mars 26th, 2019

Peut-on adapter l’inadaptable ?

« La Horde du contrevent » est l’adaptation du roman d’Alain Damasio en bande dessinée. Cette bande dessinée est un roman graphique car elle raconte une histoire qui se suit tout au long du livre. L’auteur de cette bande dessinée est Eric Henninot. Ayant aimé le roman, il a décidé de l’adapter pour partager sa vision de l’œuvre. La bande dessinée sera séparée en 7 tomes et cette critique sera basée sur le premier.

L’histoire de « La Horde du contrevent » se passe dans un monde presque désertique dans lequel souffle incessamment du vent. Un groupe de personnages nommé « la Horde » a pour but de trouver la mystérieuse source de ce vent dévastateur, sachant qu’aucune autre horde n’a réussi cette mission depuis 8 siècles. La Horde est constituée de 19 personnes dont Golgoth qui en est le chef. Il est vulgaire, sûr de lui et strict. C’est lui qui, a chaque vague de vent, est au premier rang de la formation de déplacement.

Le thème de cette bande dessinée est la survie. Durant toute l’œuvre, on suit la Horde en train de contrer le vent pour franchir l’Extrême-Amont, derrière laquelle les personnages pensent pouvoir trouver le mystère du vent. Durant cette aventure, il y aura des morts et des blessés, on sentira la difficulté des sacrifices et la tristesse des décès. Les personnages n’ont pas le temps de pleurer la mort de leurs camarades, et certains personnages blessés sont destinés a mourir. Toute cette tension renforce le danger du vent, rendant cette bande dessinée immersive.

L’auteur a un style de dessin réaliste ; les couleurs sont ternes donnant un aspect sombre au monde dans lequel évolue les personnages. Le vent, qui est invisible, est très bien représenté ; on voit des traînées de poussière blanche qui ondulent, les habits et les cheveux des personnages sont poussés dans la direction du vent. Et les passages de grosses vagues de vent montrent les personnages courbés vers le contrevent, montrant leurs efforts. Cette bande dessinée contient de nombreux plans larges dans lesquels on voit des nuages déformés par le vent et des grandes traînées de poussière a l’horizon. Ces plans montrent l’immensité du monde que doivent parcourir la horde.

Le scénario de « La Horde du contrevent » est original ; elle reprend le scénario de nombreuses fictions dont la thématique est « la survie face a une menace qui plane sur le monde », très souvent des fictions post-apocalyptiques avec des morts vivants ou d’autres créatures. Ici, la menace est le vent. Le monde de « La Horde du contrevent » est très désertique, elle est constituée de quelques villages. Dans ce livre, les moments où se posent la horde sont calmes et sont accompagnés de plans larges sur le monde.
A cause du style graphique de l’auteur et des noms inhabituels des personnages, certains d’entre-eux sont difficiles a retenir. L’un des seuls que j’ai retenu après la lecture est Golgoth, car il est très imposant et a un design très reconnaissable (notamment grâce à son casque de traceur). L’intrigue est plutôt lente, mais cette décision est sûrement volontaire car elle donne une ambiance unique au récit.

Pour conclure, « La horde du contrevent » se passe dans un monde beau et immense ; on sent le goût de l’aventure à chaque page grâce à une tension bien maîtrisée par les différentes situations que rencontrent la Horde. On s’accroche très vite à ce roman graphique malgré sa lenteur de récit et les personnages difficilement reconnaissables.

Mathieu 605

février 11th, 2018

GABACHO, une histoire pas comme les autres…

Gabacho, tel est le titre du livre critiqué aujourd’hui.

Ce titre comportant un mot d’origine latine nous interpelle, il nous fait penser à du Gaspacho ou Carpaccio… cela nous incite à le découvrir, à l’avaler. De plus, la première et quatrième  de couverture de couleur jaune  nous captive, nous donne envie de révéler ce qui se cache sous celles-ci.

Il est écrit par une jeune femme qui a à présent 22 ans,  provenant du Mexique, appelée Aura Xilonen. Gabacho est son premier roman et il sort du commun, ce n’est pas un livre comme les autres… Mais tout d’abord centrons nous sur cette jeune artiste.

Née au Mexique en 1995 Aura Xilonen a eu une enfance marquée par le décès de son père et de nombreux mois d’exil en Allemagne, par la suite elle passe ses journées chez ses grands-parents. Leur langage imagé et leurs expressions obsolètes la marque. A ses dix-neuf ans seulement elle écrit cette œuvre grâce à laquelle elle gagne le prodigieux prix Mauricio Achar. Aujourd’hui Gabacho a déjà été traduit en huit langues. De nos jours, Aura Xilonen étudie à la Benemérita Universidad Autónoma de Puebla le cinéma.

L’Histoire parle donc d’un jeune garçon, appelé Liborio, provenant des quartiers chauds du Mexique. Misérable, il décide d’aller à la recherche du Americain Dream en traversant la frontière entre son pays d’origine et la terre où tout est possible, tout en risquant sa vie. Liborio narre sa propre histoire, nous raconte ce qu’il vit, ce qu’il sent, partage tout avec nous. Ceci nous rapproche beaucoup du personnage.

En arrivant donc aux Etats-Unis sans rien de plus que son t-shirt, short et caleçon trempés, car il traverse la frontière à la nage, il est en recherche de travail, d’un petit boulot qui lui permette d’avoir un plat face à lui au moins trois fois par jour. Il est finalement embauché dans une librairie hispanique qui le nourrit, le blanchit et héberge. Le garçon a un don pour la bagarre et interpelle de nombreuses personnes grâce à des vidéos postées sur YouTube. Ce talent est accompagné d’un caractère fort, c’est un garçon qui ne jette jamais l’éponge, qui n’a rien à perdre et n’a peur de rien !

En plus de toutes les querelles, le jeune Liborio tombe follement amoureux d’une jeune fille, dont vous découvrirez le nom avec lui à travers les pages. Cette histoire donc de lutte et d’amour est écrite dans un registre très familier ce qui nous met en complicité avec le narrateur, surtout pour nous jeunes lecteurs. L’auteur arrive donc à nous présenter un personnage attachant qui mène une dure vie mais qui nous montre que tout est possible. De plus, ce langage de rue permet d’avoir des passages très humoristiques. L’histoire est également composée de retours en arrière qui nous clarifient des passages et nous racontent un peu plus de sa vie, ceci nous approche encore beaucoup de Liborio.

J’ai beaucoup aimé ce livre, il est donc différent des autres avec de l’action dès de début jusqu’à la fin. Il reflète aussi une réalité de notre monde avec tous les immigrés et problèmes de la vie quotidienne de certaines personnes tout en racontant une incroyable histoire.

Gabacho présente une grande leçon de vie: c’est que même quand on pense qu’on est au bout, que tout est fini et qu’il n’y a plus de sortie, tout est possible, si on le veut on peut, si on se donne les moyens on peut, si on travaille dur on peut… Il faut y croire et persévérer.

J’espère que cette critique vous donnera envie de lire Gabacho et si c’est le cas, que vous prendrez plaisir à le faire.

Bonne lecture !

Eric, 606

 

février 7th, 2018

Into the Forest of Nell

Jean Hegland est née en 1956 dans l’État de Washington. Après avoir accumulé les petits boulots, elle devient professeur en Californie. À vingt-cinq ans, elle se plonge dans l’écriture, influencée par ses auteurs favoris, William Shakespeare, Alice Munro et Marilynne Robinson.

Son premier roman Dans la forêt paraît en 1996 et rencontre un succès éblouissant. Elle vit aujourd’hui au cœur des forêts de Californie du Nord et partage son temps entre l’apiculture et l’écriture.

Portrait de la romancière

 Il existe une adaptation en film de ce livre,Into the Forest avec Ellen Page et Evan Rachel Wood dans les rôles principaux, ce film est sorti en Mai 2017 sur Netflix. 

Ce livre raconte l’histoire de deux jeune filles qui  se nomment Nell et Eva 17 et 18 ans.  Elles vivent dans leur maison familiale depuis qu’elles sont nées, cette demeure est située dans la forêt.  Elles sont isolées du monde.

Un jour la civilisation s’effondre et  leurs parents disparaissent, elles restent seules sans aucune aide.  Bien décidées à survivre elles s’éloignent de plus en plus de leur côté humain.  Confrontées à la nécessité de survivre, elles vont devoir se battre face à l’inconnu et faire confiance à la forêt qui reste immobile autour d’elles.

Il leur reste quand même un côté humain comme leur passion de la danse et de la lecture.

Ce livre n’est pas à mon goût car l’histoire commence vraiment après une cinquantaine de page de lecture, le rythme est assez lent et ça ne donne pas envie de lire. Le début du roman est basé essentiellement sur des histoire passées avant la disparition de leurs parents comme par exemple le jour de Noël en famille.

En revanche, quand  commence la vraie aventure des adolescentes on s’enfonce profondément dans l’histoire américaine de survie, un roman réaliste et saisissant sur la fin de notre civilisation de consommation où l’essence, l’électricité viennent à manquer.

 

                          Nathan 606

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

février 26th, 2017

Dernière gorgée …

Les guerres de Tchétchénie ont fait des ravages, notamment dans les rangs russes comme on peut le remarquer dans le roman de Andreï Guelassimov, La Soif. Guelassimov est un romancier russe né le 7 octobre 1966 à Irkoutsk et il est aussi un auteur engagé. Il est passé par plusieurs fonction avant de s’engager réellement dans la littérature, pour ensuite publier son livre le plus célèbre La Soif. Il ne gagna aucun prix avec ce livre malgré son succès jusqu’à que Dimitri Tiourine reprenne son livre pour en faire un film. Dès la sortie du film, Guelassimov remporta le prix du meilleur scénario lors de la 21ème édition du Festival du cinéma russe à Honfleur.

Dans son livre, l’auteur  évoque plus particulièrement la première guerre de Tchétchénie qui a commencé en 1994 pour se terminer deux ans plus tard. Elle a opposé les forces armées Russes  face aux victorieux Tchétchènes qui voulaient garder leur indépendance. Le premier président de la Russie, Boris Eltsine, avait besoin d’une fulgurante victoire de sa grande armée pour montrer au grand public que la Russie était encore une superpuissance. Lors de son attaque surprise, le président russe s’est vite rendu compte que la tâche était plus compliquée que prévu. Comme a dit un commandant russe:  » Il est impossible de vaincre un peuple. Cela n’existe pas dans l’histoire du monde ».

Kostia personnage principal de l’histoire revient de son service militaire de Tchétchénie. Il a subi un accident avec trois autres soldats, dans leur véhicule. Malheureusement,Kostia se retrouve défiguré et brûlé au niveau du visage, ce qui va effrayer les gens et en particulier les enfants. Il se met alors à boire de la vodka, comme tout russe qui se respecte, pour essayer d’oublier. Kostia boit autant que le vieil homme qui lui a enseigné le dessin lorsqu’il était plus jeune.

Voilà que son passé traumatisant ressurgit lorsque ses anciens camarades de combat viennent le chercher pour retrouver leur camarade disparu depuis qu’il a tardé à sortir du char. Cette dernière aventure va le changer pour de bon.

Ce roman d’aventure court et intense vous  ne lâche pas jusqu’à la dernière page du livre. L’histoire est racontée par Kostia  à la première personne. Ce jeune homme ne s’apitoie pas sur son sort qui l’a infligé d’une gueule cassée. Bien au contraire, Kostia est fier, il se contente plutôt de boire toute la journée, de dessiner et d’envoyer au diable le reste du monde. Sauf sa famille même s’il a eu une dure enfance,sauf ses camarades avec qui il était à la guerre, et sauf  bien sûr sa charmante voisine qui lui demande de faire peur à son fils pour qu’il obéisse enfin. Bien que Kostia ait un fort caractère ou qu’il soit maladroit,bourru, paumé, solitaire, il reste au fond de lui une homme très gentil.

J’ai apprécié l’absence de jugements politique et d’opinion. Du fait que l’auteur aborde d’une autre façon une guerre, l’histoire devient plus intéressante. Comparé à L’Art de Voler d’Antonio Altarriba que j’ai pu lire, l’auteur ici raconte l’aventure de son personnage sans s’attarder sur tous les événements de la guerre. Alors que dans l’Art de Voler il raconte aussi l’histoire d’un homme pendant la guerre mais la détaille beaucoup plus. Ce qui peut être instructif mais aussi plus ennuyeux. Guelassimov dénonce quand même la guerre mais sans employer grands mots.

La soif est une magnifique leçon de vie et d’espoir. Malgré des complications durant son enfance et ses années en tant que soldat. Kostia grandit, devient un vrai homme. Il se découvre même un talent, le dessin.C’est par la suite qui comprend enfin ce que voulait lui dire son vieux  professeur quand il lui demandait de regarder par la fenêtre. Il observait, jusqu’à se rendre compte que le plus important n’était pas ce qu’on voyait extérieurement mais surtout intérieurement. La Soif ne parle pas uniquement de la Russie mais aussi de l’art et de son pouvoir de guérison.

La note d’espoir qui termine le récit donne confiance en l’avenir de Kostia. C’est bien cette satisfaction qu’on ressent lorsqu’on tourne  la dernière page.

C’est un excellent livre, on ne peut que l’aimer. Je vous le conseille vivement.

 

Alexis CLERC 602

janvier 15th, 2015

Un enfant différent

    Voici l’histoire d’un jeune enfant, étrange et mystérieux. Il vit dans un palais, n’a pas beaucoup d’amis et pour son âge, autant dire qu’il a déjà des idées critiques de la vie. Son seul et ultime désir : posséder un hippopotame nain du Liberia, mais son chemin va être semé d’embûches.

Cette oeuvre a été rédigée au Mexique par Juan Pablo VILLALOBOS puis traduit en de multiples langues afin de pouvoir le diffuser dans le monde. Il est simple et rapide à lire.

Un texte franc, humoristique et familier qui permet à la plupart des personnes de l’apprécier.

Si vous aussi vous souhaitez vous lancer à l’aventure, alors ce roman est fait pour vous.

Océane 613