février 21st, 2018

Gabacho : Une histoire d’amour sur fond de baston.

Nous allons suivre les galères d’un jeune garçon, Liborio, qui se heurte au racisme.
Aura Xilonen est née au Mexique en 1995. Après une enfance marquée par la mort de son père et des mois d’exil forcé en Allemagne,chez sa tante,elle passe beaucoup de temps chez ses grands-parents, s’inspirant de leur langage imagé et de leurs expressions populaires. Elle a seulement dix-neuf ans lorsqu’elle reçoit le prestigieux prix Mauricio Achar pour son premier roman, Gabacho. Aura Xilonen étudie actuellement le cinéma à la Benemérita Universidad Autónoma de Puebla.
À travers le personnage Liborio, Aura Xilonen va s’inspirer des personnes qu’elle a rencontrées. Ce n’est pas une autobiographie proprement dite mais le roman est inspiré de la vie et de la famille d’Aura Xilonen. Le grand père de l’auteur s’appelle Liborio comme le personnage principal de ce roman.  Ce roman se passe à notre époque et évoque la vie des migrants mexicains qui sont prêts à tout pour rentrer aux Etats-Unis. D’ailleurs, le grand père de l’auteur avait essayé lui aussi de traverser la frontière.
Liborio n’a rien à perdre et peur de rien. Enfant des rues, il a fui son pays natal le Mexique et il a risqué sa vie en traversant la frontière pour commencer une nouvelle vie en Amérique. Cela sera pour lui une deuxième naissance. Il est le narrateur du roman, il raconte ses galères de jeune clandestin. Il va rencontrer des gens parfois bienveillants et d’autres qui veulent sa peau. Dans la ville du sud des États-Unis où il s’est réfugié, il trouve un petit boulot dans une librairie hispanique, il lit tout ce qui lui tombe sous la main, fantasme sur la jolie voisine (Aireen) et ne craint pas la bagarre……

Je trouve très intéressant ce roman car l’histoire  commence par un combat et s’achève par un combat d’un autre style. Dans le premier combat, Liborio n’a que ses poings pour se battre. Il réagit comme un animal, psychologiquement il fonctionne avec son instinct. Trois personnages vont être très importants pour lui :

-      Pépé : qui va lui sauver la vie deux fois.

-      Le Boss : qui va lui permettre de découvrir la lecture et les mots même s’il est parfois difficile avec Liborio.

-      Et surtout Aireen : c’est un personnage aérien, qui passe dans la vie de Liborio comme un souffle de vent et qui moralement va sauver Liborio : « Mon cœur s’évaporait par tous les pores de ma peau ». Il est tellement amoureux d’elle, qu’il ne peut vivre qu’avec elle jusqu’à son dernier souffle. Liborio donne beaucoup d’amour à cette fille et Aireen lui donne aussi beaucoup d’amour : « L’amour, je crois que ça peut s’admirer comme une œuvre d’art ». C’est grâce à Aireen que Liborio va aller vers l’écriture et va exprimer tous ses sentiments et écrire des lettres pour elle. Elle va amener Liborio à prendre conscience, à réfléchir sur sa vie passée et future. J’ai adoré aussi un autre passage de ce livre : « Ce que l’amour ne tue pas, le désamour le détruit, vérité de Dieu » !
Grâce à ces trois personnages, Liborio va créer des liens affectifs. Il va se construire. Il va canaliser sa colère, s’entrainer, apprendre une technique de boxe et ainsi le roman se termine sur un combat beaucoup plus digne.
J’ai apprécié la manière dont Aura Xilonen a construit ce roman. Elle a inséré des parties du journal intime de Liborio au passé dans un récit principal au présent. Les événements que vit Liborio lui font penser à des choses vécues dans son passé et ainsi le passé va être inséré au cours de l’histoire pour tisser le roman: la fuite de chez la journaliste, pied-nus dans la nuit lui rappelle la course poursuite avec les watchmans dans le désert. J’ai aimé cette construction et j’ai adoré l’idée que ces insertions soient des lettres pour Aireen. Les lettres et le récit au présent sont écrits avec deux typographies différentes.
J’ai trouvé l’écriture très intéressante: l’auteur a employé des mots qui surprennent : « bluesesques, jazzesques, soulesques, arabesques, thermopylo-jupitériennes….. ». L’auteur a imaginé un langage propre à Liborio. Liborio absorbe tout, il prend tous les mots des livres hispaniques et il les mélange avec les mots de la rue. Il mélange des mots anglais avec des mots espagnol comme Aireen, cela donne un spanglish : « Je crois qu’on va devenir de good friends, tous les deux, you know ». Grâce à cette écriture les personnages sont vivants et réels. Les dialogues ont beaucoup d’humour. J’ai trouvé l’écriture drôle, j’ai trouvé intéréssant que Liborio garde sa culture en parlant spanglish. Je note au passage que le travail du traducteur est excellent, Julia Chardavoire a très bien traduit l’univers littéraire d’Aura Xilonen.
Donc j’ai bien aimé ce livre, cependant, je ne suis pas complétement enthousiaste car j’ai trouvé les mots d’argots difficiles et la fréquence des mots grossiers un peu trop lourde : « connard ! »,  « trou de balle, fils de pute », « qu’ils aillent se faire foutre », « bordel de merde », « fuck you, son of a bitch, illegal beaner »…………….

Ce livre est néanmoins intéressant et mérite un prix ! L’histoire de ce jeune garçon m’a beaucoup touchée : « Je suis ma propre maison, un point c’est tout. Et la ceinture, c’est le seul truc que j’enlève jamais », « le soleil, c’est lui qui donne la vie mais il peut la prendre aussi »  à travers ces citations je ressens la peine des pauvres  migrants qui vivent une vie vraiment très difficile, douloureuse et triste ! Les personnages sont attachants de ce livre, je pense encore à Naomi, au grand-père d’Aireen: « un homme ça doit toujours garder sa dignité, je veux dire, sa verticalité, jusqu’au dernier instant de sa vie», à Pépé:« le soleil, c’est lui qui donne la vie mais il peut la prendre aussi » et à tous ses migrants qui risquent leur vie.

Je fais le lien avec le livre de Gaël Faye Petit pays  où Gabriel tout comme Liborio, va grandir grâce à la découverte de la lecture! La formation cinématographique d’Aura Xilonen, transparait dans son roman: les dialogues, les flashback, le fait que les personnages principaux apparaissent dés les premières pages du livre (Aireen, le boss, le directeur de la pension).

Ce livre ferait un film passionnant!

Florence, 606

février 11th, 2018

GABACHO, une histoire pas comme les autres…

Gabacho, tel est le titre du livre critiqué aujourd’hui.

Ce titre comportant un mot d’origine latine nous interpelle, il nous fait penser à du Gaspacho ou Carpaccio… cela nous incite à le découvrir, à l’avaler. De plus, la première et quatrième  de couverture de couleur jaune  nous captive, nous donne envie de révéler ce qui se cache sous celles-ci.

Il est écrit par une jeune femme qui a à présent 22 ans,  provenant du Mexique, appelée Aura Xilonen. Gabacho est son premier roman et il sort du commun, ce n’est pas un livre comme les autres… Mais tout d’abord centrons nous sur cette jeune artiste.

Née au Mexique en 1995 Aura Xilonen a eu une enfance marquée par le décès de son père et de nombreux mois d’exil en Allemagne, par la suite elle passe ses journées chez ses grands-parents. Leur langage imagé et leurs expressions obsolètes la marque. A ses dix-neuf ans seulement elle écrit cette œuvre grâce à laquelle elle gagne le prodigieux prix Mauricio Achar. Aujourd’hui Gabacho a déjà été traduit en huit langues. De nos jours, Aura Xilonen étudie à la Benemérita Universidad Autónoma de Puebla le cinéma.

L’Histoire parle donc d’un jeune garçon, appelé Liborio, provenant des quartiers chauds du Mexique. Misérable, il décide d’aller à la recherche du Americain Dream en traversant la frontière entre son pays d’origine et la terre où tout est possible, tout en risquant sa vie. Liborio narre sa propre histoire, nous raconte ce qu’il vit, ce qu’il sent, partage tout avec nous. Ceci nous rapproche beaucoup du personnage.

En arrivant donc aux Etats-Unis sans rien de plus que son t-shirt, short et caleçon trempés, car il traverse la frontière à la nage, il est en recherche de travail, d’un petit boulot qui lui permette d’avoir un plat face à lui au moins trois fois par jour. Il est finalement embauché dans une librairie hispanique qui le nourrit, le blanchit et héberge. Le garçon a un don pour la bagarre et interpelle de nombreuses personnes grâce à des vidéos postées sur YouTube. Ce talent est accompagné d’un caractère fort, c’est un garçon qui ne jette jamais l’éponge, qui n’a rien à perdre et n’a peur de rien !

En plus de toutes les querelles, le jeune Liborio tombe follement amoureux d’une jeune fille, dont vous découvrirez le nom avec lui à travers les pages. Cette histoire donc de lutte et d’amour est écrite dans un registre très familier ce qui nous met en complicité avec le narrateur, surtout pour nous jeunes lecteurs. L’auteur arrive donc à nous présenter un personnage attachant qui mène une dure vie mais qui nous montre que tout est possible. De plus, ce langage de rue permet d’avoir des passages très humoristiques. L’histoire est également composée de retours en arrière qui nous clarifient des passages et nous racontent un peu plus de sa vie, ceci nous approche encore beaucoup de Liborio.

J’ai beaucoup aimé ce livre, il est donc différent des autres avec de l’action dès de début jusqu’à la fin. Il reflète aussi une réalité de notre monde avec tous les immigrés et problèmes de la vie quotidienne de certaines personnes tout en racontant une incroyable histoire.

Gabacho présente une grande leçon de vie: c’est que même quand on pense qu’on est au bout, que tout est fini et qu’il n’y a plus de sortie, tout est possible, si on le veut on peut, si on se donne les moyens on peut, si on travaille dur on peut… Il faut y croire et persévérer.

J’espère que cette critique vous donnera envie de lire Gabacho et si c’est le cas, que vous prendrez plaisir à le faire.

Bonne lecture !

Eric, 606

 

février 7th, 2018

Into the Forest of Nell

Jean Hegland est née en 1956 dans l’État de Washington. Après avoir accumulé les petits boulots, elle devient professeur en Californie. À vingt-cinq ans, elle se plonge dans l’écriture, influencée par ses auteurs favoris, William Shakespeare, Alice Munro et Marilynne Robinson.

Son premier roman Dans la forêt paraît en 1996 et rencontre un succès éblouissant. Elle vit aujourd’hui au cœur des forêts de Californie du Nord et partage son temps entre l’apiculture et l’écriture.

Portrait de la romancière

 Il existe une adaptation en film de ce livre,Into the Forest avec Ellen Page et Evan Rachel Wood dans les rôles principaux, ce film est sorti en Mai 2017 sur Netflix. 

Ce livre raconte l’histoire de deux jeune filles qui  se nomment Nell et Eva 17 et 18 ans.  Elles vivent dans leur maison familiale depuis qu’elles sont nées, cette demeure est située dans la forêt.  Elles sont isolées du monde.

Un jour la civilisation s’effondre et  leurs parents disparaissent, elles restent seules sans aucune aide.  Bien décidées à survivre elles s’éloignent de plus en plus de leur côté humain.  Confrontées à la nécessité de survivre, elles vont devoir se battre face à l’inconnu et faire confiance à la forêt qui reste immobile autour d’elles.

Il leur reste quand même un côté humain comme leur passion de la danse et de la lecture.

Ce livre n’est pas à mon goût car l’histoire commence vraiment après une cinquantaine de page de lecture, le rythme est assez lent et ça ne donne pas envie de lire. Le début du roman est basé essentiellement sur des histoire passées avant la disparition de leurs parents comme par exemple le jour de Noël en famille.

En revanche, quand  commence la vraie aventure des adolescentes on s’enfonce profondément dans l’histoire américaine de survie, un roman réaliste et saisissant sur la fin de notre civilisation de consommation où l’essence, l’électricité viennent à manquer.

 

                          Nathan 606

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

février 7th, 2018

Kobane Calling, la vraie vie en Orient

kobane callingcouverture Kobanne Calling

Planche et première de couverture de Kobane Calling

Kobane Calling est un livre écrit par l’italien Michele Rech connu par le nom de Zerocalcare, ce surnom est né après une inscription sur un blog , il s’inspira d’une publicité  pour un produit anti-calcaire. Cet auteur est né le 12 décembre 1983. Il a vécu à Rebbibia,un quartier du Ponte Mammolo à Rome connu pour sa prison et pour les graffiti.

Ces dernières années, Zerocalcare a diverti beaucoup de gens grâce à son style narratif frais et immédiat, basé sur les petits problèmes de la vie quotidienne.

Ce livre parle des deux voyages qui ont conduit l’auteur à la frontière entre la Turquie et la Syrie. Un premier voyage vers la ville de Mehser puis un autre voyage à Erbil où il trouvera le YPJ (Les Unités de protection de la femme qui furent mis en place en 2013 pour combattre Daesh) et le PKK (Le Parti des travailleurs du Kurdistan).

J’ai aimé ce livre car l’auteur perçoit que ce qui se passe dans ces zones est un événement historique et social très important et en même temps on ne voit pas dans les médias nationaux et traditionnels une couverture adéquate de cet événement. Les médias sont plutôt concentrés sur la représentation des conflits armés sans être capable d’approfondir.

J’aime fortement ce livre aussi parce que c’est un témoignage très personnel du narrateur qui est l’auteur du livre car il est allé lui même dans ces endroits sans savoir, comme nous, la vérité de ces affrontements. Il explique tout ces conflits avec humour et avec un style de dessin plutôt caricatural. 

L’auteur parle aussi du rôle de la femme, on voit qu’en Italie, l’image de la femme du Moyen-Orient est reduit au rôle de mère, couverte par le voile, et sans aucun droit, mais grâce à son témoignage on voit que la femme a eu une grande émancipation et avec le mouvement YPJ, elle pouvait physiquement rivaliser avec l’homme, se révélant égale en force.

Je conseille ce livre à tout le monde, à tous les gens qui veulent voir ce qui passe dans les pays d’orient. Personnellement je ne lis pas trop car les livres ça m’ennuie mais quand j’ai commencé cette BD, je me suis plus arrêté de le lire.

Aimane, 606

février 7th, 2018

GABACHO la vie trépidante d’un jeune immigré

Gabacho est un livre d’Aura Xilonen, une jeune fille née en 1995 au Mexique et qui fait des études de cinématographie. Gabacho est son premier livre et c’est d’ailleurs une réussite. Ce livre est écrit avec du langage familier et de l’argot

Ce roman raconte l’histoire d’un jeune mexicain de 17 ans immigré aux USA, nommé Liborio. Ce jeune homme travaille dans une petite librairie où il est logé  et gagne de quoi se nourrir. Durant l’histoire il tombera fou amoureux d’une « gisquette » prénommée Aireen et qui chamboulera sa vie puis après de nombreux problèmes, il sera hébergé à « La casa del Puente » où il rencontrera des personnes sympathiques qui l’aideront dans sa vie; c’est dans ce lieu qu’il commencera sa carrière de boxeur.

Ce livre pour moi fut un vrai bonheur, j’y suis rentré dès le départ et je l’ai lu en seulement quelques jours.
Il a
 une histoire captivante, drôle et avec de l’action. Le langage familier et l’argot nous permettent de bien rentrer dans l’histoire, de l’imaginer et s’en imprégner.

De plus, il y a plein de détails la rendant très réaliste. L’auteur nous montre bien comment la vie peut être dure et difficile avec plein d’entraves et des obstacles, mais il y a quand même des gens bien permettant d’améliorer cette vie et même de la rendre joyeuse.

Dans ce roman, il y a de temps en temps des passages en italique parlant des souvenirs de la vie passée de Liborio (avant d’être arrivé au USA) qui sont de parfois un peu longs; et il y en a d’autres sur sa vie à la librairie et les moment passés avec son boss qui nous mettent souvent le sourire aux lèvres.  L’auteur arrive très bien à exprimer les pensées et les sentiments et émotions du personnage principal.

J’aie trouvé la lecture simple et efficace nous faisant rentrer dans l’histoire dès les premières lignes et ce fut pour moi quelques pages de bonheur.

Je vous conseille fortement de le lire car il est merveilleux, facile à lire. Moi qui ai un peu de mal à m’y mettre, je l’ai fini en moins d’une semaine et je l’ai trouvé merveilleux, j’aurais même aimé qu’il soit un peu plus long ou qu’il y ait un deuxième tome et je n’en suis pas déçu. Il a l’air un peu épais à vue d’œil mais il ne fait pas énormément de pages, c’est en plus écrit en assez gros et il est très simple à lire même pour ceux qui n’ont jamais touché un livre de leur vie.

Si vous ne l’avez pas encore lu, je vous conseille vivement de l’emprunter avant que vous ne le puissiez et je vous souhaite une très bonne lecture.

Pablo,606

février 7th, 2018

Liborio, l’enfant des rues

Gabacho est le premier roman, qui a d’ailleurs cartonné, d’Aura Xilonen, jeune cinéaste Mexicaine né en 1995.

C’est l’histoire aventurière d’un ado de 17 ans nommé Liborio. Problème économique, pas d’argent, situation difficile, Liborio n’a pas d’autre choix que de fuir son Mexique natal, il se dirige donc vers les Etats-Unis d’Amérique pour tenter de vivre le rêve Américain.
Sa spécialité ? Prendre des beignes et… en donner.

Après avoir traversé à la nage le Rio Grande pour rejoindre l’Amérique (route bien connue des migrants désespérés qui tentent leur chance même s’ils savent qu’ils vont sans doute y rester) et avoir survécu ensuite aux terribles brûlures d’un soleil sans pitié qui l’ont peut-être immunisé contre les raclées en tous genres, il parvient à s’installer clandestinement dans une ville au sud de l’Amérique dans laquelle il trouve un petit travail dans une librairie du coin.

Liborio est un dur, mais son cœur est l’un des plus tendres: il tombe amoureux de la jolie Aireen. Récit aussi marrant que sentimental, Gabacho est l’histoire d’un jeune ado qui tente de se faire une place à coups de violence tantôt physique, tantôt  verbale!  » Je vais te défoncer ta gueule espèce de sale fils de pute  » Sans commentaire…

J’ai beaucoup aimé ce livre pour diverses raisons.

Tout d’abord, l’auteure exprime une dure réalité que subissent des centaines de milliers de personnes à travers un roman, tout en gardant un côté humoristique, elle explique en quelque sorte ce à quoi elle a échappé mais que d’autres personnes qu’elle connaissait ont pu subir… A.Xilonen est née au Mexique (qui est dans une dure situation financière), elle explique donc ce que les gens de son peuple  sont  en train de vivre au quotidien, le fait qu’ils ne se posent aucune limite pour réussir dans la vie, qu’ils n’ont pas peur de se blesser ou autre; personnage que joue très bien Liborio dans le roman.

J’ai bien aimé aussi le fait que le livre soit écrit  avec un langage familier, car cela permet de toucher un plus grand public, notamment les jeunes, qui emploient de nos jours en permanence le registre familier et qui sont plus sensibles à ce genre de livre où il y a de l’action, de l’humour etc…

Mais par contre, pas souvent mais c’était tout de tout de même déstabilisant, il y avait des mots que je ne les comprenais pas trop, ce sont des mots qui étaient utilisés auparavant et qui ne sont plus utilisés de nos jours, notamment l’argot.

Je vous recommande ce livre qui est à ne pas louper, vous ne le regretterez pas!

Amine, 606

janvier 25th, 2018

Une forêt de mots interminable

Dans la forêt est un roman écrit par Jean Hegland, il se fait connaitre grâce au bouche à oreille. Il est considéré comme un « choc littéraire » aux Etats-Unis. Il raconte l’histoire de deux sœurs orphelines qui vivent au cœur d’une forêt dans un monde où toutes les ressources sont épuisées, il n’y a plus d’électricité ni d’essence, plus aucun mode de transport et la nourriture se fait rare. L’auteure n’explique pas la raison de ce déclin.

Ce roman est très long à se mettre en place, il n’y a pas beaucoup d’action ni de dialogues, c’est surtout de la description des différentes scènes et des souvenirs de leur enfance que se remémorent les deux jeunes filles de dix-sept et dix-huit ans.

J’ai abandonné la lecture car c’était trop long et sans rebondissements.

Les descriptions sont précises mais vraiment détaillées et longues ce qui rend le livre ennuyeux malgré sa quatrième de couverture intéressante.

Une histoire d’amour partagée, une reconstruction après les drames de la perte des parents, les biens de la maison qu’il faut économiser… Dit comme cela, le livre à l’air intéressant mais pas du tout, il faut lire les trente premières pages pour comprendre.

J’ai l’habitude de lire des livres dont les personnages principaux sont des jeunes ou des adolescents auxquels les lecteurs peuvent s’identifier facilement, se reconnaitre dans certaines scènes et s’identifier à certaines situations. Or, dans ce livre, les pensées, les actions et les scènes des jeunes filles ne permettent pas de se reconnaitre car c’est une situation qu’on se connait pas et qu’on ne s’imagine pas vivre.

Je le déconseille.

Alix, 606

janvier 25th, 2018

Un petit pays déchiré par une grande guerre

Petit pays est en quelque sorte une autobiographie de Gaël Faye, aujourd’hui auteur-compositeur-interprète et slameur. Il écrit et poste un morceau du même titre en 2012.

Gaël Faye – Petit Pays – YouTube,

Pour revenir sur le livre qui a obtenu le prix du roman lycéen en 2016 et qui est nommé cette année en 2017 pour notre prix littéraire, c’est l’histoire de Gabriel un jeune garçon d’une dizaine d’années. Il vit avec ses parents, qui finiront par  se sont séparer, Michel et Yvonne ( un père français et une mère rwandaise) et sa petite sœur Ana. L’histoire se déroule en 1993.

Après la séparation des parents, les deux enfants restent habiter dans la grande maison de Michel au Burundi. Ensuite tout s’accélère, en 1993, le 1er juin, ont lieu les premières élections présidentielles, puis le 21 octobre 1993, un coup d’état est déclaré avec l’assassinat du président ce qui déclenche une guerre civile entre les tutsis et les hutus.

Cela met Gabriel dans une  situation délicate entre ses amis prêts à tout pour défendre leur territoire, lui, son amour des livres transmis par madame Economopulos, son pacifisme et ses problèmes familiaux. Gabriel se retrouve « torturé » dans une des périodes les plus difficiles de sa vie; l’adolescence. Dehors c’est la guerre, plus d’école, des lieux sont pris par des terroristes hutus ou tutsis, des crimes sont commis sans choquer personne, c’est un véritable enfer pour lui qu’il nous transfère grâce aux mots justes de l’auteur tiré de sa propre enfance  et de son parcours.

Maintenant, si je devais apporter une critique , elle serait simple; c’est un livre que je décomposerais en deux temps, je m’explique, d’un côté on a l’enfance très représentée au début avec l’insouciance, l’amusement, les amis qui évolue au fil du livre et de l’autre,  la guerre et la violence qui à l’inverse s’amplifient au court du récit. Ce livre est difficile, plusieurs morts importantes surviennent comme celle de l’oncle de Gaby, le traumatisme de sa mère. Ensuite, l’histoire parle d’un acte passé horrible avec cette guerre civile extrêmement violente et le fait que l’histoire soit racontée et vécue par un enfant, amplifie encore plus cette difficulté.

Dans ce roman, j’ai apprécié la simplicité de lecteur, moi qui ne suis pas adepte de la lecture, j’ai pu le lire rapidement tout en comprenant et en appréciant ma lecture, j’ai aussi aimé le partage des sentiments que l’auteur retranscrit à l’aide de Gabriel.

Je conseille ce livre d’une part à tout le monde, de l’autre à ceux qui n’aiment pas lire. Son contenu nous pousse à lire toujours un peu plus chaque jour !

J’opposerais ce livre à son inverse; Membrane dont histoire  se déroule dans le futur, alors que « petit pays » est la véritable histoire de la guerre civile Rwandaise du Burundi.

Charlie, 606

janvier 25th, 2018

Un génocide vécu par un enfant

Alors que les élections présidentielles apportent l’espoir d’une démocratie, ce Petit pays tombe sous le poids de la haine, de la mort et des massacres…

Gaby est le jeune fils d’un expatrié français et d’une élégante rwandaise exilée. Ils vivent au Burundi, pays d’Afrique limitrophe du Rwanda. Gaby coule des jours heureux au cœur de son impasse, entouré de ses amis. Il va chercher longtemps à se cacher la réalité, il ne veut pas choisir son camp, mais il devra comme tout le monde faire le deuil de sa vie d’avant, tirer un trait sur son enfance et perdre son innocence.
J’ai vraiment eu un choc quand l’innocence, la joie de vivre de l’enfance s’effacent d’un coup devant la barbarie des hommes.

Petit pays de Gaël Faye raconte ce passage avec un sens de la narration absolument bouleversant : « Il était comme nous, un simple enfant qui faisait comme il pouvait dans un monde qui ne lui donnait pas le choix ». Ce qui m’a réellement bouleversé est le fait que l’enfant a dû  changer de perception de la vie par son changement de comportement et de perception des émotions.

Le roman commence comme une ode joyeuse à l’enfance (les bêtises, les amis, l’insouciance) puis petit à petit des bribes de conversation, les murmures des adultes laissent deviner que la folie des hommes est en marche: « Il y a des choses qu’on ne devrait jamais voir dans une vie ». Trois mois de folie meurtrière, la soif du sang pour éliminer « les cafards » Tutsis. Le génocide des Tutsis, parfois appelé génocide rwandais, eut lieu du 7 avril 1994 jusqu’en juillet 1994 au Rwandais. Cette guerre, débutée en 1990, opposait le gouvernement rwandais, constitué de Hutus , au front patriotique rwandais , accusé par les autorités de vouloir imposer le retour des Tutsis exilés dans leur pays. 

Le roman de Gaël Faye, nous met à la hauteur de l’adolescent qu’il était à cette époque. En effet, il nous transmet une image juste de l’adolescence par le mal-être ressenti par le héros puis par une prise de confiance soudaine. Nous avions sûrement à faire à sa crise d’adolescence. Mais ce n’est pas totalement un roman autobiographique puisque l’auteur ne fait allusion qu’à une infime partie de son enfance, le reste n’est que de la fiction relayée par le cadre de faits historiques. 

Il  renvoie le génocide rwandais au scandaleux silence de nos gouvernants tel un boomerang, le retour n’en est que plus culpabilisant et bouleversant. Effectivement, ce silence fit que nos gouvernements, y compris le nôtre en France, étaient en fait rendu indirectement complices de ce génocide.

J’ai adoré ce livre tout d’abord par le contraste entre la maturité de Gaby à la fin du roman par rapport à son innocence au début et grâce au fait que tout cela correspond à un fait historique réel et horrible.

Ridwan, 606

janvier 19th, 2018

La science fiction à l’état sauvage

Le livre dont je vais parler maintenant s’intitule Dans la forêt. C’est un roman de science- fiction, écrit en 1996 par Jean Hegland, une écrivaine américaine née en 1956, et qui a été traduit en français seulement 20 ans plus tard ! Ce livre a été nominé au Prix James Tiptree Jr. qui est un prix récompensant les livres de science fiction ou de fantasy étudiant les rapports sociaux entre les sexes. Il a aussi fait l’objet d’une adaptation au cinéma en 2015.

Comme dans la plupart des livres de science-fiction, l’histoire de Dans la forêt se situe en Amérique, dans un monde post-apocalyptique. Deux sœurs vivent seules dans leur maison, éloignée de la ville, depuis la mort de leurs parents. Il n’y a plus d’électricité, plus d’essence, plus aucun transport ne fonctionne, et elles doivent donc se débrouiller comme elles le peuvent avec les moyens dont elles disposent et ce que leur fournit la forêt.

Pour être honnête je ne sais pas vraiment si j’ai aimé ce livre ou non.

Tout d’abord : Qu’est ce qui m’a déplu ?

L’histoire était par moments ennuyeuse : comme je l’ai déjà dit, ce type de récit situé dans un monde post-apocalyptique a été vu et revu par des auteurs du monde entier, prenons comme exemple Membrane, écrit par le taïwanais Chi Ta-Wei, ou encore la plupart des nouvelles du Bal des actifs, qui font parties de notre sélection cette année : la survie de deux personnes seules,  et d’abord tout va bien, puis des problèmes arrivent avant de se résoudre etc. C’est un sujet récurrent chez les écrivains.

De plus, les héroïnes, qui sont censées avoir 17 et 18 ans se comportaient par moments comme des pré-adolescentes de 11 ans, et se disputaient en continu, comme des gamines. Alors d’accord, elles sont sœurs mais tout de même, il y a une limite : je trouve que se chamailler pour le surnom d’un bébé est un peu excessif.

Et dernier point, je trouve que la fin est plus utopique que réaliste, mais je ne vous en dis pas plus…

En contrepartie, je le trouve bien écrit, avec des mots plutôt simples mais captivants, que tout le monde peut comprendre. Le récit de leur vie avant la catastrophe, leur soif d’apprendre  l’une la danse et l’autre toutes les matières générales, les samedi soirs qu’elles ont passé avec leurs amis, le retour à la vie agricole, tout cela est écrit avec la sensibilité d’une ado de 17 ans et c’est donc plus facile à ressentir pour nous. On découvre le monde de deux filles, on suit leur apprentissage des techniques et des savoirs qu’elles tirent de la forêt qui les entoure, comme par exemple quelles baies et quels fruits elles peuvent manger, ou lesquelles sont toxiques, ou encore quels maux peuvent être soignés avec les ressources de la forêt.

Mais aussi, elles ont leur caractère et leur façon de penser bien à elles et parfois les sujets sur lesquelles elles sont en désaccord présentent des points de vue opposés intéressants, comme par exemple: quand on trouve un bidon d’essence dans un monde où il n’y en a plus, faut-il l’utiliser tout de suite ou le garder pour plus tard ? Cela entraîne un questionnement pertinent sur la société d’aujourd’hui avec notre système de consommation et le « tout, tout de suite » que les gens exigent ou au contraire la trop grande précaution de ceux qui conservent tout en prévision du pire (dans l’idéal, il faudrait trouver un juste milieu).

Je pense que ce livre est à la fois enrichissant et distrayant. Il nous permet d’en apprendre un peu plus sur la nature, la vie et nous même.

Si vous aimez la science- fiction et que les livres un peu longs ne vous font pas peur, n’hésitez pas !

Charlotte, 606