mars 7th, 2018

Petit pays de mon enfance

Petit pays est un livre de fiction autobiographique de l’Auteur Gaël Faye .Gaël Faye écrit ici son premier roman salué par la critique, récompensé par le Prix Concours des lycéens après avoir figuré sur plusieurs listes de prix et notamment le prix littéraire de notre lycée. Il avait également reçu le Prix Fnac. Faye est par ailleurs auteur-compositeur-interprète. « Petit pays » est aussi le titre d’une chanson figurant dans son album : Pili-pili sur un croissant au beurre.

Né au Burundi, d’une mère rwandaise et d’un père français du Jura, Gaby connait à Bujumbura les joies d’une enfance libre et heureuse. Il vadrouille dans son quartier, entouré de sa bande de copains, quand il ne part pas en randonnée avec son père à la rencontre des pygmées, découvrant la douceur des collines et la beauté des lacs.

Mais le début de la fin de ce bonheur s’annonce quand le jeune garçon assiste simultanément aux disputes de ses parents et aux prémices d’une guerre civile qui oppose Hutus et Tutsis, bientôt suivie du génocide rwandais.

Petit Pays est un lire dans lequel nous savons dès le début qu’un génocide sera raconté par un enfant, en effet l’auteur pose l’intrigue dès le prologue. Ce génocide Rwandais a vraiment existé donnant ainsi un aspect plus touchant à l’histoire et plus réaliste. Lors de la lecture on se demande si nous réagirions de la même façon que certain personnages.

Pour ce qui est de l’écriture du livre, elle est simple et facile à lire nous ne rencontrons pas de problème avec le vocabulaire qui est si simple et compréhensible. Cette façon d’écrire donne encore plus de réalisme au fait que le narrateur soit un enfant, Gabriel. Ce livre est vraiment touchant, il parle d’un génocide d’une manière si détaillée qu’on pourrait même croire que nous le vivons avec le personnage principal.

L’auteur aborde des thèmes très intéressants tels que la violence des génocides qui occupe une grande place dans ce roman mais aussi l’évasion que les livres peuvent nous procurer. En effet lire un livre nous projette dans un autre monde, un monde où nous laissons tous nos problèmes de côté. En parlant d’évasion, en lisant ce livre on se sent projeté dans un autre monde, le monde vu à travers un enfant, un monde ou joie et tristesse cohabitent.

Gaël Faye parle d’un fait historique sans non plus être barbant comme le sont la majorité des livres abordant ce thème, du moins de mon point de vue.

Sans oublier que Gaël Faye et le personnage principal partagent de nombreux points communs. En commençant par leur origine, en effet l’auteur est tout comme Gabriel un métis rwandais grâce à sa mère et français grâce à son père. Mais il y a aussi d’autres similarités qu’ils partagent comme leur prénom qui ne sont pas identiques mais qui se ressemblent assez. Ce livre est une sorte de livre autobiographique, c’est comme si l’auteur nous racontait sa vie à travers le personnage qu’il a créé.

Cet ouvrage m’a plu car il était écrit d’une merveilleuse façon, le livre était parsemé de magnifiques phrases, certaines nous font même réfléchir comme lorsque avant la guerre Gabriel dit « Plus tard, quand je serai grand, je veux être mécanicien pour ne jamais être en panne dans la vie. Il faut savoir réparer les choses quand elles ne fonctionnent plus ». Puis dévasté de voir la guerre, il dira plus tard dans l’histoire « Je ne veux plus être mécanicien. Il n’y a plus rien à réparer, plus rien à sauver, plus rien à comprendre ». C’est l’un des moments où l’on se dit que Gabriel est entrain de mûrir perdant lors de la guerre son innocence d’enfant.

Je vous conseille ce livre, il est simple, rapide à lire et bien détaillé et nous emporte dans un autre monde comme Gabriel l’a été lorsqu’il a découvert les plaisirs de la lecture.

Amina, 606

 

mars 6th, 2018

L’appel du Rojava

C’est une BD originale sur un sujet que l’on entend souvent aux infos: les luttes entre Daesch, la Turquie, les Kurdes… auxquelles nous ne finissons par ne plus rien comprendre. L’auteur de la BD est Michele Rech plus connu sous le nom de Zerocalcare né à Rebbibia dans un quartier populaire de Rome.

Envoyé par le journal italien l’«Internationale», le dessinateur part en Syrie, à Kobané, à la rencontre de l’armée des femmes kurdes, en lutte contre l’avancée de l’Etat islamique. A partir de ce voyage, il livre un reportage qui s’efforce de retranscrire la complexité et les contradictions de cette guerre tout un gardant un ton drôle et touchant.

L’auteur relate ce qui se passe, ce qu’il voit, ce qu’il entend parfois même ce qu’il pense…

Il part une première fois pour la région en 2014, au plus fort de la bataille de Kobané : Daesh a avancé dans le nord de la Syrie et contrôle presque entièrement le canton de Kobané. Seule demeure une poche de résistance dans la ville même. Les Kurdes doivent en plus faire face, sur leurs arrières, à l’hostilité du régime turc qui empêche le ravitaillement et complique considérablement l’arrivée de renforts. Au pire moment, les Kurdes ne tiennent plus qu’une fine bande de terre près de la frontière et quelques immeubles… Les États-Unis et la coalition internationale changent alors de stratégie : ils commencent à bombarder activement les positions de Daesh. Les Kurdes saisissent leur chance et la bataille de Kobané se renverse. La ville est libérée. Zerocalcare vit une partie des combats depuis un petit village kurde de Turquie ; il rencontre des soldats blessés et des civils kurdes qui ont fui devant Daesh. La nouvelle de la victoire lui arrive en Italie – il en est bouleversé. Le sort du Rojava, le Kurdistan syrien, est devenu pour lui quelque chose de personnel.

Il y a tout dans ce roman graphique. La dénonciation des raccourcis des médias qui présentent les gentilles femmes kurdes de Kobané et les méchants terroristes du PKK (juste pour ne pas se fâcher avec la Turquie). Mais également nos images d’occidentaux et ce que nous plaquons sur une situation qui nous semble bien lointaine. Le tour de force de Zerocalcare c’est d’arriver à raconter ce voyage avec un humour qui force le respect. Certain des personnages sont croqués sous la forme d’animaux. Sa mère prend par exemple les traits de dame Gertrude, vous savez, la grosse poule dame d’honneur de la belle Marianne dans le Robin de bois de Disney ; Un tatou comme dans sa BD précédente l’accompagne toujours, comme une présence rassurante. Et puis l’auteur fait des comparaisons avec ce qu’il connaît car la guerre pour lui comme pour nous ce n’est que dans les films ou dans les livres. Mais quand il fait des raccourcis, il les assume, et il les souligne même avec toujours cette pointe d’humour qui est sa marque de fabrique.

Kobané Calling est une bonne introduction à la révolution du Rojava, en plus d’apporter de la fraîcheur dans le genre du reportage de guerre dessiné. Il faut toutefois se garder de prendre le récit de Zerocalcare pour autre chose qu’un récit : au milieu d’un monde et d’une guerre complexes, l’auteur-dessinateur ne peut pas saisir toutes les nuances de la réalité. La lecture d’autres ouvrages sur le Rojava est obligatoire pour se faire une idée plus juste de la révolution du Rojava.

Adel, 606

mars 4th, 2018

Un point de vue humain sur le conflit syrien

 Zerocalcare, de son vrai nom Michèle Rech, est un auteur de bande dessinée italien, né le 12 décembre 1983 à Arezzo en Italie.  

Auteur de BD italien, il est parti en reportage au Kurdistan, côté turc, puis en Irak, en Syrie, à Kobane juste après sa libération notamment. Avec humour et naïveté, il raconte.

 « Tu entends Ratatata, c’est Daech. Tu entends Toum toum toum, c’est nous.

- Et Sboum ? – Sboum, ça dépend. Feu et Sboum, c’est les Américains, Sboum tout seul, c’est Daech. »

Au-delà de l’aspect militaire, Zerocalcare s’attache surtout à décrire avec beaucoup de sincérité, le combat des Kurdes de Syrie, dans la région du Rojava, où ils tentent, en plein chaos, d’instaurer une société fondée sur des principes d’égalité et de démocratie. Une société où les femmes, musulmanes ou non, conquièrent jours après jours de nouveaux droits.

Dans Kobane calling qui est un témoignage poignant de Zerocalcare, l’auteur réussit à apporter de l’humain dans un conflit syrien, qui nous apparaît trop souvent lointain et désincarné.

  Cette bande dessinée est très humaine et émouvante car l’auteur ne cherche pas à « démontrer » quelque chose, il se contente juste de raconter son vécu et de laisser le lecteur réfléchir comme il le souhaite. C’est un livre qui rend joyeux et qui fait rire et apporte un éclairage passionnant sur l’actualité et la nature humaine. Pourquoi s’en priver? Ce témoignage fort et poignant a le mérite de nous éclairer sur les réalités de la guerre actuelle en Syrie, et de nous présenter une autre vision que celle, forcément biaisée et simplifiée, des médias occidentaux auxquels on est habitué, ainsi que de nous donner des points de vue et de nous livrer des messages différents de ceux délivrés habituellement par nos responsables politiques.

 Cet ouvrage au final remarquable, remplit parfaitement son rôle de donner une autre vision de la guerre en Syrie, sans concession ni parti pris et pour cela je vous le conseille vivement.

Ganiatou , 606

mars 2nd, 2018

La face cachée de l’Orient

Zerocalcare ou plutôt Michele Rech est un auteur de BD Italien, né en le 12 décembre 1983 et qui a vécu à Rebibbia, un quartier populaire de la zone Est de Rome et qui abrite une prison et un mammouth. Il a obtenu deux fois d’affilée le prix XL en 2012 et 2013 et le prix Michelluzi 3 fois dont un pour la BD Kobane Calling.Mammuth_by_Zerocalcare_01

 

Kobane Calling est une BD qui raconte l’histoire des deux voyages du dessinateur dans la région du Kurdistan qui s’étend dans le sud-est de la Turquie, dans le nord-est de l’Irak, dans le nord-ouest de l’Iran et sur deux petites régions au nord-est et au nord-ouest de la Syrie. Il y rencontrera des membres du YPJ (Yekîneyên Parastina Jin: unité de protection de la femme) et des membres du PKK (Partiya Karkerên Kurdistan: Parti des Travailleur du Kurdistan).

Son premier voyage se déroule à Mesher, un petit village en Turquie a un kilomètre du front avec Daech puis dans un camp de réfugiés où il découvrira leur mode de vie et leur organisation et où l’on verra que les femmes ont une place importante dans leur20180226_114941-1[1] société et ne sont pas persécutées  comme dans les préjugés des médias.

Lors de son second voyage, Zérocalcare ira a Kobané et rencontrera des membres du YPJ avec qui il fera le voyage du Canton de Cizre à Kobané  où il rencontrera les résistants  à Daech et l’horreur de cette guerre. Il ira aussi dans les montagnes de Quandil pour rencontrer les Membres du PKK qui sont considérés comme des terroristes par l’état Turc alors que ce sont les seuls avec les YPG et YPJ à vraiment se battre contre Daech.

Ils feront la rencontre de Hevàl Cuma le second fondateur du PKK après le président Öcalan; et le dessinateur ira passer quelques jours dans les Montagnes Quandil avec un groupe de femme du PKK. On apprend que certaines ont rejoint le PKK car elles étaient maltraitées.

Tout d’abord, j’ai aimé ce livre car le récit est bien fait, les dessins sont simples mais jolis et les décors et arrières-plans sont très bien faits. De plus, les vignettes en noir nous décrivent très bien l’horreur de cette guerre.

p153                                        p47                                        p194

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L’auteur nous fait aussi parvenir ses pensées au moment de l’histoire et fait aussi de l’uchronie pour cela il utilise souvent des caricatures ou des personnifications et il faut avoir les références pour comprendre.

exemple de caricature:

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exemple d’uchronie:

p88                                          p127

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Cette BD est aussi pleine d’humour il arrive à nous faire rire avec certaines de ses peurs ( comme les lentilles au petit déjeuner) ou avec son addiction au chaï (« une sorte de thé ») mais aussi de certaines choses vraies et parfois pas des plus plaisantes qu’il caricature en simplifiant la réalité de sortes à ce qu’elle fasse rire.

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1-p136 sa peur de savoir s’ ils vont avoir des lentilles pour le petit déjeuner

2-p156 son addiction au chaï

3-p29 caricature de comment ils  propagent leur terreur

 

Et ce n’est pas tout, en plus de toutes ces qualités de BD, cette oeuvre parle du rôle des femmes au Kurdistan et montre qu’elles ne sont pas obligées de porter un voile ou de rester au foyer mais elles peuvent aussi se révolter, faire la guerre ou même diriger un groupe ou un pays. Elles sont aussi autoritaires et respectées et elles occupent un place importante dans la résistance contre Daech.

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1-p36 quand Newroz lui parle de leur révolution

2-p38 compare les action des femmes et celles des politiciens

Cette BD nous montre aussi ce que l’État Turc essaye de cacher et elles nous apprend la vérité des choses sur la situation du Kurdistan et non l’image des médias qui instrumentalisent le moindre mort et qui montrent le contraire des choses sans rentrer dans les détail et ne parlent principalement que des conflits.

p248 image des actions de ceux qui vivent la guerre20180226_144013[1]

 

 

Pour finir j’ai beaucoup aimé cette BD et je vous la recommande, les dessins sont biens faits, l’histoire est intéressante grâce aux  thèmes abordés et en plus elle est humoristique, ce qui nous permet d’être captivés malgré les longs dialogues qui sont souvent ennuyeux dans des BD. Si vous voulez savoir ce qui se passe au Kurdistan et avoir un petit moment de détente et de rire, je vous la conseille fortement.

 

p.s.: désolé pour les images coupeés; si vous voulez les voir mieux il vous suffit de les sélectionner.

 

 

 

Pablo, 606

février 7th, 2018

Kobane Calling, la vraie vie en Orient

kobane callingcouverture Kobanne Calling

Planche et première de couverture de Kobane Calling

Kobane Calling est un livre écrit par l’italien Michele Rech connu par le nom de Zerocalcare, ce surnom est né après une inscription sur un blog , il s’inspira d’une publicité  pour un produit anti-calcaire. Cet auteur est né le 12 décembre 1983. Il a vécu à Rebbibia,un quartier du Ponte Mammolo à Rome connu pour sa prison et pour les graffiti.

Ces dernières années, Zerocalcare a diverti beaucoup de gens grâce à son style narratif frais et immédiat, basé sur les petits problèmes de la vie quotidienne.

Ce livre parle des deux voyages qui ont conduit l’auteur à la frontière entre la Turquie et la Syrie. Un premier voyage vers la ville de Mehser puis un autre voyage à Erbil où il trouvera le YPJ (Les Unités de protection de la femme qui furent mis en place en 2013 pour combattre Daesh) et le PKK (Le Parti des travailleurs du Kurdistan).

J’ai aimé ce livre car l’auteur perçoit que ce qui se passe dans ces zones est un événement historique et social très important et en même temps on ne voit pas dans les médias nationaux et traditionnels une couverture adéquate de cet événement. Les médias sont plutôt concentrés sur la représentation des conflits armés sans être capable d’approfondir.

J’aime fortement ce livre aussi parce que c’est un témoignage très personnel du narrateur qui est l’auteur du livre car il est allé lui même dans ces endroits sans savoir, comme nous, la vérité de ces affrontements. Il explique tout ces conflits avec humour et avec un style de dessin plutôt caricatural. 

L’auteur parle aussi du rôle de la femme, on voit qu’en Italie, l’image de la femme du Moyen-Orient est reduit au rôle de mère, couverte par le voile, et sans aucun droit, mais grâce à son témoignage on voit que la femme a eu une grande émancipation et avec le mouvement YPJ, elle pouvait physiquement rivaliser avec l’homme, se révélant égale en force.

Je conseille ce livre à tout le monde, à tous les gens qui veulent voir ce qui passe dans les pays d’orient. Personnellement je ne lis pas trop car les livres ça m’ennuie mais quand j’ai commencé cette BD, je me suis plus arrêté de le lire.

Aimane, 606

février 7th, 2018

Un enfant du monde

Petit Pays est le premier roman de Gaël Faye, connu jusque-là comme auteur-compositeur-interprète.

Gaël Faye est né en 1982 à Bujumbura au Burundi d’une mère rwandaise et d’un père français.

En 1995, après le déclenchement de la guerre civile au Burundi en 1993 et le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994, il arrive en France .

Il était donc inconnu dans le monde de la littérature jusqu’à l’écriture de son livre Petit pays mais il était connu en tant que slameur .

 Gabriel, dix ans,vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés .Gaby connaît à Bujumbura les joies d’une enfance libre et heureuse, un  quotidien paisible, mais tout ce bonheur va se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire.

Gabriel voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Successivement, la violence l’envahit, l’imprègne, et tout bascule.Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français…

En lisant ce livre , d’une façon ou d’une autre, l’auteur nous touche et nous emporte avec l’histoire du métissage, de racisme, des méfaits de la colonisation et de l’exil…

 Alors que les élections présidentielles apportent l’espoir d’une démocratie, ce petit pays tombe sous le poids de la haine, de la mort et des massacres. Le petit Gaby coule des jours heureux au cœur de son impasse, entouré de ses amis. Il va chercher longtemps à se cacher la réalité, il ne veut pas choisir son camp mais il devra comme tout le monde faire le deuil de sa vie d’avant, tirer un trait sur son enfance et perdre son innocence…

 J’ai beaucoup apprécié ce livre très touchant car comme nous l’avons vu au début de ce roman, Gaël Faye nous donne l’image d’un petit garçon innocent qui profite de son enfance avec ses amis qui, eux, vont se rebeller et Gaby ne va plus les reconnaître. Ils deviendront des « inconnus » , Gaby va donc se renfermer sur lui même mais aussi en lisant des romans sauf qu’au bout d’un moment notre héros va devoir se réveiller et faire face à la réalité qui est dure à encaisser pour un enfant .

Entre les différents clans , la séparation de ses parents , sa famille qui se brise petit à petit… Gaby perd peu à peu sa joie .

 Ce roman est écrit avec une grande simplicité, l’amour et la délicatesse d’un jeune enfant.

Il nous intègre à cette famille inspiré par les propres expériences de l’auteur. Par exemple, Gaby et l’auteur sont tous les deux des métis d’une mère rwandaise et un père français et vont tous les deux devoir s’exiler en France .

 Malgré beaucoup de points positifs , il y a un petit bémol dans cette histoire ou plutôt dans la façon d’écrire de l’auteur: les lettres envoyées à Laure, la correspondante française, sont écrites d’une façon assez complexe par rapport à la façon dont le reste de l’histoire est écrite .

 Je conseille néanmoins vivement ce livre. Il est assez intéressant et se glisser dans la peau d’un petit enfant  va plus nous toucher que si le personnage principal était un adulte, on a même de la compassion et on arrive bien à s’imaginer cette histoire puisqu’elle est inspirée de faits réels et peut-être même par les propres expériences de l’auteur… 

Ganiatou, 606

 

 

 

janvier 26th, 2018

Petite critique d’un Petit Pays

Petit Pays de Gaël Faye est un roman autobiographique et d’apprentissage publié le 24 Août 2016. Gaël Faye est un slameur, auteur et chanteur Burundé né en 1982.

Dans son livre autobiographique, le narrateur est un petit Gabriel âgé de 10 ans qui habite au Burundi et qui voit le monde d’une certaine façon , une façon enfantine et simplifiée ( des méchants et des gentils , des gens caricaturés … ). Il vit avec son père français, sa mère rwandaise et sa sœur dans un quartier modeste d’immigrés jusqu’au jour ou tout bascule avec la Guerre Civile et les disputes de ses parents qui deviennent quotidiennes. La vie d’un petit garçon qui se voit au milieu d’un drame, au milieu d’une violence inédite n’en reste pas moins enfantine et gaie malgré autant d’atrocités.« J’ai écrit ce roman pour faire surgir un monde oublié, pour dire nos instants joyeux, discrets comme des filles de bonnes familles: le parfum de citronnelle dans les rues, les promenades le soir le long des bougainvilliers, les siestes l’après-midi derrière les moustiquaires trouées, les conversations futiles, assis sur un casier de bières, les termites les jours d’orages… J’ai écrit ce roman pour crier à l’univers que nous avons existé, avec nos vies simples, notre train-train, notre ennui, que nous avions des bonheurs qui ne cherchaient qu’à le rester avant d’être expédiés aux quatre coins du monde et de devenir une bande d’exilés, de réfugiés, d’immigrés, de migrants. »

J’ai accroché à cette oeuvre car l’histoire pouvait parler à presque tout le monde, que ce soit un enfant victime du divorce de ses parents ou un enfant qui vit la guerre quelque part dans le monde. Pour moi, ressentir l’histoire comme le personnage est un priorité dans un récit car une lecture sans éprouver ou même penser comme le héros n’est pas une vraie lecture mais un acte forcé.

On peut facilement apprécier le style de l’auteur et les touches humoristiques qui font passer la réalité pour un peu moins violente de ce qu’elle est vraiment. L’histoire commence très vite et on peut s’y accrocher dès les 20 premières pages. De plus, le vocabulaire ne pose pas de souci , le texte respire, ce n’est pas écrit tout petit et il n’y a pas énormément de pages une fois qu’on lancé.

C’est pour cela que je conseille vivement de lire Petit Pays de Gaël Faye ou pour les flemmards, au moins d’écouter la version slamée de Gaël Faye lui même avec un fond musical car le jeu en vaut la chandelle. Voici le lien pour cela:

https://www.franceculture.fr/emissions/latelier-fiction/petit-pays-de-gael-faye

Lyham ,606

janvier 25th, 2018

Voyage dans le Kurdistan, entre la Turquie et Daesh

Kobane Calling  est une bande dessinée, écrite et illustrée par Zerocalcare, un écrivain italien né le 12 Décembre 1983. Il est l’auteur de bande dessinée le plus populaire en Italie en ce moment. Avec « Kobane Calling » il a déjà remporté le prix Micheluzzi (prix donné aux auteurs de bandes dessinées lors du comicon de Naples, le nom du prix vient de l’auteur italien Attilio Micheluzzi) pour la meilleure histoire courte en 2016.

couverture Kobanne Calling

Kobane Calling, le livre ayant reçue le Micheluzzi et qui fait partie de notre sélection cette année
La bande dessinée a été écrite et illustrée à partir des notes prises par l’auteur lors de ses voyages dans la région du Kurdistan. Il s’agit d’un pays non reconnu par l’ONU chevauchant le Sud-Est de la Turquie, le Nord-Est de la Syrie, le Nord de l’Irak et l’Ouest de l’Iran.

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Région du Kurdistan.

Là-bas, Zérocalcare rencontre des membres de la YPJ (Yekîneyên Parastina Jin: Unités de protection de la femme) et des membres du PKK (Partiya Karkerên Kurdistan) Ce Parti des travailleurs du Kurdistan est mouvement d’indépendance du Kurdistan en Turquie inscrit sur la liste internationale des organisations terroristes sur demande du gouvernement Turc et considéré par de nombreux pays comme la Turquie, l’Australie, le Canada, les États-Unis, la Nouvelle-Zélande, l’Union Européenne et le Royaume-Unis comme une organisation terroriste.

La bande dessinée raconte donc ses deux voyages au Kurdistan. Son premier voyage  était un voyage humanitaire dans le village de Mehser puis dans un camps de réfugiés.

Pour son deuxième voyage il est parti à Erbil, dans les montagnes de Quandil, à Qamichli et à Kobane. C’est lors de son deuxième voyage qu’il rencontre des personnes des YPJ et du PKK.

La narration est interrompue parfois pour montrer des éléments antérieurs aux voyages, pour donner des informations pour ne pas être perdu, pour dire ce qui se passe dans sa tête au même moment ou critiquer la vision que les médias et les politiciens donnent du Kurdistan, de la religion, ou de la place des hommes et des femmes. Dans la narration, il va faire intervenir son quartier représenté par un mammouth qui va lui poser une question: « Tu déménagerais au Rojava ou pas? »

J’ai aimé cette bande dessinée pour plusieurs raisons. La première raison est que cette oeuvre donne une autre vision de la femme dans ces pays que ce que les médias nous montrent. Par exemple aux pages 36-37, l’auteur discute avec une des responsables du camp de réfugiés où ils sont. Elle lui explique que dans les camps de réfugiés au Kurdistan il y a des maisons des femmes qui permettent d’aider les femmes qui subissent des violences conjugales.

Cet ouvrage montre aussi ce que l’état Turc veut cacher comme aux pages 105-106 où Zérocalcare recueille le témoignage d’un Turc arrêté pour activisme politique et battu à mort puis jeté dans une fosse où ils jetaient les dissidents politiques. L’auteur montre également par les témoignages la répression que fait subir l’état Turc, aux pages 192 à 197 : leur accompagnatrice explique la torture qu’elle a vécue en Turquie lorsqu’elle s’est faite arrêter lors de manifestations.

La bande dessinée a des passages qui sont comiques et qui contrastent avec le fond du voyage.

A la page 15 par exemle, il met en petit sa réaction extérieure d’impassibilité face à ses parents qui ne s’inquiètent pas de son voyage et sa réaction intérieure énervée.
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Illustration tirée de la page 15

Ou à la page 104 où il y a la personne Turque qui lui demande s’il veut de la crème de lentille quand il se réveille et où l’auteur à illustré ce qu’il en pensait.
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Illustration tirée de la page 104

Pour finir, on peut dire que l’auteur dans cette BD veut condamner les préjugés que les personnes ont sur la religion musulmane. Cette oeuvre est là pour donner un nouveau regard sur les organisations du Kurdistan et leur combat.

Il montre l’hypocrisie des politiques européens qui félicitent certains groupes et en condamnent d’autres en fonction de ce qui les arrange.

 Anton, 606

janvier 19th, 2018

Un petit pays pour un grand livre !

Voici un grand livre de Gaël Faye qui parle du génocide au Rwanda et de la guerre civile au Burundi vue à travers les yeux d’un enfant.

Gaël Faye est né en 1982 au Burundi d’une mère rwandaise et d’un père français.
En 1995, après le déclenchement de la guerre civile au Burundi et le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994, il est évacué en France.
Il passe son adolescence dans les Yvelines et découvre le rap.
Gaël Faye étudie dans une école de commerce, obtient un master de finance et travaille à Londres durant deux ans ensuite il quitte Londres pour se lancer dans l’écriture et la musique ; il est auteur compositeur interprète de rap. C’est la pratique de l’écriture qui l’emmené à la littérature. En 2016, il sort son premier roman, Petit pays, qui obtient de nombreux prix. J’aimerais qu’il obtienne le prix littéraire du lycée Déodat de Séverac.

Dans ce roman le héros, Gabriel, qui a une dizaine d’années en 1992,  a des points communs avec l’auteur: un père français, une mère rwandaise et une enfance au Burundi. L’auteur et son personnage aiment tous les deux la beauté de ce petit pays. C’est pour cela que Gaël Faye a utilisé un narrateur qui lui ressemble pour retrouver le monde de l’enfance. Mais ce n’est pas l’histoire de Gaël Faye. Il s’agit donc d’une fiction autobiographique. Ce roman a permis à Gaël Faye de retrouver le paradis perdu de son enfance. Il l’a écrit beaucoup plus en souriant qu’en pleurant parce qu’il a réussi à faire apparaître un monde qui a disparu mais qui reste dans sa mémoire.
Il a essayé comme le personnage de mettre le plus longtemps possible cette violence à distance et de ne pas trop la décrire.
Mais son récit rapporte des faits et des histoires personnelles dont il a été le témoin direct.

Dans ce livre, Gabriel, le héros, vit à Bujumbura au Burundi avec ses parents et sa sœur. Son père est un entrepreneur français et sa mère rwandaise. Gabriel passe de bons moments avec ses quatre copains, c’est une joyeuse bande. Gabriel voit avec inquiétude ses parents se séparer. Il découvre la douceur des collines et la beauté des lacs, c’est un beau paysage. Mais derrière la beauté de ces paysages il connaît l’insécurité, la violence, la terreur, le massacre pendant la guerre civile au Burundi et le génocide au Rwanda. 

J’ai beaucoup apprécié ce roman, il m’a touchée : l’auteur pose la situation dès le prologue, on comprend que le livre va raconter l’absurdité du génocide au Rwanda vu à travers le regard d’un enfant. Grâce aux dialogues, l’écriture est vivante. L’insertion de paragraphes au présent au début et à fin du roman est une construction intéressante. Dans ces deux paragraphes, l’auteur est adulte. La différence est marquée par des caractères d’écriture différents. Cette idée m’a plu car on comprend que l’auteur souffre de ses souvenirs d’enfance, il a du mal à s’adapter en France et il veut retourner dans son pays natal. Au début et à la fin du récit le narrateur a fait une bonne liaison entre les phrases; c’est comme s’il ne savait par où commencer à raconter l’histoire et comment la finir : « Je ne sais pas comment cette histoire a commencé »;  « Je ne sais pas comment cette histoire finira ».

L’auteur a très bien rendu ses sentiments, la description du pays. Par exemple : « Le jardin de Jacques grouillait de vie, éclatait de couleurs, diffusait un doux parfum de citronnelle ». J’ai beaucoup aimé son écriture :
Au début du livre, Gabriel écrit à une correspondante française, Laure « Plus tard, quand je serai grand, je veux être mécanicien pour ne jamais être en panne dans la vie. Il faut savoir réparer les choses quand elles ne fonctionnent plus ». Puis épuisé de voir la guerre, il écrira à Laure « Je ne veux plus être mécanicien. Il n’y a plus rien à réparer, plus rien à sauver, plus rien à comprendre ».

« J’ai les yeux marron donc je ne vois les autres qu’en marron. Ma mère, mon père, ma sœur, Prothé, Donatien, Innocent, les copains…ils sont tous lait au café. Chacun voit le monde à travers la couleur de ses yeux ». L’auteur nous montre que l’Histoire est vue à travers les yeux de Gabriel. L’auteur a choisi pour son narrateur fictif un prénom qui ressemble au sien et qui a la même sonorité.

Gaël Faye a un grand talent d’écriture : « Le génocide est une marée noire, ceux qui ne s’y sont pas noyés sont mazoutés à vie ». L’histoire du Rwanda a tellement touché Gaël Faye qu’avec sa famille, il a décidé d’aller vivre au Rwanda. Ses beaux-parents ont créé une association pour rechercher les responsables du génocide.

Pour échapper à la guerre, Gaby va se réfugier dans les livres; la découverte de la lecture va être très importante pour lui : « un livre peut te changer ! Et même changer ta vie. Comme un coup de foudre. Et on ne peut pas savoir quand la rencontre aura lieu. Il faut se méfier des livres, ce sont des génies endormis »; « les mots sont plus vrais que la réalité ». Grâce à la lecture, on peut découvrir le monde et ouvrir nos esprits.

Attribuer le prix du lycée Déodat de Séverac à Gaël Faye serait justifié car en plus de raconter une belle histoire, d’avoir une écriture talentueuse, Gaël Faye prône l’intérêt de la lecture comme source de liberté.

Pour moi ce livre est excellent, j’ai adoré.

Je suis quelqu’un qui n’aimait pas lire des livres ! Pourtant ce roman m’a vraiment donné envie d’en lire plein d’autres !

Florence, 606

mars 3rd, 2017

Un passé mystérieux

La seine était rouge est un roman écrit par Leïla Sebbar. A Paris, le 17 octobre 1961, c’est bientôt la fin de la guerre d’Algérie. Maurice Papon, préfet de Police, impose un couvre-feu aux Algériens. Le FLN organise alors une manifestation pacifique, qui dégénère. Les policiers attaquent, et des Algériens sont jetés dans la Seine.

A Nanterre, en 1996, Amel est une jeune fille de 16 ans, qui entend quelque fois sa mère et sa grand-mère parler de choses sérieuses, dans la langue Arabe. Amel ne parle pas cette langue, et veut savoir ce que sa mère et sa grand-mère disent. Elle a beau poser des questions aux deux femmes, celles-ci ne veulent pas lui répondre. Elle décide donc  de comprendre ces événements et cette manifestation du 17 octobre et de découvrir la vérité cachée par sa famille, avec Omer, un journaliste algérien réfugié, et Louis, fils de français qui réalise un documentaire sur la guerre d’Algérie.

C’est un beau livre que nous présente ici Leila Sebbar. Mon avis sur ce roman est partagé. Je l’ai apprécié pour plusieurs raisons : tout d’abord, il est très touchant car il parle d’un sujet dur et délicat. Je connais très peu des choses sur ces faits historiques, car c’est une guerre dont on ne parle pas beaucoup dans le cadre scolaire. Ce roman nous plonge dans l’histoire de cette guerre inconnue pour moi et nous la fait vivre à travers les yeux des trois personnages principaux : Louis, Omer et surtout Amel.

L’originalité de ce récit est dans le fait que l’auteur nous live un récit poignant de ce conflit vu par les jeunes générations. Tandis que d’autres ouvrages raconteront la vie de personnes pendant la guerre, celui-ci nous raconte l’histoire de ceux qui la découvrent . Du haut des ses 16 ans, Amel a un point de vu révolté et indigné. Pacifiste, elle cherche à comprendre. Elle sait que sa mère et sa grand-mère ont un secret, et va tenter de le découvrir. Cela va entraîner le lecteur dans sa quête, et nous plonger dans l’histoire de la guerre et dans l’envie de découvrir ce secret. La seine était rouge nous parle des opinions de cette jeune fille, on voit les choses à travers ses yeux. Ce qui me plaît beaucoup dans ce livre est son engagement politique. C’est pour moi une œuvre efficace qui documente et informe, et qui présente plusieurs avis différents grâce à des personnages tout aussi différents.

Cependant, je n’ai pas réussi à me plonger réellement dans ce roman. J’ai trouvé premièrement que la  façon d’écrire était étrange : on se perd entre les personnages, on ne sait plus qui parle ou de qui on parle… Comme si l’auteur essayait de créer un effet de confusion, ce qui est pour moi un gros inconvénient. Si un livre n’est pas clair, et que le fait qu’il soit confus n’apporte rien, la lecture en devient difficile. De plus, il n’y a pas d’actions, ni de réels rebondissements, j’ai donc eu du mal à ne pas m’ennuyer et à continuer à le lire avec plaisir.

Cela reste quand même un livre touchant, un beau témoignage sur cette guerre dont on parle peu.

Sarah, 602