février 7th, 2018

Kobane Calling, la vraie vie en Orient

kobane callingcouverture Kobanne Calling

Planche et première de couverture de Kobane Calling

Kobane Calling est un livre écrit par l’italien Michele Rech connu par le nom de Zerocalcare, ce surnom est né après une inscription sur un blog , il s’inspira d’une publicité  pour un produit anti-calcaire. Cet auteur est né le 12 décembre 1983. Il a vécu à Rebbibia,un quartier du Ponte Mammolo à Rome connu pour sa prison et pour les graffiti.

Ces dernières années, Zerocalcare a diverti beaucoup de gens grâce à son style narratif frais et immédiat, basé sur les petits problèmes de la vie quotidienne.

Ce livre parle des deux voyages qui ont conduit l’auteur à la frontière entre la Turquie et la Syrie. Un premier voyage vers la ville de Mehser puis un autre voyage à Erbil où il trouvera le YPJ (Les Unités de protection de la femme qui furent mis en place en 2013 pour combattre Daesh) et le PKK (Le Parti des travailleurs du Kurdistan).

J’ai aimé ce livre car l’auteur perçoit que ce qui se passe dans ces zones est un événement historique et social très important et en même temps on ne voit pas dans les médias nationaux et traditionnels une couverture adéquate de cet événement. Les médias sont plutôt concentrés sur la représentation des conflits armés sans être capable d’approfondir.

J’aime fortement ce livre aussi parce que c’est un témoignage très personnel du narrateur qui est l’auteur du livre car il est allé lui même dans ces endroits sans savoir, comme nous, la vérité de ces affrontements. Il explique tout ces conflits avec humour et avec un style de dessin plutôt caricatural. 

L’auteur parle aussi du rôle de la femme, on voit qu’en Italie, l’image de la femme du Moyen-Orient est reduit au rôle de mère, couverte par le voile, et sans aucun droit, mais grâce à son témoignage on voit que la femme a eu une grande émancipation et avec le mouvement YPJ, elle pouvait physiquement rivaliser avec l’homme, se révélant égale en force.

Je conseille ce livre à tout le monde, à tous les gens qui veulent voir ce qui passe dans les pays d’orient. Personnellement je ne lis pas trop car les livres ça m’ennuie mais quand j’ai commencé cette BD, je me suis plus arrêté de le lire.

Aimane, 606

février 7th, 2018

Un enfant du monde

Petit Pays est le premier roman de Gaël Faye, connu jusque-là comme auteur-compositeur-interprète.

Gaël Faye est né en 1982 à Bujumbura au Burundi d’une mère rwandaise et d’un père français.

En 1995, après le déclenchement de la guerre civile au Burundi en 1993 et le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994, il arrive en France .

Il était donc inconnu dans le monde de la littérature jusqu’à l’écriture de son livre Petit pays mais il était connu en tant que slameur .

 Gabriel, dix ans,vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés .Gaby connaît à Bujumbura les joies d’une enfance libre et heureuse, un  quotidien paisible, mais tout ce bonheur va se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire.

Gabriel voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Successivement, la violence l’envahit, l’imprègne, et tout bascule.Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français…

En lisant ce livre , d’une façon ou d’une autre, l’auteur nous touche et nous emporte avec l’histoire du métissage, de racisme, des méfaits de la colonisation et de l’exil…

 Alors que les élections présidentielles apportent l’espoir d’une démocratie, ce petit pays tombe sous le poids de la haine, de la mort et des massacres. Le petit Gaby coule des jours heureux au cœur de son impasse, entouré de ses amis. Il va chercher longtemps à se cacher la réalité, il ne veut pas choisir son camp mais il devra comme tout le monde faire le deuil de sa vie d’avant, tirer un trait sur son enfance et perdre son innocence…

 J’ai beaucoup apprécié ce livre très touchant car comme nous l’avons vu au début de ce roman, Gaël Faye nous donne l’image d’un petit garçon innocent qui profite de son enfance avec ses amis qui, eux, vont se rebeller et Gaby ne va plus les reconnaître. Ils deviendront des « inconnus » , Gaby va donc se renfermer sur lui même mais aussi en lisant des romans sauf qu’au bout d’un moment notre héros va devoir se réveiller et faire face à la réalité qui est dure à encaisser pour un enfant .

Entre les différents clans , la séparation de ses parents , sa famille qui se brise petit à petit… Gaby perd peu à peu sa joie .

 Ce roman est écrit avec une grande simplicité, l’amour et la délicatesse d’un jeune enfant.

Il nous intègre à cette famille inspiré par les propres expériences de l’auteur. Par exemple, Gaby et l’auteur sont tous les deux des métis d’une mère rwandaise et un père français et vont tous les deux devoir s’exiler en France .

 Malgré beaucoup de points positifs , il y a un petit bémol dans cette histoire ou plutôt dans la façon d’écrire de l’auteur: les lettres envoyées à Laure, la correspondante française, sont écrites d’une façon assez complexe par rapport à la façon dont le reste de l’histoire est écrite .

 Je conseille néanmoins vivement ce livre. Il est assez intéressant et se glisser dans la peau d’un petit enfant  va plus nous toucher que si le personnage principal était un adulte, on a même de la compassion et on arrive bien à s’imaginer cette histoire puisqu’elle est inspirée de faits réels et peut-être même par les propres expériences de l’auteur… 

Ganiatou, 606

 

 

 

janvier 26th, 2018

Petite critique d’un Petit Pays

Petit Pays de Gaël Faye est un roman autobiographique et d’apprentissage publié le 24 Août 2016. Gaël Faye est un slameur, auteur et chanteur Burundé né en 1982.

Dans son livre autobiographique, le narrateur est un petit Gabriel âgé de 10 ans qui habite au Burundi et qui voit le monde d’une certaine façon , une façon enfantine et simplifiée ( des méchants et des gentils , des gens caricaturés … ). Il vit avec son père français, sa mère rwandaise et sa sœur dans un quartier modeste d’immigrés jusqu’au jour ou tout bascule avec la Guerre Civile et les disputes de ses parents qui deviennent quotidiennes. La vie d’un petit garçon qui se voit au milieu d’un drame, au milieu d’une violence inédite n’en reste pas moins enfantine et gaie malgré autant d’atrocités.« J’ai écrit ce roman pour faire surgir un monde oublié, pour dire nos instants joyeux, discrets comme des filles de bonnes familles: le parfum de citronnelle dans les rues, les promenades le soir le long des bougainvilliers, les siestes l’après-midi derrière les moustiquaires trouées, les conversations futiles, assis sur un casier de bières, les termites les jours d’orages… J’ai écrit ce roman pour crier à l’univers que nous avons existé, avec nos vies simples, notre train-train, notre ennui, que nous avions des bonheurs qui ne cherchaient qu’à le rester avant d’être expédiés aux quatre coins du monde et de devenir une bande d’exilés, de réfugiés, d’immigrés, de migrants. »

J’ai accroché à cette oeuvre car l’histoire pouvait parler à presque tout le monde, que ce soit un enfant victime du divorce de ses parents ou un enfant qui vit la guerre quelque part dans le monde. Pour moi, ressentir l’histoire comme le personnage est un priorité dans un récit car une lecture sans éprouver ou même penser comme le héros n’est pas une vraie lecture mais un acte forcé.

On peut facilement apprécier le style de l’auteur et les touches humoristiques qui font passer la réalité pour un peu moins violente de ce qu’elle est vraiment. L’histoire commence très vite et on peut s’y accrocher dès les 20 premières pages. De plus, le vocabulaire ne pose pas de souci , le texte respire, ce n’est pas écrit tout petit et il n’y a pas énormément de pages une fois qu’on lancé.

C’est pour cela que je conseille vivement de lire Petit Pays de Gaël Faye ou pour les flemmards, au moins d’écouter la version slamée de Gaël Faye lui même avec un fond musical car le jeu en vaut la chandelle. Voici le lien pour cela:

https://www.franceculture.fr/emissions/latelier-fiction/petit-pays-de-gael-faye

Lyham ,606

janvier 25th, 2018

Voyage dans le Kurdistan, entre la Turquie et Daesh

Kobane Calling  est une bande dessinée, écrite et illustrée par Zerocalcare, un écrivain italien né le 12 Décembre 1983. Il est l’auteur de bande dessinée le plus populaire en Italie en ce moment. Avec « Kobane Calling » il a déjà remporté le prix Micheluzzi (prix donné aux auteurs de bandes dessinées lors du comicon de Naples, le nom du prix vient de l’auteur italien Attilio Micheluzzi) pour la meilleure histoire courte en 2016.

couverture Kobanne Calling

Kobane Calling, le livre ayant reçue le Micheluzzi et qui fait partie de notre sélection cette année
La bande dessinée a été écrite et illustrée à partir des notes prises par l’auteur lors de ses voyages dans la région du Kurdistan. Il s’agit d’un pays non reconnu par l’ONU chevauchant le Sud-Est de la Turquie, le Nord-Est de la Syrie, le Nord de l’Irak et l’Ouest de l’Iran.

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Région du Kurdistan.

Là-bas, Zérocalcare rencontre des membres de la YPJ (Yekîneyên Parastina Jin: Unités de protection de la femme) et des membres du PKK (Partiya Karkerên Kurdistan) Ce Parti des travailleurs du Kurdistan est mouvement d’indépendance du Kurdistan en Turquie inscrit sur la liste internationale des organisations terroristes sur demande du gouvernement Turc et considéré par de nombreux pays comme la Turquie, l’Australie, le Canada, les États-Unis, la Nouvelle-Zélande, l’Union Européenne et le Royaume-Unis comme une organisation terroriste.

La bande dessinée raconte donc ses deux voyages au Kurdistan. Son premier voyage  était un voyage humanitaire dans le village de Mehser puis dans un camps de réfugiés.

Pour son deuxième voyage il est parti à Erbil, dans les montagnes de Quandil, à Qamichli et à Kobane. C’est lors de son deuxième voyage qu’il rencontre des personnes des YPJ et du PKK.

La narration est interrompue parfois pour montrer des éléments antérieurs aux voyages, pour donner des informations pour ne pas être perdu, pour dire ce qui se passe dans sa tête au même moment ou critiquer la vision que les médias et les politiciens donnent du Kurdistan, de la religion, ou de la place des hommes et des femmes. Dans la narration, il va faire intervenir son quartier représenté par un mammouth qui va lui poser une question: « Tu déménagerais au Rojava ou pas? »

J’ai aimé cette bande dessinée pour plusieurs raisons. La première raison est que cette oeuvre donne une autre vision de la femme dans ces pays que ce que les médias nous montrent. Par exemple aux pages 36-37, l’auteur discute avec une des responsables du camp de réfugiés où ils sont. Elle lui explique que dans les camps de réfugiés au Kurdistan il y a des maisons des femmes qui permettent d’aider les femmes qui subissent des violences conjugales.

Cet ouvrage montre aussi ce que l’état Turc veut cacher comme aux pages 105-106 où Zérocalcare recueille le témoignage d’un Turc arrêté pour activisme politique et battu à mort puis jeté dans une fosse où ils jetaient les dissidents politiques. L’auteur montre également par les témoignages la répression que fait subir l’état Turc, aux pages 192 à 197 : leur accompagnatrice explique la torture qu’elle a vécue en Turquie lorsqu’elle s’est faite arrêter lors de manifestations.

La bande dessinée a des passages qui sont comiques et qui contrastent avec le fond du voyage.

A la page 15 par exemle, il met en petit sa réaction extérieure d’impassibilité face à ses parents qui ne s’inquiètent pas de son voyage et sa réaction intérieure énervée.
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Illustration tirée de la page 15

Ou à la page 104 où il y a la personne Turque qui lui demande s’il veut de la crème de lentille quand il se réveille et où l’auteur à illustré ce qu’il en pensait.
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Illustration tirée de la page 104

Pour finir, on peut dire que l’auteur dans cette BD veut condamner les préjugés que les personnes ont sur la religion musulmane. Cette oeuvre est là pour donner un nouveau regard sur les organisations du Kurdistan et leur combat.

Il montre l’hypocrisie des politiques européens qui félicitent certains groupes et en condamnent d’autres en fonction de ce qui les arrange.

 Anton, 606

janvier 19th, 2018

Un petit pays pour un grand livre !

Voici un grand livre de Gaël Faye qui parle du génocide au Rwanda et de la guerre civile au Burundi vue à travers les yeux d’un enfant.

Gaël Faye est né en 1982 au Burundi d’une mère rwandaise et d’un père français.
En 1995, après le déclenchement de la guerre civile au Burundi et le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994, il est évacué en France.
Il passe son adolescence dans les Yvelines et découvre le rap.
Gaël Faye étudie dans une école de commerce, obtient un master de finance et travaille à Londres durant deux ans ensuite il quitte Londres pour se lancer dans l’écriture et la musique ; il est auteur compositeur interprète de rap. C’est la pratique de l’écriture qui l’emmené à la littérature. En 2016, il sort son premier roman, Petit pays, qui obtient de nombreux prix. J’aimerais qu’il obtienne le prix littéraire du lycée Déodat de Séverac.

Dans ce roman le héros, Gabriel, qui a une dizaine d’années en 1992,  a des points communs avec l’auteur: un père français, une mère rwandaise et une enfance au Burundi. L’auteur et son personnage aiment tous les deux la beauté de ce petit pays. C’est pour cela que Gaël Faye a utilisé un narrateur qui lui ressemble pour retrouver le monde de l’enfance. Mais ce n’est pas l’histoire de Gaël Faye. Il s’agit donc d’une fiction autobiographique. Ce roman a permis à Gaël Faye de retrouver le paradis perdu de son enfance. Il l’a écrit beaucoup plus en souriant qu’en pleurant parce qu’il a réussi à faire apparaître un monde qui a disparu mais qui reste dans sa mémoire.
Il a essayé comme le personnage de mettre le plus longtemps possible cette violence à distance et de ne pas trop la décrire.
Mais son récit rapporte des faits et des histoires personnelles dont il a été le témoin direct.

Dans ce livre, Gabriel, le héros, vit à Bujumbura au Burundi avec ses parents et sa sœur. Son père est un entrepreneur français et sa mère rwandaise. Gabriel passe de bons moments avec ses quatre copains, c’est une joyeuse bande. Gabriel voit avec inquiétude ses parents se séparer. Il découvre la douceur des collines et la beauté des lacs, c’est un beau paysage. Mais derrière la beauté de ces paysages il connaît l’insécurité, la violence, la terreur, le massacre pendant la guerre civile au Burundi et le génocide au Rwanda. 

J’ai beaucoup apprécié ce roman, il m’a touchée : l’auteur pose la situation dès le prologue, on comprend que le livre va raconter l’absurdité du génocide au Rwanda vu à travers le regard d’un enfant. Grâce aux dialogues, l’écriture est vivante. L’insertion de paragraphes au présent au début et à fin du roman est une construction intéressante. Dans ces deux paragraphes, l’auteur est adulte. La différence est marquée par des caractères d’écriture différents. Cette idée m’a plu car on comprend que l’auteur souffre de ses souvenirs d’enfance, il a du mal à s’adapter en France et il veut retourner dans son pays natal. Au début et à la fin du récit le narrateur a fait une bonne liaison entre les phrases; c’est comme s’il ne savait par où commencer à raconter l’histoire et comment la finir : « Je ne sais pas comment cette histoire a commencé »;  « Je ne sais pas comment cette histoire finira ».

L’auteur a très bien rendu ses sentiments, la description du pays. Par exemple : « Le jardin de Jacques grouillait de vie, éclatait de couleurs, diffusait un doux parfum de citronnelle ». J’ai beaucoup aimé son écriture :
Au début du livre, Gabriel écrit à une correspondante française, Laure « Plus tard, quand je serai grand, je veux être mécanicien pour ne jamais être en panne dans la vie. Il faut savoir réparer les choses quand elles ne fonctionnent plus ». Puis épuisé de voir la guerre, il écrira à Laure « Je ne veux plus être mécanicien. Il n’y a plus rien à réparer, plus rien à sauver, plus rien à comprendre ».

« J’ai les yeux marron donc je ne vois les autres qu’en marron. Ma mère, mon père, ma sœur, Prothé, Donatien, Innocent, les copains…ils sont tous lait au café. Chacun voit le monde à travers la couleur de ses yeux ». L’auteur nous montre que l’Histoire est vue à travers les yeux de Gabriel. L’auteur a choisi pour son narrateur fictif un prénom qui ressemble au sien et qui a la même sonorité.

Gaël Faye a un grand talent d’écriture : « Le génocide est une marée noire, ceux qui ne s’y sont pas noyés sont mazoutés à vie ». L’histoire du Rwanda a tellement touché Gaël Faye qu’avec sa famille, il a décidé d’aller vivre au Rwanda. Ses beaux-parents ont créé une association pour rechercher les responsables du génocide.

Pour échapper à la guerre, Gaby va se réfugier dans les livres; la découverte de la lecture va être très importante pour lui : « un livre peut te changer ! Et même changer ta vie. Comme un coup de foudre. Et on ne peut pas savoir quand la rencontre aura lieu. Il faut se méfier des livres, ce sont des génies endormis »; « les mots sont plus vrais que la réalité ». Grâce à la lecture, on peut découvrir le monde et ouvrir nos esprits.

Attribuer le prix du lycée Déodat de Séverac à Gaël Faye serait justifié car en plus de raconter une belle histoire, d’avoir une écriture talentueuse, Gaël Faye prône l’intérêt de la lecture comme source de liberté.

Pour moi ce livre est excellent, j’ai adoré.

Je suis quelqu’un qui n’aimait pas lire des livres ! Pourtant ce roman m’a vraiment donné envie d’en lire plein d’autres !

Florence, 606

mars 3rd, 2017

Un passé mystérieux

La seine était rouge est un roman écrit par Leïla Sebbar. A Paris, le 17 octobre 1961, c’est bientôt la fin de la guerre d’Algérie. Maurice Papon, préfet de Police, impose un couvre-feu aux Algériens. Le FLN organise alors une manifestation pacifique, qui dégénère. Les policiers attaquent, et des Algériens sont jetés dans la Seine.

A Nanterre, en 1996, Amel est une jeune fille de 16 ans, qui entend quelque fois sa mère et sa grand-mère parler de choses sérieuses, dans la langue Arabe. Amel ne parle pas cette langue, et veut savoir ce que sa mère et sa grand-mère disent. Elle a beau poser des questions aux deux femmes, celles-ci ne veulent pas lui répondre. Elle décide donc  de comprendre ces événements et cette manifestation du 17 octobre et de découvrir la vérité cachée par sa famille, avec Omer, un journaliste algérien réfugié, et Louis, fils de français qui réalise un documentaire sur la guerre d’Algérie.

C’est un beau livre que nous présente ici Leila Sebbar. Mon avis sur ce roman est partagé. Je l’ai apprécié pour plusieurs raisons : tout d’abord, il est très touchant car il parle d’un sujet dur et délicat. Je connais très peu des choses sur ces faits historiques, car c’est une guerre dont on ne parle pas beaucoup dans le cadre scolaire. Ce roman nous plonge dans l’histoire de cette guerre inconnue pour moi et nous la fait vivre à travers les yeux des trois personnages principaux : Louis, Omer et surtout Amel.

L’originalité de ce récit est dans le fait que l’auteur nous live un récit poignant de ce conflit vu par les jeunes générations. Tandis que d’autres ouvrages raconteront la vie de personnes pendant la guerre, celui-ci nous raconte l’histoire de ceux qui la découvrent . Du haut des ses 16 ans, Amel a un point de vu révolté et indigné. Pacifiste, elle cherche à comprendre. Elle sait que sa mère et sa grand-mère ont un secret, et va tenter de le découvrir. Cela va entraîner le lecteur dans sa quête, et nous plonger dans l’histoire de la guerre et dans l’envie de découvrir ce secret. La seine était rouge nous parle des opinions de cette jeune fille, on voit les choses à travers ses yeux. Ce qui me plaît beaucoup dans ce livre est son engagement politique. C’est pour moi une œuvre efficace qui documente et informe, et qui présente plusieurs avis différents grâce à des personnages tout aussi différents.

Cependant, je n’ai pas réussi à me plonger réellement dans ce roman. J’ai trouvé premièrement que la  façon d’écrire était étrange : on se perd entre les personnages, on ne sait plus qui parle ou de qui on parle… Comme si l’auteur essayait de créer un effet de confusion, ce qui est pour moi un gros inconvénient. Si un livre n’est pas clair, et que le fait qu’il soit confus n’apporte rien, la lecture en devient difficile. De plus, il n’y a pas d’actions, ni de réels rebondissements, j’ai donc eu du mal à ne pas m’ennuyer et à continuer à le lire avec plaisir.

Cela reste quand même un livre touchant, un beau témoignage sur cette guerre dont on parle peu.

Sarah, 602

février 26th, 2017

Dernière gorgée …

Les guerres de Tchétchénie ont fait des ravages, notamment dans les rangs russes comme on peut le remarquer dans le roman de Andreï Guelassimov, La Soif. Guelassimov est un romancier russe né le 7 octobre 1966 à Irkoutsk et il est aussi un auteur engagé. Il est passé par plusieurs fonction avant de s’engager réellement dans la littérature, pour ensuite publier son livre le plus célèbre La Soif. Il ne gagna aucun prix avec ce livre malgré son succès jusqu’à que Dimitri Tiourine reprenne son livre pour en faire un film. Dès la sortie du film, Guelassimov remporta le prix du meilleur scénario lors de la 21ème édition du Festival du cinéma russe à Honfleur.

Dans son livre, l’auteur  évoque plus particulièrement la première guerre de Tchétchénie qui a commencé en 1994 pour se terminer deux ans plus tard. Elle a opposé les forces armées Russes  face aux victorieux Tchétchènes qui voulaient garder leur indépendance. Le premier président de la Russie, Boris Eltsine, avait besoin d’une fulgurante victoire de sa grande armée pour montrer au grand public que la Russie était encore une superpuissance. Lors de son attaque surprise, le président russe s’est vite rendu compte que la tâche était plus compliquée que prévu. Comme a dit un commandant russe:  » Il est impossible de vaincre un peuple. Cela n’existe pas dans l’histoire du monde ».

Kostia personnage principal de l’histoire revient de son service militaire de Tchétchénie. Il a subi un accident avec trois autres soldats, dans leur véhicule. Malheureusement,Kostia se retrouve défiguré et brûlé au niveau du visage, ce qui va effrayer les gens et en particulier les enfants. Il se met alors à boire de la vodka, comme tout russe qui se respecte, pour essayer d’oublier. Kostia boit autant que le vieil homme qui lui a enseigné le dessin lorsqu’il était plus jeune.

Voilà que son passé traumatisant ressurgit lorsque ses anciens camarades de combat viennent le chercher pour retrouver leur camarade disparu depuis qu’il a tardé à sortir du char. Cette dernière aventure va le changer pour de bon.

Ce roman d’aventure court et intense vous  ne lâche pas jusqu’à la dernière page du livre. L’histoire est racontée par Kostia  à la première personne. Ce jeune homme ne s’apitoie pas sur son sort qui l’a infligé d’une gueule cassée. Bien au contraire, Kostia est fier, il se contente plutôt de boire toute la journée, de dessiner et d’envoyer au diable le reste du monde. Sauf sa famille même s’il a eu une dure enfance,sauf ses camarades avec qui il était à la guerre, et sauf  bien sûr sa charmante voisine qui lui demande de faire peur à son fils pour qu’il obéisse enfin. Bien que Kostia ait un fort caractère ou qu’il soit maladroit,bourru, paumé, solitaire, il reste au fond de lui une homme très gentil.

J’ai apprécié l’absence de jugements politique et d’opinion. Du fait que l’auteur aborde d’une autre façon une guerre, l’histoire devient plus intéressante. Comparé à L’Art de Voler d’Antonio Altarriba que j’ai pu lire, l’auteur ici raconte l’aventure de son personnage sans s’attarder sur tous les événements de la guerre. Alors que dans l’Art de Voler il raconte aussi l’histoire d’un homme pendant la guerre mais la détaille beaucoup plus. Ce qui peut être instructif mais aussi plus ennuyeux. Guelassimov dénonce quand même la guerre mais sans employer grands mots.

La soif est une magnifique leçon de vie et d’espoir. Malgré des complications durant son enfance et ses années en tant que soldat. Kostia grandit, devient un vrai homme. Il se découvre même un talent, le dessin.C’est par la suite qui comprend enfin ce que voulait lui dire son vieux  professeur quand il lui demandait de regarder par la fenêtre. Il observait, jusqu’à se rendre compte que le plus important n’était pas ce qu’on voyait extérieurement mais surtout intérieurement. La Soif ne parle pas uniquement de la Russie mais aussi de l’art et de son pouvoir de guérison.

La note d’espoir qui termine le récit donne confiance en l’avenir de Kostia. C’est bien cette satisfaction qu’on ressent lorsqu’on tourne  la dernière page.

C’est un excellent livre, on ne peut que l’aimer. Je vous le conseille vivement.

 

Alexis CLERC 602

février 12th, 2017

Mieux vaut mourir debout que mourir à genoux

L’art de voler est un roman graphique racontant l’histoire du père d’Antonio Altarriba, né en 1910 en Espagne. Cet auteur est professeur de littérature  à l’université, romancier et scénariste de bande dessinée. Il s’est fait connaitre grâce à cette bande dessinée dont il attendait avec impatience la sortie. Il a collaboré avec Kim  un auteur de bande dessinée, né en 1941. Il se fait connaître grâce à sa série Martinez le Fach. Son succès a pris un grand empleur lors de la sortie de son roman graphique avec Altarriba, L’art de volerCe duo de choc a fait parler de lui dans le monde de la littérature. Ils ont obtenu le Prix National de la bande dessinée.

L’auteur nous raconte la vie de son père sans que celui-ci  ne la lui ait racontée précisément au préalable. Le récit est fait à la première personne du singulier. Dès les premières pages de la BD , on imagine le suicide d’Antonio alors qu’il devenu un vieillard. En choisissant cette BD, nous nous ne attendions pas à un telle histoire sur la vie d’un homme en particulier mais aussi sur la guerre civile d’Espagne de 1936. Le titre qui est inspiré d’un jeu de mot nous induit en erreur, tout comme la première de couverture.On apprend beaucoup de chose sur cette guerre atroce. Suite à la défaite du camp républicain auquel appartient le héros, l’histoire se base sur la migration de son personnage principal vers la France, alors que celle-ci est en train de vivre un événement historique.

La vie d’Altarriba est une tentative désespérée pour «s’envoler» qui était son premier rêve tout comme être chauffeur de voiture, pour s’arracher à l’existence oppressante que lui impose la réalité sociale, économique, politique et sexuelle de son pays et de son temps. Cependant, la réalité triomphe sans cesse, et les espoirs de vie meilleure d’Antonio s’effondrent tout comme ses proches qu’il voit disparaitre les uns après les autres sous ses yeux.

C’est avant tout une biographie assez tendue, qui raconte une longue guerre ; la guerre qu’Antonio mène contre les conditions que lui offre le monde, guerre qu’il perd, qu’il ne cesse de perdre, malheureusement. N’oublions pas que c’est bien une biographie, et non une fiction. Autre fois, ces atroces évènements historique se sont donc réellement passé. Ce n’est pas un roman très gai, son histoire est plutôt sensible, triste et même horrible mais l’histoire racontée sous forme de roman graphique est attachante et on s’y plonge directement.  Je trouve  les dessins de Kim très bien réalisés mais j’adhère moins au choix du noir et blanc, mais je pense que ce livre aurait eu moins de succès sous forme de roman car il aurait été beaucoup moins efficace .

Antonio a voulu raconter la vie de son père pour que nous, lecteurs, réalisions l’horreur de la guerre civile d’Espagne. Il s’est donc battu pour sa liberté, mais il a préféré mourir de lui même, la tête haute et non à genoux par la dictacture espagnole.

Alexis Clerc, 602

février 12th, 2017

L’Art de voler, un manuel d’Histoire…

L’Art de voler est une bande dessinée écrite par Antonio Altarriba après le suicide de son père à 91 ans, en 2001,  illustrée par le dessinateur Kim, en noir et blanc. Kim est né en 1942 à Barcelone. Influencé par l’underground américain, il publie ses premières bandes dans le magazine musical Vibracionnes. En 1977, il crée pour l’hebdomadaire satirique El Jueves, le personnage de Martinez El Fecha, est caricature de l’espagnol d’extrême droite, qui connait une gloire nationale. Quand Antonio Altarriba lui proposera la difficile mission de dessiner 90 ans de la vie de son père, il acceptera sans hésiter.

Dans cette bande dessinée parue en 2009 en Espagne et en 2011 en France, Antonio Altarriba nous raconte l’histoire de l’Espagne au cours du XXème siècle à travers les yeux et la vie de son père nous menant à découvrir le régime de Franco, la « retirada » et la libération par exemple.

Cette bande dessinée historique est reconnue en Espagne et a obtenu plusieurs prix.

Pour moi, c’est une réplique d’un manuel scolaire d’histoire-géographie, dans le sens où Altarriba se contente juste de raconter  l’histoire de son père sans y ajouter une touche personnelle qui pourrait nous toucher et ce, avec un seul point de vue, celui du père d’Antonio . On pourrait rajouter aux défauts de cette œuvre les nombreuses scènes érotiques qui ne sont pas d’une grande utilité ou l’image des femmes en est presque dégradée.

Mais j’ai tout de même relevé quand même des choses intéressantes, les dessins sont très détaillés et beaux bien qu’ils soient en noir et blanc et le passage de la Seconde Guerre Mondiale est celui que j’ai préféré car j’adore cette période de l’histoire et c’est le seul moment du livre qui ne ressemble pas à un livre d’histoire car cette partie est plus animée.

Je ne conseille pas forcément cette bande dessinée mais cela reste tout de même un livre intéressant pour découvrir l’histoire d’Espagne car elle est très réaliste, un peu trop même…

Sergi 602

février 12th, 2017

L’hiver est rude mais l’alcool est russe

Un jeune russe revient de son service militaire de Tchétchénie le visage brûlé après l’attaque de son tank. Pour oublier ce malheur, Kostia, dont le visage fait peur aux enfants, se noie dans l’alcool comme seul un Russe peut le faire et surtout, il dessine. Il dessine grâce à l’enseignement d’un peintre raté qui lui a appris deux choses : boire de la vodka et ouvrir ses yeux sur le monde pour mieux le peindre. Deux de ses camarades soldats arrivent à le sortir de sa misère et l’emmènent malgré lui à la recherche d’un troisième.

Andrei Guelassimov est un auteur russe de littérature engagée. Après des études de lettres à l’Université d’Irkoutsk et à l’Université de Moscou, il suit des cours de mise en scène à l’Institut d’études théâtrales de Moscou. Il devient scénariste pour quelques fictions de télévision, avant de se consacrer entièrement à la littérature.

Je trouve que ce livre rend vraiment hommage aux dessinateurs qui ont un regard différent sur notre monde actuel. Là, dans ce roman, Kostia, de son vrai nom Constantin, retrouve peu à peu le goût de la vie grâce à son envie de dessiner. Cette envie qu’il retrouve en gardant les enfants de son père et en traversant la Tchétchénie. Ce pays ravagé par la Guerre où réside un monde abominable, parsemé de vies tristes et douloureuses.

L’évocation de la guerre en Tchétchénie par un auteur russe est en soi une prise de risque quand on voit ce qui est arrivé à  Anna Politkoskaïa. C’était une journaliste Russe connue pour son opposition à la politique de Vladimir Poutine qui a été assassinée en 2006. En effet, l’auteur a un point de vue Russe et nous laisse entendre que la Guerre n’est pas équilibrée car il nous rappelle plusieurs fois que « les russes se faisaient tirer dessus au sniper sans savoir d’où venait ces tirs ». L’auteur présente vraiment les conséquences de la guerre sur les anciens soldats qui ont des difficultés à se réinsérer dans la société russe. Pourtant, dans ce monde-là subsiste une richesse : le dessin.

Le récit de Kostia débutait sur l’appel au secours de sa voisine Olga lui demandant de venir faire peur à son petit garçon Nikita : « Excuse-moi de toujours t’embêter, me dit-elle alors. C’est que… il n’a peur que de toi… Moi, il ne m’obéit plus du tout. » Et il se termine par le retour vers ce même gamin qui dit à Kostia après qu’il l’ait mis au lit :« Moi je sais. Je sais bien que tu n’es pas méchant. C’est juste ta figure qui est comme ça. »

On voit bien que ce livre donne de l’espoir à ces gens qui ne sont pas comme tout le monde. C’est une belle histoire émouvante car c’est avec les enfants de son père et celui de sa voisine que Constantin se replonge dans son enfance et du coup arrive à dessiner son vrai visage.

Un roman à découvrir, surtout pour les amateurs de dessin.

 

Joffrey, 602