février 12th, 2017

Mieux vaut mourir debout que mourir à genoux

L’art de voler est un roman graphique racontant l’histoire du père d’Antonio Altarriba, né en 1910 en Espagne. Cet auteur est professeur de littérature  à l’université, romancier et scénariste de bande dessinée. Il s’est fait connaitre grâce à cette bande dessinée dont il attendait avec impatience la sortie. Il a collaboré avec Kim  un auteur de bande dessinée, né en 1941. Il se fait connaître grâce à sa série Martinez le Fach. Son succès a pris un grand empleur lors de la sortie de son roman graphique avec Altarriba, L’art de volerCe duo de choc a fait parler de lui dans le monde de la littérature. Ils ont obtenu le Prix National de la bande dessinée.

L’auteur nous raconte la vie de son père sans que celui-ci  ne la lui ait racontée précisément au préalable. Le récit est fait à la première personne du singulier. Dès les premières pages de la BD , on imagine le suicide d’Antonio alors qu’il devenu un vieillard. En choisissant cette BD, nous nous ne attendions pas à un telle histoire sur la vie d’un homme en particulier mais aussi sur la guerre civile d’Espagne de 1936. Le titre qui est inspiré d’un jeu de mot nous induit en erreur, tout comme la première de couverture.On apprend beaucoup de chose sur cette guerre atroce. Suite à la défaite du camp républicain auquel appartient le héros, l’histoire se base sur la migration de son personnage principal vers la France, alors que celle-ci est en train de vivre un événement historique.

La vie d’Altarriba est une tentative désespérée pour «s’envoler» qui était son premier rêve tout comme être chauffeur de voiture, pour s’arracher à l’existence oppressante que lui impose la réalité sociale, économique, politique et sexuelle de son pays et de son temps. Cependant, la réalité triomphe sans cesse, et les espoirs de vie meilleure d’Antonio s’effondrent tout comme ses proches qu’il voit disparaitre les uns après les autres sous ses yeux.

C’est avant tout une biographie assez tendue, qui raconte une longue guerre ; la guerre qu’Antonio mène contre les conditions que lui offre le monde, guerre qu’il perd, qu’il ne cesse de perdre, malheureusement. N’oublions pas que c’est bien une biographie, et non une fiction. Autre fois, ces atroces évènements historique se sont donc réellement passé. Ce n’est pas un roman très gai, son histoire est plutôt sensible, triste et même horrible mais l’histoire racontée sous forme de roman graphique est attachante et on s’y plonge directement.  Je trouve  les dessins de Kim très bien réalisés mais j’adhère moins au choix du noir et blanc, mais je pense que ce livre aurait eu moins de succès sous forme de roman car il aurait été beaucoup moins efficace .

Antonio a voulu raconter la vie de son père pour que nous, lecteurs, réalisions l’horreur de la guerre civile d’Espagne. Il s’est donc battu pour sa liberté, mais il a préféré mourir de lui même, la tête haute et non à genoux par la dictacture espagnole.

Alexis Clerc, 602

janvier 25th, 2016

Un malaise infini

Claire Fuller est une auteur anglaise qui a gagné le Prix Desmond Elliott en 2015 pour son premier roman, que je vais vous présenter, Les Jours Infinis.

Ce roman raconte l’histoire et le périple de Peggy, une jeune londonienne d’origine allemande de 8 ans qui, pendant 9 ans, sera coupée du monde et sera avec son père, survivaliste, dans la forêt.
Sa mère, Ute, pianiste reconnue internationalement, lui transmettra sa passion pour le piano et la musique, involontairement, et c’est en partie ce qui permettra à Peggy de survivre à la solitude dans la forêt pendant des années, jouant tous les jours sur un piano en bois avec seulement des touches, se jouant la mélodie de La Campanella dans la tête, et la chantant avec son père pendant un long moment.

Ce roman alterne les passages entre la vie dans la forêt de Peggy et sa vie de retour à la normale 9 ans plus tard, en 1985, périodes qui vont se rejoindre à la fin du roman pour les derniers chapitres, hauts en révélations .
Ce roman est très bien écrit et retranscrit très bien les états d’âmes de ses personnages, et c’est ce qui m’a choqué du début jusqu’à la fin. L’histoire joue sur les états psychologiques de ses personnages ainsi que sur leur résistance à la souffrance, physique et psychique. L’histoire enchaîne les rebondissements dans les situations de crise successives auxquelles seront confrontés les personnages, malgré une période creuse et paisible au centre du roman qui fait presque tâche par rapport aux épreuves que subissent Peggy et son père avant et après. On sent quand même que ce moment de pause est nécessaire sinon le livre n’aurait pas duré face à l’avalanche de problèmes sur Peggy, qui aurait été détruit, ne sachant réagir. Cela n’empêchera pas le père de Peggy de craquer psychologiquement et de se mettre à vouloir commettre l’impardonnable.
J’ai eu du mal à m’empêcher de raconter la suite et la fin de l’histoire, qui contrairement au début, est riche très intéressante.
Cette histoire m’a tenu en haleine à partir du quart environ, car le début de cette histoire est comme une vaste scène d’exposition nécessaire afin de bien comprendre l’histoire mais cependant ennuyeuse. Le « pouvoir » de ce roman est d’accrocher le lecteur et de le maintenir sur sa lecture, malgré ses passages durs pour le cœur et certains glauques voir malsains, mais qui amèneront toujours le lecteur à se demander la suite.
Le malaise provoqué par ces passages est en fait ce qui maintient le lecteur sur sa lecture, et c’est cette façon de faire de l’auteure qui m’a plu.

En conclusion, malgré un début de roman tres difficile pour moi ( huit chapitres en deux semaines), la suite m’a tellement happé que je suis resté sur ce livre et l’ai fini en une après-midi.
Commencer ce livre demande du courage et d ela persistance, mais cela se révèle payant avec une histoire de qualité m’ayant au final procuré des émotions contraires, à savoir du plaisir et du malaise.
Je recommande ce livre à tout le monde, pour peu que lire une dizaine de chapitres ennuyants ne vous rebute pas trop.

Louis, 603

novembre 14th, 2015

L’art de voler – Pickpocket de Nakamura

   Quelle bonne surprise que ce court roman oscillant entre polar et roman psychologique!
Le narrateur, comme le titre l’indique, vit de sa condition de pickpocket, c’est un homme seul. Son logement se réduit à une chambre plutôt sordide. Il ne possède rien. Il n’a pas de but, pas d’envies et passe ses journées à errer dans les rues, les transports en commun, les grands magasins de Tokyo.Il n’a pas de nom, sûrement pour souligner la façon dont il glisse en silence sur l’existence.

Ce pickpocket, sûr de lui et très satisfait de sa technique, entretient ainsi l’adrénaline nécessaire pour ne pas être complètement inexistant et rester connecté au monde malgré sa solitude. Ses cibles sont surtout les plus riches, c’est une sorte d’Arsène Lupin moderne.

Deux évènements vont le faire sortir de sa torpeur et donner un sens à sa vie… ou plutôt à sa survie: sa rencontre avec un enfant que la mère pousse à voler dans les magasins; occasion pour notre héros de montrer son empathie. Deuxième événement important, son recrutement par des yakusas pour faire de mauvais coups.  Jusqu’alors petit joueur, il va se retrouver dans la cour des grands, menacé de mort, et notre jeune héros va alors vivre plus intensément cette survie, développant une vraie réflexion sur la vie, se posant enfin des questions existentielles, la menace de sa mort exacerbant son désir de vivre.

Nous avons aimé le style concis de ce court roman de Nakamura, il nous permet de passer un bon moment de lecture lors de cette plongée dans le milieu des petits et grands malfrats au Japon.

 

Arnold  ;  Louis G.   607

janvier 15th, 2015

Je suis l’Humanité

 La 5ème Vague, écrit par Rick Yancey, nous raconte l’histoire d’une jeune fille de 16 ans, Cassie, autour de qui le monde s’écroule par le biais de plusieurs  »Vagues », racontées par des analepses. Elle poursuit sa quête dans l’espoir de retrouver son petit frère, Samy. Cependant, Cassie va faire une rencontre qui va bouleverser sa vision du monde actuel…

Ce livre de Science-Fiction entraîne le lecteur dans un monde post-apocalyptique auquel est mêlé une histoire d’amour. Le suspense maintenu tout au long de la lecture donne envie au lecteur de la poursuivre. La fluidité de l’écriture et le langage courant, presque familier, utilisé par l’auteur rend la lecture agréable. L’âge de l’héroïne et le langage qu’elle utilise rendent l’identification au personnage plus facile.

Ce roman est actuellement en cours d’adaptation au cinéma, et sortira dans les salles courant 2016.

Maxime, Yaël, Morgane, Enzo et Florian.