mars 26th, 2019

Un jeu dangereux

    Le jeu du chat et de la souris est un roman écrit par A Yi et édité en 2017 par les éditions Stock. L’auteur est né en 1976 en Chine dans la province de Jiangxi, d’abord policier il est ensuite devenu journaliste. Il a écrit plusieurs nouvelles et une autobiographie mais Le jeu du chat et de la souris est son premier roman. A Yi s’est inspiré d’un fait réel survenu en Chine en 2006 pour écrire son livre.

    Le roman relate l’histoire d’un adolescent chinois qui par ennui tue sa camarade de classe de trente-sept coups de couteau avant de prendre la fuite. Tout cela était planifié. Pendant plusieurs jours il va fuir la police et même penser à se suicider. Finalement un jour il se rend à la police, va être jugé et condamné à mort. Il n’y a qu’un seul personnage principal même si on peut en compter plusieurs secondaires comme la mère du héros, la camarade de classe assassinée, sa mère le juge…

    Plusieurs thèmes sont abordés dans ce livre notamment l’adolescence, l’ennui des jeunes chinois, le crime et le remords ainsi que la société chinoise. En effet dans ce livre le jeune héros est un adolescent qui s’ennuie c’est pour ça qu’il va commettre ce meurtre, dans une entrevue A Yi dit que lui aussi lorsqu’il était enfant il s’ennuyait comme beaucoup de chinois.

    L’auteur a écrit ce livre à la première personnage du singulier, il a choisi de nous donner accès aux pensées du personnage et à ses souvenirs, plusieurs fois dans le roman un ou deux paragraphes racontent un moment du passé à travers les yeux du héros.

    J’ai bien aimé ce livre, l’intrigue est très intéressante et le scénario est original. L’auteur a choisi d’écrire son roman à la première personne, j’apprécie ce choix car ça nous donne accès aux pensées profondes du personnage. Le protagoniste me plait beaucoup, il est énigmatique et la manière dont il pense est différente de celle de la plupart des gens. A Yi écrit de telle façon que l’on peut bien s’imaginer les paysages de la Chine. J’aime les choix du personnage même s’ils peuvent parfois étonner, ce sont des choix inhabituels et c’est ce qui fait l’originalité du récit.

Thaddée, 605

mars 25th, 2019

Poursuis-moi, on verra si tu m’attrapes…

Le jeu du chat et de la souris est un roman réaliste de l’auteur chinois A Yi.

Inspiré d’un fait divers, l’auteur met en scène un adolescent d’environ 15 ans, qui n’est pas nommé du début à la fin du livre. Ce jeune homme a été abandonné par ses parents aux mains de sa tante, qui le méprise et l’humilie à longueur de temps, alors un jour, l’ado décide de mettre un terme à tout ça et tue une de ses camarade de classe. S’ensuit une fuite à travers la Chine, où l’adolescent est poursuivi par la police, et celui-ci leur échappe inlassablement.

Le thème de l’adolescence est abordé de façon plus crue, on est plongé dans la tête d’un ado qu’on pourrait presque qualifier de psychopathe, et ça fait assez bizarre quand on y est pas habitué ; d’autant plus que le style d’écriture est caractéristique de l’écriture asiatique, c’est-à-dire dénué d’émotions, ce qui peut surprendre quand on ne sait pas à quoi s’attendre, surtout que ce roman a une part de réalisme due à son inspiration de fait divers.

Parmi tous les romans de la sélection, celui-ci est bien le seul que j’ai aimé et lu en entier. Les actions se déroulent vite et s’enchaînent parfaitement, l’absence d’émotions décrites me permet d’y mettre mes propres émotions, l’absence de prénom pour le personnage me permet de rester focalisée sur son histoire et ses actions et de ne pas me perdre en tergiversation, autour de la prononciation de son prénom par exemple.

Aussi, lorsque j’ai lu ce livre, je l’ai trouvé très juste, pratiquement tous les ados pensent à étriper quelqu’un, ça peut être l’un de leur parent, un professeur, un ami, un camarade, etc…Mais peu vont jusqu’à le faire, la majorité se contentant juste d’y penser très fort. Il est vrai que de notre point de vue en tant que lycéen d’une grande ville de la France métropolitaine, les actions de ce jeune peuvent paraître énormes et graves, mais en prenant du recul, il y a des pays où c’est presque banal de voir un/e camarade de classe tué/e, comme aux États-Unis par exemple.

Je trouve que ce roman nous fait beaucoup réfléchir sur l’adolescence mais pas uniquement, aussi sur la banalité de quelque chose en fonction du lieu où ça se déroule, mais aussi des circonstances. Si dans le roman le personnage est condamné à mort après qu’il se soit laissé attraper par ennui, il y a des endroits où il aurait juste été enfermé jusqu’à sa majorité.

C’est terrible de réaliser ce genre de chose et c’est ce livre passionnant et attractif qui m’a permis de m’en rendre compte.

Suzanne, 605

mars 24th, 2019

Au nom du père

Qui a tué mon père est un roman écrit par Edouard Louis, il est né le 30 octobre 1992 en France  après des études longues,  il devient écrivain et écrit plusieurs romans. Qui à tué mon père parle d’un homme qui va voir son père en mauvais état. L’homme parle de l’enfance qu’il a eu, le fait que son père l’ignorait plus qu’autre chose ou que sa mère l’ait déjà insulté pour son attitude.

Le livre est plutôt facile à lire et même court. L’homme parle de  son père et de plusieurs événements. Il parle du fait que son père le dénigrait à cause de son côté féminin. Il raconte plusieurs anecdotes comme la fois où il a chanté avec ses amis devant leurs parent et que son père était parti pour fumer  dehors et cacher sa honte. Aussi, il parle de ce qu’est devenu son père, de ce que le travail et l’état lui a fait. L’auteur trouve que son père est devenu fragile et qu’il pourrait mourir n’importe quand, il a peur pour son père. Il accuse l’état d’avoir tué son père avec les lois et le reste.

J’ai trouvé agréable de lire ce livre, il est court mais intéressant il parle de  faits variés et surtout, ce n’est pas ennuyeux.

Hugo-René 605.

mars 24th, 2019

L’ado chinois qui s’ennuyait

Le jeu du chat et de la souris est un roman écrit par A Yi et édité en 2017 par les éditions Stock. L’auteur est né en 1976 en Chine dans la province de Jiangxi. Il a écrit plusieurs nouvelles et une autobiographie mais Le jeu du chat et de la souris est son premier roman, il est réputé dans toute la Chine grâce à celui ci . A Yi s’est inspiré d’un fait réel survenu en Chine en 2006 pour écrire son livre.

Le roman raconte l’histoire d’un adolescent chinois qui par ennui tue sa camarade de classe de coups de couteau avant de prendre la fuite. Tout cela était planifié. Pendant plusieurs jours il va fuir la police et même penser à se suicider. Finalement un jour, il se rend à la police, va être jugé et condamné à mort. Il n’y a qu’un seul personnage principal même si on peut en compter plusieurs secondaires comme la mère du héros, la camarade de classe assassinée, le juge et plus encore.

L’auteur a écrit ce livre à la première personne, il a accès aux pensées du personnage et à ses souvenirs, on peut donc facilement s’identifier à lui. Dans ce roman il y a plusieurs thèmes qui sont abordés notamment l’adolescence, l’ennui des jeunes, le crime et le remords ainsi que la société chinoise. En effet, dans ce livre le jeune héros est un adolescent qui s’ennuie c’est pour ça qu’il va commettre ce meurtre. Dans une entrevue, A Yi dit que lui aussi lorsqu’il était enfant il s’ennuyait comme beaucoup de jeunes adolescents de Chine.

J’ai énormément aimé ce livre contre toute attente. Pour commencer, le livre a un synopsis vraiment intriguant, il est très accrocheur et c’est ce qui m’a attiré en premier. L’auteur a choisi d’écrire son roman à la première personne, j’apprécie ce choix car on peut se mettre à la place du personnage… En revanche ce qui ne m’a pas plu était l’excès de description et le manque de dialogue qui rendaient la lecture très fatigante intellectuellement. De plus l’histoire était un peu décevante à cause du manque d’action, du début jusqu’à la fin le fait qu’on ne connaîtra jamais le nom du héros puisqu’il n’a été précisé nulle part est très frustrant.

Ce livre permet de réfléchir et se poser de réelles questions sur la vie.

 Raphael VERDEIL         605

mars 7th, 2018

Une vision future dans un monde post apocalyptique.

Dans la forêt  est un Roman de Jean Hegland paru en 1996 aux États-Unis qui à été traduit en Français en 2017 par Josette Chicheportiche et publié par les éditions Gallmeister.

Jean Hegland est une écrivaine américaine née en 1956 à Pullman, dans l’état de Washington. Elle vit au Nord de la Californie, dans les forêts où elle fait de l’apiculture et de l’écriture.  Dans la forêt  est son premier livre, elle en a écrit deux autres. Windfalls en 2004 et Still time en 2015 qui ne sont pas traduits en français. 

L’histoire se place dans notre monde, avec une différence, il n’y a plus d’électricité ni d’essence, les transports comme les trains et les avions ne circulent plus. Nous suivons l’histoire de deux sœurs, Nell et Eva, qui ont dix-sept et dix-huit ans. Nell est passionnée par la lecture et souhaite entrer à Harvard. Eva, elle, est passionnée par la danse et souhaite devenir danseuse. Les deux filles ont perdu leur mère. Elles habitent avec leur père dans une maison dans les bois mais vont le perdre après un accident qui le tuera. Nous suivons donc leurs péripéties, leurs moments de tendresse, leurs moments tristes, leurs problèmes et leurs folies.

Je suis mitigé sur le livre. Il est long et lent. Si vous ne vous intéressez pas suffisamment à l’histoire,vous risquez de vous ennuyer et de l’abandonner ou encore prendre beaucoup de temps pour le finir.

D’autre part, le fait que l’histoire est vue à travers le point de vue d’une des deux filles, Nell, qui écrit dans son journal ses journées, nous donne une proximité avec elle et sa sœur. Le livre est écrit de manière à nous faire vivre une grande palette d’émotions comme la tristesse lors de la mort de leur père, page 122 « Il est mort en même temps que le soleil se couchait. » ou le désespoir de Nell lorsqu’elle voyait leur père se blesser avec la tronçonneuse page 121 « L’unique échappatoire, je le voyais, ouvrait sur la folie » ou à la page 129 où sa sœur veut lui faire comprendre qu’elle va devenir folle si elle ne danse pas sur de la musique « Elle a répondu d’une voix virulente et désespérée à la fois. J’ai besoin de danser Nell. Je dois danser sur de la musique. Juste quelques minutes. Pour me donner du courage ». Mais on ne ressent pas que des émotions négatives, la joie aussi est présente comme à la page 128 où les filles trouvent de l’essence, une ressource devenue très rare « Tout l’après-midi notre joie nous a stimulée – nous avions de l’essence, de l’essence, de l’essence ! et grâce à elle, nos problèmes étaient pour ainsi dire résolus. ».

Au final, ce livre est objectivement bon avec plus de qualités que de défauts mais pour moi la longueur dans les descriptions et la lenteur du texte me gâche quelque peu l’expérience que ce livre veut nous donner.

Je conseille ce livre pour les personnes à qui les descriptions longues ne font pas peur.

Anton, 606

mars 6th, 2018

Un Liborio pauvre mais libre

Gabacho a été écrit par Arua Xilonen qui est une jeune romancière née en 1995 au Mexique et qui fait des études de cinéma. Ce roman est son tout premier ouvrage et il a eu un succès considérable.

Cette œuvre raconte la vie d’un jeune immigré mexicain de 17 ans prénommé Liborio vivant aux Etats-Unis. Ce dernier travaille dans une modeste librairie où il loge et gagne à peine de quoi se nourrir.

Durant le récit, il tombera amoureux d’une fille de la bibliothèque se nommant Aireen. Ce fut un réel coup de foudre !

Malheureusement de nombreux problèmes l’emmènent à être hébergé à « La Casa del Puente » où il fera la rencontre de personnes sympathiques et qui lui tendront la main dans la difficulté. C’est grâce à ses personnes là évidemment que Liborio pourra relever la tête et aller de l’avant lorsque ça allait mal. C’est en ce lieu qu’il débutera sa carrière de boxeur.

Dans cet ouvrage, l’auteur nous fait parvenir les émotions et les sentiments du personnage de manière assez claire, avec notamment des descriptions de gestes et de pensées des plus précises. Tout comme l’illustre ces passages : « Mon cœur s’évaporait par tous les pores de ma peau »,

J’ai absolument adoré ce roman car son langage familier casse la barrière du langage qu’il y a d’habitude entre nous, les jeunes, et le style de la plupart des romans. Cela ne fait que faciliter l’identification au personnage principal et donc nous permettre de nous imprégner de son histoire. Il y a notamment beaucoup d’action dans ce roman et beaucoup d’humour. Le roman était caractérisé tout comme le personnage principal par la bagarre, et nous remarquons cela dès le début du roman par une grosse mêlée qui introduit cette histoire. Je trouvais aussi assez drôle la manière de s’exprimer de Liborio qui quand il s’énervait,  ne pouvait s’empêcher de dire des insultes et pas forcément en français comme : « qu’ils aillent se faire foutre », « bordel de merde », « fuck you, son of a bitch, illegal beaner ».

Ce roman nous montre que même si la vie peut-être dure à vivre parfois, des personnes peuvent l’éclairer et vous faire sortir de l’ombre de la difficulté.

Je vous conseille très fortement de lire ce livre, vous ne serez pas déçu au contraire !

Bonne lecture !

Ridwan, 606

mars 2nd, 2018

La face cachée de l’Orient

Zerocalcare ou plutôt Michele Rech est un auteur de BD Italien, né en le 12 décembre 1983 et qui a vécu à Rebibbia, un quartier populaire de la zone Est de Rome et qui abrite une prison et un mammouth. Il a obtenu deux fois d’affilée le prix XL en 2012 et 2013 et le prix Michelluzi 3 fois dont un pour la BD Kobane Calling.Mammuth_by_Zerocalcare_01

 

Kobane Calling est une BD qui raconte l’histoire des deux voyages du dessinateur dans la région du Kurdistan qui s’étend dans le sud-est de la Turquie, dans le nord-est de l’Irak, dans le nord-ouest de l’Iran et sur deux petites régions au nord-est et au nord-ouest de la Syrie. Il y rencontrera des membres du YPJ (Yekîneyên Parastina Jin: unité de protection de la femme) et des membres du PKK (Partiya Karkerên Kurdistan: Parti des Travailleur du Kurdistan).

Son premier voyage se déroule à Mesher, un petit village en Turquie a un kilomètre du front avec Daech puis dans un camp de réfugiés où il découvrira leur mode de vie et leur organisation et où l’on verra que les femmes ont une place importante dans leur20180226_114941-1[1] société et ne sont pas persécutées  comme dans les préjugés des médias.

Lors de son second voyage, Zérocalcare ira a Kobané et rencontrera des membres du YPJ avec qui il fera le voyage du Canton de Cizre à Kobané  où il rencontrera les résistants  à Daech et l’horreur de cette guerre. Il ira aussi dans les montagnes de Quandil pour rencontrer les Membres du PKK qui sont considérés comme des terroristes par l’état Turc alors que ce sont les seuls avec les YPG et YPJ à vraiment se battre contre Daech.

Ils feront la rencontre de Hevàl Cuma le second fondateur du PKK après le président Öcalan; et le dessinateur ira passer quelques jours dans les Montagnes Quandil avec un groupe de femme du PKK. On apprend que certaines ont rejoint le PKK car elles étaient maltraitées.

Tout d’abord, j’ai aimé ce livre car le récit est bien fait, les dessins sont simples mais jolis et les décors et arrières-plans sont très bien faits. De plus, les vignettes en noir nous décrivent très bien l’horreur de cette guerre.

p153                                        p47                                        p194

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L’auteur nous fait aussi parvenir ses pensées au moment de l’histoire et fait aussi de l’uchronie pour cela il utilise souvent des caricatures ou des personnifications et il faut avoir les références pour comprendre.

exemple de caricature:

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exemple d’uchronie:

p88                                          p127

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Cette BD est aussi pleine d’humour il arrive à nous faire rire avec certaines de ses peurs ( comme les lentilles au petit déjeuner) ou avec son addiction au chaï (« une sorte de thé ») mais aussi de certaines choses vraies et parfois pas des plus plaisantes qu’il caricature en simplifiant la réalité de sortes à ce qu’elle fasse rire.

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1-p136 sa peur de savoir s’ ils vont avoir des lentilles pour le petit déjeuner

2-p156 son addiction au chaï

3-p29 caricature de comment ils  propagent leur terreur

 

Et ce n’est pas tout, en plus de toutes ces qualités de BD, cette oeuvre parle du rôle des femmes au Kurdistan et montre qu’elles ne sont pas obligées de porter un voile ou de rester au foyer mais elles peuvent aussi se révolter, faire la guerre ou même diriger un groupe ou un pays. Elles sont aussi autoritaires et respectées et elles occupent un place importante dans la résistance contre Daech.

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1-p36 quand Newroz lui parle de leur révolution

2-p38 compare les action des femmes et celles des politiciens

Cette BD nous montre aussi ce que l’État Turc essaye de cacher et elles nous apprend la vérité des choses sur la situation du Kurdistan et non l’image des médias qui instrumentalisent le moindre mort et qui montrent le contraire des choses sans rentrer dans les détail et ne parlent principalement que des conflits.

p248 image des actions de ceux qui vivent la guerre20180226_144013[1]

 

 

Pour finir j’ai beaucoup aimé cette BD et je vous la recommande, les dessins sont biens faits, l’histoire est intéressante grâce aux  thèmes abordés et en plus elle est humoristique, ce qui nous permet d’être captivés malgré les longs dialogues qui sont souvent ennuyeux dans des BD. Si vous voulez savoir ce qui se passe au Kurdistan et avoir un petit moment de détente et de rire, je vous la conseille fortement.

 

p.s.: désolé pour les images coupeés; si vous voulez les voir mieux il vous suffit de les sélectionner.

 

 

 

Pablo, 606

février 21st, 2018

Gabacho : Une histoire d’amour sur fond de baston.

Nous allons suivre les galères d’un jeune garçon, Liborio, qui se heurte au racisme.
Aura Xilonen est née au Mexique en 1995. Après une enfance marquée par la mort de son père et des mois d’exil forcé en Allemagne,chez sa tante,elle passe beaucoup de temps chez ses grands-parents, s’inspirant de leur langage imagé et de leurs expressions populaires. Elle a seulement dix-neuf ans lorsqu’elle reçoit le prestigieux prix Mauricio Achar pour son premier roman, Gabacho. Aura Xilonen étudie actuellement le cinéma à la Benemérita Universidad Autónoma de Puebla.
À travers le personnage Liborio, Aura Xilonen va s’inspirer des personnes qu’elle a rencontrées. Ce n’est pas une autobiographie proprement dite mais le roman est inspiré de la vie et de la famille d’Aura Xilonen. Le grand père de l’auteur s’appelle Liborio comme le personnage principal de ce roman.  Ce roman se passe à notre époque et évoque la vie des migrants mexicains qui sont prêts à tout pour rentrer aux Etats-Unis. D’ailleurs, le grand père de l’auteur avait essayé lui aussi de traverser la frontière.
Liborio n’a rien à perdre et peur de rien. Enfant des rues, il a fui son pays natal le Mexique et il a risqué sa vie en traversant la frontière pour commencer une nouvelle vie en Amérique. Cela sera pour lui une deuxième naissance. Il est le narrateur du roman, il raconte ses galères de jeune clandestin. Il va rencontrer des gens parfois bienveillants et d’autres qui veulent sa peau. Dans la ville du sud des États-Unis où il s’est réfugié, il trouve un petit boulot dans une librairie hispanique, il lit tout ce qui lui tombe sous la main, fantasme sur la jolie voisine (Aireen) et ne craint pas la bagarre……

Je trouve très intéressant ce roman car l’histoire  commence par un combat et s’achève par un combat d’un autre style. Dans le premier combat, Liborio n’a que ses poings pour se battre. Il réagit comme un animal, psychologiquement il fonctionne avec son instinct. Trois personnages vont être très importants pour lui :

-      Pépé : qui va lui sauver la vie deux fois.

-      Le Boss : qui va lui permettre de découvrir la lecture et les mots même s’il est parfois difficile avec Liborio.

-      Et surtout Aireen : c’est un personnage aérien, qui passe dans la vie de Liborio comme un souffle de vent et qui moralement va sauver Liborio : « Mon cœur s’évaporait par tous les pores de ma peau ». Il est tellement amoureux d’elle, qu’il ne peut vivre qu’avec elle jusqu’à son dernier souffle. Liborio donne beaucoup d’amour à cette fille et Aireen lui donne aussi beaucoup d’amour : « L’amour, je crois que ça peut s’admirer comme une œuvre d’art ». C’est grâce à Aireen que Liborio va aller vers l’écriture et va exprimer tous ses sentiments et écrire des lettres pour elle. Elle va amener Liborio à prendre conscience, à réfléchir sur sa vie passée et future. J’ai adoré aussi un autre passage de ce livre : « Ce que l’amour ne tue pas, le désamour le détruit, vérité de Dieu » !
Grâce à ces trois personnages, Liborio va créer des liens affectifs. Il va se construire. Il va canaliser sa colère, s’entrainer, apprendre une technique de boxe et ainsi le roman se termine sur un combat beaucoup plus digne.
J’ai apprécié la manière dont Aura Xilonen a construit ce roman. Elle a inséré des parties du journal intime de Liborio au passé dans un récit principal au présent. Les événements que vit Liborio lui font penser à des choses vécues dans son passé et ainsi le passé va être inséré au cours de l’histoire pour tisser le roman: la fuite de chez la journaliste, pied-nus dans la nuit lui rappelle la course poursuite avec les watchmans dans le désert. J’ai aimé cette construction et j’ai adoré l’idée que ces insertions soient des lettres pour Aireen. Les lettres et le récit au présent sont écrits avec deux typographies différentes.
J’ai trouvé l’écriture très intéressante: l’auteur a employé des mots qui surprennent : « bluesesques, jazzesques, soulesques, arabesques, thermopylo-jupitériennes….. ». L’auteur a imaginé un langage propre à Liborio. Liborio absorbe tout, il prend tous les mots des livres hispaniques et il les mélange avec les mots de la rue. Il mélange des mots anglais avec des mots espagnol comme Aireen, cela donne un spanglish : « Je crois qu’on va devenir de good friends, tous les deux, you know ». Grâce à cette écriture les personnages sont vivants et réels. Les dialogues ont beaucoup d’humour. J’ai trouvé l’écriture drôle, j’ai trouvé intéréssant que Liborio garde sa culture en parlant spanglish. Je note au passage que le travail du traducteur est excellent, Julia Chardavoire a très bien traduit l’univers littéraire d’Aura Xilonen.
Donc j’ai bien aimé ce livre, cependant, je ne suis pas complétement enthousiaste car j’ai trouvé les mots d’argots difficiles et la fréquence des mots grossiers un peu trop lourde : « connard ! »,  « trou de balle, fils de pute », « qu’ils aillent se faire foutre », « bordel de merde », « fuck you, son of a bitch, illegal beaner »…………….

Ce livre est néanmoins intéressant et mérite un prix ! L’histoire de ce jeune garçon m’a beaucoup touchée : « Je suis ma propre maison, un point c’est tout. Et la ceinture, c’est le seul truc que j’enlève jamais », « le soleil, c’est lui qui donne la vie mais il peut la prendre aussi »  à travers ces citations je ressens la peine des pauvres  migrants qui vivent une vie vraiment très difficile, douloureuse et triste ! Les personnages sont attachants de ce livre, je pense encore à Naomi, au grand-père d’Aireen: « un homme ça doit toujours garder sa dignité, je veux dire, sa verticalité, jusqu’au dernier instant de sa vie», à Pépé:« le soleil, c’est lui qui donne la vie mais il peut la prendre aussi » et à tous ses migrants qui risquent leur vie.

Je fais le lien avec le livre de Gaël Faye Petit pays  où Gabriel tout comme Liborio, va grandir grâce à la découverte de la lecture! La formation cinématographique d’Aura Xilonen, transparait dans son roman: les dialogues, les flashback, le fait que les personnages principaux apparaissent dés les premières pages du livre (Aireen, le boss, le directeur de la pension).

Ce livre ferait un film passionnant!

Florence, 606

février 11th, 2018

GABACHO, une histoire pas comme les autres…

Gabacho, tel est le titre du livre critiqué aujourd’hui.

Ce titre comportant un mot d’origine latine nous interpelle, il nous fait penser à du Gaspacho ou Carpaccio… cela nous incite à le découvrir, à l’avaler. De plus, la première et quatrième  de couverture de couleur jaune  nous captive, nous donne envie de révéler ce qui se cache sous celles-ci.

Il est écrit par une jeune femme qui a à présent 22 ans,  provenant du Mexique, appelée Aura Xilonen. Gabacho est son premier roman et il sort du commun, ce n’est pas un livre comme les autres… Mais tout d’abord centrons nous sur cette jeune artiste.

Née au Mexique en 1995 Aura Xilonen a eu une enfance marquée par le décès de son père et de nombreux mois d’exil en Allemagne, par la suite elle passe ses journées chez ses grands-parents. Leur langage imagé et leurs expressions obsolètes la marque. A ses dix-neuf ans seulement elle écrit cette œuvre grâce à laquelle elle gagne le prodigieux prix Mauricio Achar. Aujourd’hui Gabacho a déjà été traduit en huit langues. De nos jours, Aura Xilonen étudie à la Benemérita Universidad Autónoma de Puebla le cinéma.

L’Histoire parle donc d’un jeune garçon, appelé Liborio, provenant des quartiers chauds du Mexique. Misérable, il décide d’aller à la recherche du Americain Dream en traversant la frontière entre son pays d’origine et la terre où tout est possible, tout en risquant sa vie. Liborio narre sa propre histoire, nous raconte ce qu’il vit, ce qu’il sent, partage tout avec nous. Ceci nous rapproche beaucoup du personnage.

En arrivant donc aux Etats-Unis sans rien de plus que son t-shirt, short et caleçon trempés, car il traverse la frontière à la nage, il est en recherche de travail, d’un petit boulot qui lui permette d’avoir un plat face à lui au moins trois fois par jour. Il est finalement embauché dans une librairie hispanique qui le nourrit, le blanchit et héberge. Le garçon a un don pour la bagarre et interpelle de nombreuses personnes grâce à des vidéos postées sur YouTube. Ce talent est accompagné d’un caractère fort, c’est un garçon qui ne jette jamais l’éponge, qui n’a rien à perdre et n’a peur de rien !

En plus de toutes les querelles, le jeune Liborio tombe follement amoureux d’une jeune fille, dont vous découvrirez le nom avec lui à travers les pages. Cette histoire donc de lutte et d’amour est écrite dans un registre très familier ce qui nous met en complicité avec le narrateur, surtout pour nous jeunes lecteurs. L’auteur arrive donc à nous présenter un personnage attachant qui mène une dure vie mais qui nous montre que tout est possible. De plus, ce langage de rue permet d’avoir des passages très humoristiques. L’histoire est également composée de retours en arrière qui nous clarifient des passages et nous racontent un peu plus de sa vie, ceci nous approche encore beaucoup de Liborio.

J’ai beaucoup aimé ce livre, il est donc différent des autres avec de l’action dès de début jusqu’à la fin. Il reflète aussi une réalité de notre monde avec tous les immigrés et problèmes de la vie quotidienne de certaines personnes tout en racontant une incroyable histoire.

Gabacho présente une grande leçon de vie: c’est que même quand on pense qu’on est au bout, que tout est fini et qu’il n’y a plus de sortie, tout est possible, si on le veut on peut, si on se donne les moyens on peut, si on travaille dur on peut… Il faut y croire et persévérer.

J’espère que cette critique vous donnera envie de lire Gabacho et si c’est le cas, que vous prendrez plaisir à le faire.

Bonne lecture !

Eric, 606

 

février 7th, 2018

Into the Forest of Nell

Jean Hegland est née en 1956 dans l’État de Washington. Après avoir accumulé les petits boulots, elle devient professeur en Californie. À vingt-cinq ans, elle se plonge dans l’écriture, influencée par ses auteurs favoris, William Shakespeare, Alice Munro et Marilynne Robinson.

Son premier roman Dans la forêt paraît en 1996 et rencontre un succès éblouissant. Elle vit aujourd’hui au cœur des forêts de Californie du Nord et partage son temps entre l’apiculture et l’écriture.

Portrait de la romancière

 Il existe une adaptation en film de ce livre,Into the Forest avec Ellen Page et Evan Rachel Wood dans les rôles principaux, ce film est sorti en Mai 2017 sur Netflix. 

Ce livre raconte l’histoire de deux jeune filles qui  se nomment Nell et Eva 17 et 18 ans.  Elles vivent dans leur maison familiale depuis qu’elles sont nées, cette demeure est située dans la forêt.  Elles sont isolées du monde.

Un jour la civilisation s’effondre et  leurs parents disparaissent, elles restent seules sans aucune aide.  Bien décidées à survivre elles s’éloignent de plus en plus de leur côté humain.  Confrontées à la nécessité de survivre, elles vont devoir se battre face à l’inconnu et faire confiance à la forêt qui reste immobile autour d’elles.

Il leur reste quand même un côté humain comme leur passion de la danse et de la lecture.

Ce livre n’est pas à mon goût car l’histoire commence vraiment après une cinquantaine de page de lecture, le rythme est assez lent et ça ne donne pas envie de lire. Le début du roman est basé essentiellement sur des histoire passées avant la disparition de leurs parents comme par exemple le jour de Noël en famille.

En revanche, quand  commence la vraie aventure des adolescentes on s’enfonce profondément dans l’histoire américaine de survie, un roman réaliste et saisissant sur la fin de notre civilisation de consommation où l’essence, l’électricité viennent à manquer.

 

                          Nathan 606