28 octobre 2011

Quand je serai roi : Une fresque sociale au cynisme décapant

Le roman Quand je serai roi commence par une scène choc : Le Nopal, surnom du jeune Jorge Osuna, est absorbé dans les rêves et visions hallucinatoires que lui délivre la colle qu’il inhale.

Sous l’égide de cette scène  qui bouscule le lecteur, voilà  commencée une fresque sociale du Mexique, à travers des chapitres qui explorent tour à tour l’univers de Carmen, la mère de Jorge, Marcos Valladares, le directeur de Radio familiale, et les microcosmes familiaux et sociaux où ils évoluent. Enrique Serna nous donne accès à un Mexico déshérité, mais aussi à celui des quartiers chics, dans une écriture où la noirceur, le cynisme éclairent sans concession les travers des personnages et d’une société.

Chez le « Nopal », le lecteur écoute le cri étouffé d’une souffrance engluée, la quête d’un jeune garçon, l’absence mystérieuse du père ;  mais en plongeant à travers le brouillard de ses hallucinations, il découvre aussi le portrait au scalpel de la violence et la bassesse qui gouverne les adultes et rejaillit sur les enfants.  En effet, de l’autre côté du monde de Jorge, celui de Marquitos, fils du riche directeur de la radio, engagé dans une course stérile à la possession d’armes à feu : quel avenir pour des enfants qui jouent avec la mort ? La réponse dans la scène centrale du roman qui rapproche avec maestria les destins des deux familles.

Ardu voyage au cœur de ce monde sans repères, où le rôle de héros devrait curieusement être confié à des enfants martyres ! Un roman à l’écriture énergique qui permet, par ricochet, de porter un regard neuf,  un regard pourvu de plus d’acuité sur notre société, sur la construction ou la destruction de ses valeurs.

N’hésitez pas à faire par de vos réactions de lecture, et à formuler dans les commentaires les questions que vous aimeriez poser à l’auteur le 5 novembre.

FB

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