec ses camarades une chorégraphie où mon fils jouait la fille, et je me souviens de ma déception à ce moment-là. Je cherche et j’espère qu’un jour l’on m’accepte tel que je suis. Je n’ai pas eu d’éducation, j’ai dû quitter l’école tôt pour aller travailler. Je ne supporte pas les garçons ou les hommes qui se comportent comme des filles, ni qu’on puisse penser que mon fils est une mauviette.

Pérodin : Je suis autonome, motivé, mais mon défaut, c’est le retard. Chaque fois que je pars prendre mon bus, je le rate. Je me sens malchanceux, cela m’attriste et me rend parano, donc mon objectif, c’est de ne plus jamais rater mon bus. Je me drogue à l’héroïne, je délire souvent, je crois que quelqu’un, un programmeur, a programmé ma vie et que c’est à cause de lui que je rate toujours le bus, que ma femme m’a quitté et que je ne vois plus mon fils. Je veux le retrouver et le faire disparaître.

*****

La scène se passe dans le désert, dans un petit village entouré de dunes de sable, en pleine journée, l’après-midi, face à une tempête qui arrive. Pérodin debout sur une dune, l’air perdu. Le père le voit et décide d’aller voir cet homme qu’il ne reconnaît pas comme un habitant du village.

Le père – Bonjour, qu’est-ce que tu fais là ?

Pérodin (regarde droit devant lui) – Il m’a retrouvé.

Le père – Qui t’a retrouvé ?

Pérodin – Le programmeur…

Le père – Je ne connais personne de ce nom ici.

Pérodin (toujours le regard figé devant lui) – Je le cherchais quand je me suis perdu dans ce désert mais il m’a retrouvé avant…

Le père – Comment ça ?

Pérodin – Regarde.

Le père (se tourne et regarde dans la même direction que Pérodin) – Une tempête de sable… (Il réfléchit s’il doit aider le village ou calmer cet inconnu)

Pérodin (paniqué, il se ronge les doigts, fait les cent pas…) – C’est la fin ! Cette fois-ci, il donne le coup de grâce.

Le père – Non ! Ce n’est jamais la fin tant que l’on s’entraide.

Pérodin – J’ai déjà essayé de le tuer et ça continue !

Le père – J’ai pensé les mêmes choses que toi par le passé, me venger de ceux qui ont fait de ma pauvre vie d’ouvrier un enfer. Mais dans ce désert, mes pensées s’échappent face à l’immensité des dunes. La vie est agréable, car ici tout le monde s’entraide face aux tempêtes de sable gigantesques. Mais lorsque celles-ci sont absentes, il fait bon vivre au cœur de nos villages de sable. Ici plus de soucis, ni de préjugés, ici tout le monde est égal face aux géants de sable lorsque ces derniers décident de vous dérober à votre vie.

Pérodin (commence à ce calmer et arrête de marcher pour ce mettre face au père, tout en ce tenant malgré tout toujours la tête)  – Vous avez trouvé la paix malgré le programmeur ?

Le père – Oui, et tu pourrais rester parmi nous si tu le souhaites.

Pérodin – Je ne sais pas, il est toujours là…

Le père – Tu ne craindras rien ici, tu veux commencer une nouvelle vie loin de ce programmeur ? Alors, viens m’aider pour préparer le village. (Il prend une voix plus imposante pour provoquer un élan de courage et de motivation.)

Pérodin – J’espère que tu as raison…

Ils sortent.

 Scène écrite par Mohamed G. et Maxime, 609

mars 28th, 2019

Atelier d’écriture créative – Scène 1 (La fille du train/ La Horde du contrevent)

Personnages :

Rachel : Je suis une jeune fille brune aux yeux marron. Je suis curieuse et la curiosité est une qualité pour moi. La timidité est un de mes plus gros défauts. Je me souviens d’un couple que je voyais à travers la vitre du train. Je les considérais comme parfaits. Je suis triste car je ne croise plus ce couple et mon objectif est de les retrouver. Elle est alcoolique, divorcée et au chômage. Son mari l’a trompée et a eu un enfant avec sa nouvelle femme, il l’a quittée parce qu’elle buvait, elle est devenue alcoolique parce qu’elle désirait plus que tout un enfant et ne peut pas en avoir. Le couple qu’elle voyait par la fenêtre du train lui semblait être le couple idéal, celui qu’elle aurait voulu avoir.

Golgoth : Je m’appelle Golgoth, je suis le meneur d’un groupe. Ma première qualité est d’être robuste. Mon premier défaut est d’être vulgaire. Aucun souvenir en particulier, aucune émotion. Mon objectif est de retrouver l’origine du vent.

La scène se passe dans une ville du Nord, à quelques kilomètres de la mer, il règne une atmosphère grise et laide. Rachel est sur scène.

Rachel – Ce temps est vraiment désagréable. Je n’arriverai pas à retrouver le couple parfait s’il fait froid et boueux tous les jours, j’espère que le ciel se dégagera pour que je puisse reprendre mes recherches. De plus, la voiture n’a plus d’essence, il va falloir que j’en trouve, il me semble qu’il y a une pompe à essence en centre-ville, mais je ne sais pas s’il me reste assez d’essence pour y parvenir. Bref ! Je me ferais bien un petit chocolat chaud, moi !Je suis bloquée là, je n’arrive pas à aller plus loin. J’ai la tête lourde de bruits.

Rachel va chercher un chocolat chaud et elle percute Golgoth qui entre sur scène.

Golgoth – Vous allez bien mademoiselle ? Ça y est ? On fait le tour des pleureuses ou y’a encore des volontaires ?

Rachel – Ce n’est rien je suis un peu tracassée en ce moment !

Golgoth – Pute-vent ! Ils commencent à me courir tous ! Si ça va pas dites-le clairement !

Rachel – Et bien…C’est juste que j’ai perdu quelque chose de cher à mes yeux.Mais vous vous avez l’air fatigué, pourquoi ?

Golgoth – Je marche, depuis au moins 30 ans déjà. Je suis Golgoth le finisseur ! Traceur de la dernière horde !

Rachel – Vous marchez depuis si longtemps !! Mais pour aller où ?

Golgoth – Chercher l’origine du vent.

Rachel – Le vent ? Je ne pense pas que mes histoires ennuyeuses et idiotes vous intéressent !

Golgoth –Oui le vent. Par chez moi, il fait rage. Exactement ça ne m’intéresse pas du tout.

Rachel – Et bien… Pour tout vous dire, rien ne va dans ma vie, je n’ai pas de travail, pas de famille, je suis seule et mon unique compagnon est l’alcool.

Golgoth – Chacun ses problèmes !Mais l’alcool ne fera que vous ancrer dans la solitude.

Rachel – Oui, mais je n’arrive pas à m’en défaire.

Golgoth – Pour ça, débrouillez-vous, je ne suis pas un psy.

Rachel – Excusez-moi si je ne vous intéresse pas. Parlez-moi de vous alors.

Golgoth – Je n’ai pas grand-chose à dire, depuis tout petit, je cherche à trouver l’origine du vent avec mon équipe qui me pénalise plus qu’autre chose.La horde du contrevent ou l’équipe des bras cassés, tous aussi lents les uns que les autres.J’aurais déjà trouvé l’origine du vent s’ils n’étaient pas là à me coller les bottes.

Rachel – Je suis sûre qu’ils ont des qualités, vous êtes juste de mauvaise foi.

Golgoth – C’est vrai !Ils savent bien se plaindre !

Rachel – Mais vous êtes actuellement en train de vous plaindre de votre équipe ; au final, vous êtes pareil.

Golgoth – Non ! Je n’ai pas besoin de leçons, je préfère m’en aller !

Rachel – Eh bien faites donc ! Au revoir, goujat.

Golgoth – Au revoir, l’alcoolo !

Les personnages s’en vont d’un air énervé.

 

Scène écrite par Hugo et Quentin, 609

mars 26th, 2019

Atelier poésie performée Slams de Dounya

J’accuse

J’accuse les séries de nous voler nos vies

J’accuse les Disney de trop nous faire rêver

Je nous accuse d’accuser, et de ne pas agir après, pour enfin tout changer

 Mensonge

Mensonge qui te ronge

Chez ta famille le mensonge est là

Chez tes amis le mensonge est aussi

Mensonge qui te hante

Dans ta voix le mensonge s’entend

Dans tes yeux le mensonge est aussi

Mensonge qui te mange

Dans ton bureau le mensonge s’écrit

Dans ton lit le mensonge est aussi

Tu mens et tu songes, dans le plus profond de tes mensonges

 Le privilège

Désireuse d’amour, de paix

Auprès de ma famille je les ai

Auprès de mes amis je les ai

Malheur je suis dans le bon pays !

Et que désirent les autres ?

Ils désirent comme moi

Amour et paix, famille et amis

Mais ils sont oubliés, entourés par les bombes, les explosions

Plus aucune famille, plus aucun amour, plus aucun plaisir

Et moi je me plains de mon abrutie de sœur, alors qu’eux désirent en avoir une

Je me plains de mes parents alors qu’eux veulent les retrouver

La famille c’est important, l’amour, la paix aussi

Malheureusement, nous sommes des privilégiés

 

                                                                                                                       Dounya, 605

mars 26th, 2019

Atelier poésie performée Slams de Lydia

J’accuse

J’accuse la famille de dicter les lois

Si ça ne te plaît pas prends tes bagages et barre-toi

J’accuse les médecins de dire : « Fais-ci, fais-ça »

Comme si c’était aussi simple que ça.

Rupture

Hier t’étais là à critiquer cette fille là-bas,

Mais t’es qui toi pour dire ça,

Et maintenant cette fille-là, elle est devant toi,

Et elle va te lâcher un « J’ai pas le temps pour toi. »

C’est toujours pareil avec toi,

Tu dis que tu seras toujours là pour moi,

Mais un jour tu t’en iras loin de moi.

Je ferme les yeux avec les années qui passent,

A une vitesse qui me dépasse, lentement je m’en remets

Les yeux fermés

Lydia, 605