21 mars 2017

Tragédie d’un homme

L’art de voler est un roman graphique biographique racontant l’histoire du père de l’auteur, Antonio Altarriba. Les dessins ont été fait par Kim. On suit la vie du père d’Antonio Altarriba, qui s’est suicidé à 90 ans en sautant du quatrième étage de sa maison de retraite pour voler enfin librement. Ceci fait donc référence au titre L’art de voler. L’auteur de la bande dessinée a écrit cette histoire pour tenter d’expliquer ce qui a pu pousser son père (qui se nomme lui aussi Antonio) à se suicider, pour se racheter de ne pas l’avoir sauvé, et de ne pas avoir su être à son écoute. Le père Antonio était engagé dans les luttes politiques du XXe siècle, l’auteur retrace l’histoire contemporaine de l’Espagne et signe un très bel hommage à l’espoir et à la justice.

Le roman graphique est composé de quatre chapitres correspondant aux différentes périodes de l’existence du père d’Altarriba. Chaque chapitre correspond à chaque étage. Le premier chapitre, qui est donc le troisième étage, se rapporte à la jeunesse du vieil homme de 1910 à 1931. Ensuite le deuxième chapitre, le plus long du roman graphique correspond à la période de 1931 à 1949. Le dernier étage raconte les périples du père d’Altarriba de 1949 à 1985. Pour finir, le dernier chapitre qui met fin à la vie du personnage principal, correspond au sol.

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Image issus du site ActuaBd qui propose une interview de l’auteur.

http://www.actuabd.com/Antonio-Altarriba-L-Art-de-voler-L

Après avoir lu ce roman graphique, j’ai plutôt un avis mitigé. D’un côté,  j’ai trouvé l’histoire passionnante et vraiment touchante. Mais j’ai trouvé cela ennuyeux par moments. Parfois, je n’ai pas compris, par exemple, page 195, le personnage est fou et s’imagine avoir une marmotte dans la cage thoracique. Et de l’autre côté,  j’ai trouvé que sur la guerre d’Espagne, le sujet est seulement survolé au niveau du point de vue historique, et il manque quelque chose pour nous embarquer pleinement.
Il y a quand même quelques moments intéressants d’un point de vue documentaire, par exemple l’évocation des camps d’espagnols républicains en France, qui font froid dans le dos et d’un point de vue poétique car le suicide du héros, à 90 ans, est une trame émouvante et mélancolique tout au fil du récit.

Tiphaine, 602

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